Cet article n'a pas une vocation encyclopédique ou académique. Il se veut un guide simple pour faciliter la visite des édifices paléochrétiens (et byzantins primitifs) et en comprendre les arts et représentations.
Il peut aussi être utile pour la découverte d'édifices et décors du premier art byzantin et des premiers arts préromans (lombards ou mérovingiens) qui le prolongeron,t respectivement en Méditerranée orientale et en Europe de l'Ouest .
L’art paléochrétienstricto-senso, ou arts et architecture primitifs chrétiens, est un art produit par les chrétiens (ou sous un patronage chrétien) entre le début du IIIesiècle et le début du VIesiècle. Avant l'an 200, il reste peu de productions artistiques qui puissent être qualifiées de chrétiennes avec certitude. Au VIesiècle, l’art paléochrétien ouvre la voie à l’art byzantin, ainsi qu'à l'art du haut Moyen Âge ou art préroman dans lesquels il se prolonge pendant plusieurs décennies.
Dans le monde romain, la sortie des chrétiens de la clandestinité se fait progressivement. Si, en 260, l'empereur Gallien promulgue un premier édit de tolérance, en 303, l'empereur Diotlécien prend quatre édits qui entraînent la mort sociale des chrétiens. Ils interdisent leurs réunions, promulguent leur incapacité à ester en justice, l'incarcération de leurs clercs, la saisie de leurs biens et la destruction de leurs lieux de culte. Leur art est donc nécessairement caché, ou du moins crypté dans des motifs classiques pour leurs contemporains. La situation change, radicalement, tout au long du IVesiècle. En 311, l'empereur Galère prend un nouvel édit de tolérance. Deux ans plus tard, un accord entre les nouveaux co-empereurs, connu sous le nom d'édit de Milan, instaure une liberté de culte générale. Il ordonne, notamment, que soient restitués aux chrétiens tous les biens et bâtiments qui leur ont été confisqués. En 330, un édit impérial institue le christianisme comme religion d'État et, enfin, en 391, le culte païen est interdit. Pendant ce même IVesiècle, et au cours de deux siècles qui suivent, une série de conciles, notamment ceux de Nicée et Constantinople condamnent comme "schismatiques", tour à tour, le donatisme, le monophisme, l'arianisme, le nestorisme, le monothélisme, et toutes doctrines divergentes d'un corpus théologique qui se fait plus en plus précis.
Dans leurs représentations, les premiers chrétiens ont pu réutiliser des thèmes iconographiques romains mais en leur donnant des significations nouvelle. Ainsi, si pour les romains classiques, la figure profane du berger faisait allusion à des personnalités païennes comme celles de Pâris, elle devient une référence à l'image du "Bon Pasteur" guidant ses brebis, représentation du Christ guidant l'Humanité et veillant sur elle. Ils ont également développé des représentations spécifiques, par exemple avec des symboles comme le poisson (en grec ΧΘΥΣ/ichthus formé des initiales de l'exppression «Ἰησοῦς Χριστὸς Θεοῦ Υἱός, Σωτήρ, soit «Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur) ou l'ancre, qui n'étaient pas empruntés à l'iconographie païenne classique. Dans tous les cas, qu'elle soit nouvelle ou empruntée aux romains, l'iconographie n'en demeure pas moins symbolique.
L'histoire de l’art paléochrétien comprend donc deux phases distinctes, séparées par l’édit de Milan. Ainsi, avant 313, l'art est essentiellement symbolique et caché, se developpant dans le cadre privé et funéraire. Après 313, il se manifeste plus explicitement et plus librement. Finalement il devient un art lié à l'État, après que Théodose Ier ait fait du christianisme la religion de l'Empire. Ainsi, en guère plus de deux siècles, il peut passer d'un art de l'évocation, de l'allégorie, du suggéré, à un art du cathéchisme, de la représentation "historique", voire de l'affirmation de professions de foi canoniques. Héritiers, pour partie des arts paleochrétiens, les arts préromans et surtout byzantin consacreront cet aspect dès le VIesiècle.
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Du fait des persécutions visant les premiers chrétiens, et des interdits impériaux concernant leurs lieux de culte, les plus anciennes églises parvenues jusqu'à nous ne sont pas antérieures au IVesiècle (même s'il exista, auparavant, des domus ecclesia).
La plupart des église paléochrétiennes sont de plan basilical, sans transept, sur le modèle des basiliques judiciaires du monde romain. Elles prennent alors la forme de vastes salles rectangulaires, couvertes d'une charpente. L'espace intérieur peut, éventuellement, être subdivisé par des rangées de colonnes, formant une nef centrale et des nefs latérales, généralement plus basses (ce qui permet le percement de baies dans les murs au dessus). A l'orient, se trouve l'abside où est installée la cathèdre de l'évèque comme était installé, dans une basilique civile, le trône de l'empereur ou la chaire du magistrat.
41.89751912.4985912Basilique Santa Maria Maggiore(Rome). architecture à trois nefs (Vesiècle); mosaïques pariétales de la nef (Vesiècle) et de l'arc triomphal (Vesiècle)
44.41674112.2045526Saint Appolinaire le Neuf(Ravenne). architecture à plan basilical (VIesiècle); mosaïques pariétales de la nef (VIesiècle)
44.38015312.2326187Saint Appolinaire in Classe(Ravenne). architecture à plan basilical (VIesiècle); mosaïques pariétales de l'abside (VIesiècle); sarcophages (VIIesiècle)
Les édifices de plan centré peuvent s'inscrire dans diverses traditions architecturales. A partir du Vesiècle, elles s'inspirent du plan du Saint-Sépulcre. Fréquemment, ces églises sont d'anciens martyriums.
44.42054812.1963338Basilique San Vital(Ravenne). plan centré; considérables mosaïques pariétales de l'arc triomphal et de l'abside (VIesiècle)
Hérité de rites de purification hébraïques, le baptême est le sacrement par lequel le croyant se fait chrétien. Dans les premiers siècles du christianisme, le baptème,
concerne en premier lieu les adultes, en tant que sacrement de la conversion au Christ, (même si l'Église ne refuse pas le baptême des enfants de parents «convertis» ou «croyants depuis leur jeune âge);
se pratique habituellement par immersion, si possible dans une eau courante (le baptême ne se peut se faire par une triple d'aspersion d'eau que s'il est impossible de le faire par immersion);
est nécessairement réalisé par un évêque, comme le rappelle Ignace d'Antioche.
Avec le temps, ces trois aspects disparaitront pour aboutir à la généralisation du pédobaptisme par de simples prêtres (en 789, un capitulaire de Charlemagne viendra officialiser cette pratique).
Les baptistères paléochrétiens permettent donc de baptiser des adultes, par immersion (au moins partielle), et sont généralement liés à une cathédrale. Ils ont habituellement un plan centré, avec la piscine ou cuve baptismale au cœur du bâtiment; ce dispositif permet à l'ensemble des témoins d'assister au sacrement du baptisé, notamment lors des baptèmes collectifs.
Concernant les décors intérieurs, même si très peu de représentations nous sont parvenues, le motif le plus évident reste celui du baptême du Christ–par Jean-le-Baptiste, avec intervention du Saint-Esprit (sous forme d'une colombe). A l'époque paléochrétienne, l'iconographie de cet épisode, raconté par les quatre évangiles synoptiques, opère une personnification du Jourdain, fleuve dans lequel ce baptême est réalisé. Cette représentation, dans l'esprit d'un monde sortant du paganisme et des "esprits naturels" des arbres, rivières et montagnes, disparaîtra par la suite. Conformément aux évangiles, Jean-le-Baptiste est habillé d'une peau de bête.
représentations paléochrétienne du baptême du Christ
41.88619712.50472212Baptistère du Latran(Rome). plan général (IVesiècle); colonades en porphyre fragments d'opus sectile et de mosaïques du narthex (IVesiècle)
44.41558812.19739213Baptistère néonien(Ravenne). architecture (fin du IVesiècle; début du Vesiècle); stucs et opus sectile (Vesiècle); mosaïques pariétales Vesiècle
Les peintures murales restent longtemps très liées au monde greco-romain, dans leur aspect comme leur technique. Jusqu'au IVesiècle, dans un espace où les chrétiens restent encore très minoritaire, les artistes, réalisant des oeuvres pour des commanditaires chrétiens, ne le sont pas nécessairement eux-même. Par ailleurs, en dehors du site de Doura Europos, les fresques qui sont parvenues jusqu'à nous sont celles réalisées dans les catacombes, en contexte funéraire. Outre leur modestie, cette situation particulière amène à traiter des thèmes liés à la mort, et surtout à l'espoir chrétien de libération par la résurrection.
Dans les édifices paléochrétiens, la mosaïque peut se trouver aussi bien au sol (pavement en Opus tesselatum), que sur les murs et voutes (mosaïque pariétale sur fond, généralement vert, bleu ou or). Elle est originellement réalisée par juxtaposition de petits cubes, les tesselles, de pierres calcaires. Afin d'enrichir la palette des couleurs, et leur brillance, les artisans fabriquent ensuite les tesselles, destinées aux mosaïques pariétales, avec des tesselles émaillées et pates de verre. Ils finissent par inclure, dans ces pâtes de verre, des feuilles d'argent et d'or, permettant d'obtenir les fonds dorés caractéristiques des mosaïques byzantines.
D'abord empreintes de naturel, à l'époque théodoricienne, les représentations humaines se figent pour prendre le caractère "statique" qu'elles auront dans l'art byzantin.
Parmi les décors en matériaux durs, ceux en opus sectile diffèrent des mosaïques par la taille et la forme des pièces découpées. Cette technique s'apparente ainsi à une marquèterie de marbres.
Si, dans les pratiques funéraires romaines, l'inhumation a achevé de remplacer l'incinération au IIIesiècle, l'utilisation de sarcophages à décor sculpté reste l'apanage des familles fortunées. Ils sont produits dans les mêmes ateliers, à Rome, Marseille ou Carthage, que le défunt soit chrétien ou fidèle d'un autre culte.
La pierre utilisée est généralement du marbre de Carrare, de Grèce ou d'Asie Mineure pour les plus luxueux; parfois du simple calcaire
Sur le plan iconographique, au IIIesiècle, l'Ancien Testament offre de nombreux motifs capables de répondre au goût pour la représentation figurée, profondément enraciné dans le monde méditerranéen. L'histoire de Jonas, par exemple, propose un sujet dans le prolongement des cortèges nautiques de Neptune. Au cours du IVesiècle, lorsqu'il n'est plus utile de ménager une ambigüité sur la foi du défunt, les scènes issus du Nouveau Testament se font plus nombreuses, et plus variées.Dans le même temps, sur le plan stylistique, le côté naturel et "plébéiens" des réalisations du IIIesiècle cède la place, au IVesiècle, à des sculptures, en bas-relief, plus élégantes, et dont le traitement poli accentue la sérénité des personnages.
Selon la matière de répartir les motifs, on peut distinguer différents types de sarcophages, hérités des modèles antiques,
le sarcophage à frise continue,
le sarcophage à registres, aux registres horizontaux encadrant parfois un motif central,
le sarcophage à colonnes (ou à arbres) où des éléments verticaux, architecturaux ou végétaux, rythment le composition
le sarcophages à strigiles, aux décors de cannelures en forme de grands S
Le christianisme étant encore dans ses premiers siècles, l’art paléochrétien représente peu de saints chrétiens, en dehors de ceux ayant entourés le Christ. En revanche, l'iconographie reprend fréquemment des scènes de l'ancien testament. Elle développe aussi certains thèmes iconographiques (comme la Traditio Legis) qui, par la suite se feront plus rare, face au développement d'autres concepts théologiques ou doctrinales. Par ailleurs, les premiers temps de l'Eglise sont aussi marqués par un foisonnement de doctrines hétérodoxes qui purent connaître un certain succès, avant d'être combattus, puis
"effacés" par l'église de Rome: restes du gnosticisme, Montanisme, Arianisme, Macedonianisme, Nestorianisme, autant de doctrine qui purent influer sur certaines figurations. Enfin, les représentations symboliques évoluant avec le temps, et selon les lieux, les significations des meubles ou animaux ci-après pourront être sensiblement différentes aux époques suivantes.
Aigle–au sein du tétramorphe, il représente l'évangéliste Jean, généralement identifié à l'apôtre Jean, fils de Zébédé, ou au disciple que Jésus aimait. Il porte généralement son évangile.
Ancre–Pour les chrétiens, elle représente la solidité de la foi mais aussi l'espérance, selon le texte de l' épitre aux Hébreux: "Nous avons cette espérance comme une ancre pour l’âme, ferme et sûre".
Ange–voir aussi homme ailé lorsqu'il s'agit de la représentation de Saint-Matthieu dans le tétramorphe
Baleine–A l'époque paléochrétienne, baleines et dauphins sont encore considérés comme des poissons. Ainsi dans l'histoire de Jonas, le "gros poisson" est souvent représenté comme une baleine.
Berger–Reprenant le thème du Berger veillant sur ses brebis, le thème du Bon Pasteur est la représentation du Christ la plus fréquente dans les premiers siècles (à une époque où celles du Crucifié ou du Christ en gloire ne se sont pas encore répandues). Il peut éventuellement être kryophore, c'est-à-dire "porteur de brebis", et/ou accompagné de colombes représentant le Saint-Esprit.
Bonnet phrigien–Dans les représentations paléochrétienne, sont succeptible dêtre coiffés de bonnets phrygiens, d'une part les rois mages et, d'autre part, les trois hébreux jetés dans les flammes, sur ordre de Nabuchodunosor, et qui, miraculeusement, en ressortir sans blessure.
Bouc–Si, plus tard, il deviendra un symbole de l'Antéchrist, ou du diable, la signification du bouc semble avoir été plus complexe pour les premiers chrétiens. Ainsi on le retouve figuré, à plusieurs reprises, dans les mosaïques de la première basilique patriarcale d'Aquilée, dans un arbre, bâté avec un oliphant et une crosse de berger, ou encore chevreau couché devant un panier rempli d'œufs
Caille–Selon un épisode de l'Exode, rappelé dans le psaume 105, à leur sortie d'Égypte et après avoir prié Dieu, les Hébreux furent rassasiés de viande grâce à des vols de cailles. La petite gallinacée peut donc représenter la générosité divine et l'attention que Dieu porte aux demandes de son peuple; voir aussi Perdrix
Cerf–Lorsqu'ils sont représentés en train de boire (fréquemment par deux, affrontés), les cerfs reprennent le motif du psaume 41"Comme une biche soupire après des courants d’eau, ainsi mon âme soupire après toi, ô Dieu!". Ils sont aussi traditionnellement utilisés pour représenter les fidèles tournés vers le Christ.
Chrisme–Symbole chrétien composé de deux lettres grecques et fréquemment entouré d'un cercle. Le «Chrisme simple» est composé des deux lettres grecques Ι (iota) et Χ (chi) rappelant les initiales de Ἰησοῦς Χριστός («Jésus-Christ»). Il prend alors l'aspect d'une étoile à six rais. Plus tardif, mais aussi d'un usage plus répandu, le «Chrisme constantinien», est lui composé des deux lettres grecques Χ (chi) et Ρ (rhô), les deux premières lettres du mot Χριστός («Christ»). A partir du Vesiècle, ces monogrammes seront progressivement supplantés par la croix. L'un et l'autre peuvent être accompagnés des lettres alpha (Α ou α) et omega (Ω ou ω), première et dernière lettre de l'alphabet grec et signifiant je suis le début et la fin.
Colombe–Avant de représenter l'Esprit-Saint, la colombe est l'oiseau que Noé libéra pour savoir si les eaux du Déluge avaient commencé à se retirer. Elle revint avec un rameau d'olivier dans le bec. Elle est donc un symbole de l'espérance en la miséricorde divine. Elle est généralement un symbole de l'amour et de la fidélité. Porteuse d'un rameau d'olivier, elle annonce la paix céleste; porteuse d'un rameau de laurier, elle est l'image de l'âme chrétienne qui conquiert le royaume des cieux.
Coq–S'il accompagne St Pierre, le coq rappelle l'épisode du reniement du Christ par le 1er des apôtres. Le coq est aussi un animal lié au soleil et à la lumière. Dans la basilique patriarcale d'Aquilée est présent, en deux exemplaires, un motif qui voit s'affronter un coq, à l'attaque, et une tortue, sur la défensive. Celui-ci est généralement interprété comme la lutte de la lumière sur les ténèbres et de la vie chrétienne sur la mort.
Courge–Dans la Septante, traduction en grec de l'Ancien Testament, ou encore pour Saint Augustin à la fin du IVesiècle, elle est la plante nommée kikajon qui abritait Jonas alors que celui-ci attendait de voir si Yahvé allait réellement détruire la ville de Ninive.
Couronne–Comme pour les anciens romains, lorsqu'elle est de laurier, elle représente le triomphe, en l'occurrence de la foi. Comme la palme, qui en partage la signification, elle est la marque du martyrs.
Croix–Symbole reconnu du christianisme, dès le IVesiècle, il peut prendre des aspects plus complexes:
voir Hétimasie, lorsqu'elle est sur un coussin ou un trône;
Dattier–Chargé de dattes, les palmiers sont le symbole du chrétien qui porte les fruits de Dieu. L'arbre est également lié au phoenix.
Daniel et les lions–Le Livre de Daniel fournit de nombreux épisodes à l'iconographie paléochrétienne comme Daniel dans la fosse aux lions, la chaste Suzanne ou les trois hébreux jetés dans la fournaise
Dauphin–A l'époque paléochrétienne, dauphins et baleines sont encore considérés comme des poissons.
Figue–Dans l'ancien testament, notamment Lévitique ou Jérémie, les figuier, sont avec les vignes et les grenadiers, les plantes qui incarnent l'abondance et la prospérité. Le figuier représente aussi Israel; il est l'arbre que maudit Jésus car improductif
Flamme–Dans l'iconographie paléochrétienne, les supplices des martyrs ou la crucifixion ne sont pas représentés. Ainsi, dans des images de cette époque, des flammes seront plus vraisemblablement celles des trois jeunes hébreux qu'une figuration de l'enfer
Fruit–Comme les fleurs et les oiseaux, ils sont des éléments rappelant le jardin du Paradis. Certains comme les raisins, les figues ou les grenades ont, de surcroît, une symbolique spécifique.
Grenade–Dans l'art paléochrétien, la grenade synthétise les symboliques gréco-romaines (amour; capacité à franchir la barrière entre le monde des vivants et celui des morts, comme dans le mythe de Perséphone) et hébraïques (elle est le fruit des rois, orne le temple de David et les habits des prêtres; dans l'ancien testament, le grenadier est, avec la vigne et le figuier, l'une des trois plantes fruitières à représenter la prospérité). Elle deviendra aussi le fruit de la passion du Christ, le rouge de son jus évoquant celui du sang versé sur la croix.
Homme–/ailé: pouvant facilement être confondu avec un ange, il représente généralement Saint Matthieu dans le tétramorphe. Il est généralement figuré avec son évangile et, parfois, dans des nuages./ nu: il peut s'agir d'Adam ou du prophète Jonas
Jean l'évangéliste–L'évangéliste Jean est généralement identifié à l'apôtre Jean, fils de Zébédé, ou au disciple que Jésus aimé. Au sein du tétramorphe, il est généralement figuré par un aigle. Représenté en homme, il est habituellement imberbe.
Plat de livre du début du VIesiècle sur lequel les miracles du Christ (guérison de l'aveugle, résurrection de Lazare, exorcisme du possédé, guérison du paralytique), dominent les épisodes veterotestamentaire des Jeunes hébreux dans la fournaise et des "aventures" de Jonas. Ivoire du Musée National de Ravenne
Jeunes hébreux (3) dans la fournaise: Episode miraculeux contenu dans Livre de Daniel, représenté, à l'époque paléochrétienne et préromane, sous la forme de trois orants au milieu de flammes. Ils portent généralement des bonnets phrygiens et peuvent, éventuellement, être accompagnés de la colombe du St Esprit ou d'un ange: voir Trois jeunes gens dans la fournaise.
Jonas–Fils d'Amitthaï, il est le cinquième des douze petits prophètes de la Bible et le personnage principal du Livre de Jonas (ancien Testament). L'épisode le plus connu de son mythe est celui dans lequel, ayant refusé d'accomplir une mission divine, il tente de fuir en prenant la mer pour la ville non identifiée de Tarse. Le navire pris dans une tempête, il révèle aux marins sa fuite devant la volonté de Dieu et accepte d'être jeté dans la mer, par ses compagnons, pour apaiser la colère de Yahvé. Il est alors avalé par un gros poisson puis, après trois jours et trois nuits, recraché par celui-ci. Ayant finalement annoncé aux habitants de Ninive la destruction prochaine de leur ville, il constate la clémence de Dieu après le repenti des ninivites, preuve qu'il n'existe pas de fatalité. Il se repose et patiente ensuite à l'ombre d'une plante que Dieu fait croître, puis mourir, et que les premiers chrétiens identifient à une liane de courge ou de coloquinthe. Au-delà des thèmes du pardon, du repenti et de la justice, l'histoire de Jonas, et son passage dans le ventre du poisson, rappelle le passage du Christ dans le sépulcre dont il ressorti, ressuscité, après trois jours. Les différents épisodes de son histoire sont très fréquemment représentés dans l'iconographie paléochrétienne, notamment en contexte funéraire, où l'acceptation de Jonas d'être jeté à la mer sous-tend l'acceptation d'une mort qui sera suivie d'une renaissance. A noter qu'il est, avec Adam, l'un des rares personnages bibliques à pouvoir être figuré totalement nu.
Lion–Le lion peut symboliser plusieurs choses dans les représentations paléochrétiennes ou byzantines:
dans le tétramorphe, il représente généralement le saint et évangéliste Marc,
vaincu et foulé au pieds, il peut être "le diable [qui] rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer", selon les conseils de Saint Pierre aux anciens de l'Eglise dans sa première épitre. Représenté avec un serpent, il reprend le motif du psaume 91 [v.13]: "Tu marcheras sur le lion et sur l’aspic, tu fouleras le lionceau et le dragon". Il est alors le "lion frémissant et assouvissant sa fureur", assimilé par Saint-Augustin aux persécuteurs païens de l'Église, le lion représentant la force et la violence physique des barbares tandis que le serpent représente l'hérésie qui corrompt l'esprit des chrétiens.
hors du champs symbolique, le lion sera présent dans les représentations de l'épisode de l'ancien testament Daniel dans la fosse aux lions.
Melchisédech–Selon l'ancien testament, et plus précisément le livre de la Genèse, ce grand prètre et roi de Salem accueillit Abraham, en lui offrant du pain et du vin. D'après l'Épître aux Hébreux, il est un préfigurateur de Jésus-Christ. Il est notamment représenté comme présidant la table sacrificielle, devant laquelle Abel et Abraham présentant leur offrande à Dieu (respectivement agneau et fils), dans la basilique Saint-Apollinaire in Classe ou encore offrant le sacrifice du pain tandis qu'Abel le fait du produit de ses troupeaux dans la basilique Saint-Vital de Ravenne ou sur un calice du trésor des patriarches d'Aquilée
Mouton–S'il incarne toujours une idée du sacrifice, le mouton peut représenter bien des choses selon la manière dont il est représenté:
l'agneau est un motif très fréquent pour représenter l'agneau pascal, soit Jésus-Christ; il est aussi le produit des troupeaux d'Abel que celui-ci offre en sacrifice à Dieu.
le bélier est l'animal qui fut sacrifié par Abraham en lieu et place de son fils,
la brebis est la représentation du fidèle sur lequel veille le Christ notamment lorsqu'il est représenté en Bon pasteur, kriophore– (littéralement porteur de brebis); les apôtres peuvent être figurés ainsi.
Oiseau–Animaux du domaine céleste, les oiseaux, comme les poissons, furent créés dès le quatrième jour, selon la Genèse. Ils sont fréquemment représentés dans les figurations paléochrétiennes. Au-delà de leur rôle décoratif, d'animations des paysages représentés (comme pour les plantes), de signification du caractère idyllique du Paradis, beaucoup ont également une symbolique spécifique: voir, par exemple, coq, paon, caille, colombe, aigle, pintade, perdrix, poule d'eau, ...
Pain–Selon le livre de la Genèse, c'est en lui offrant du pain et du vin que Melchisédech, grand prêtre et roi de Salem, accueille Abraham. Il est symbole d'hospitalité notamment lorsque Abraham en offre aux voyageurs (en fait des anges) venu lui rendre visite. Le pain représenté peut évidemment être celui de l'eucharistie, surtout s'il est associé à du poisson; dans une corbeille, il peut aussi être celui du miracle de la multiplication des pains
Plantes–Les plantes participent à une figuration bucolique, notamment du Jard'in d'Eden ou du Paradis. Certaines ont des symboliques spécifiques comme la vigne, le palmier, dont le dattier, le grenadier, la courge, ...
Paon–Thème déjà classique dans l'iconographie romaine, où il est associé au soleil, le paon devient un symbole de renaissance pour les premiers chrétiens (pour lesquels il est un oiseau exotique). Comme le mentionne Saint-Augustin, sa chair passe pour être imputrescible et incorruptible (comme celle du Christ après sa mise au tombeau). Surtout chaque printemps, il retrouve une splendide parure (absente pendant l'hiver), à l'image de ce que les chrétiens attendent après la résurrection. Absent du monde méditerranéen réel, il devient un animal psychopompe, éclaireur pouvant aller même au-delà de la mort. Oiseau d'Argus, géant aux cent yeux dans le monde gréco-romain, il put aussi être l'image de l'omniscience et de la vigilance divine avec les dizaines d'ocelles, comme autant d'yeux, de sa queue. Avec la colombe, il reste l'oiseau le plus fréquemment représenté dans l'iconographie paléochrétienne (même s'il n'est pas toujours très reconnaissable).
Sur ce sarcophage, les paons sont identifiables à leur aigrette
Sur ce sarcophage, les paons sont identifiables à leur aigrette
Perdrix–Dans la symbolique paléochrétienne, la perdrix continue à représenter la vigilance, comme elle le faisait dans le monde gréco-romain (elle était alors associée à Artémis). Cette vigilance est autant la vigilance divine, vis-à-vis des fidèles, aimés du Père, que la vigilance des fidèles, qui se doivent d'être attentifs aux signes divins. Elle est aussi un symbole de l'attention et du soin réciproque, de Dieu pour les chrétiens et des chrétiens pour Dieu. C'est en ce sens que le motif de la famille de perdrix, dans la salle théodorienne septentionale de la basilique d'Aquilée, peut s'interpréter. C'est un oiseau fréquemment représenté. Voir aussi Caille
Perroquet ou perruche–Oiseau exotique, on retrouve cependant des perruches d'Alexandre représentées tant à Ravenna, dans la mosaïque du vestibule de la chapelle St André, qu'à Plovdiv ou à Santa Costanza de Rome.
Phénix–Cet oiseau mythologique est, pour les premiers chrétiens, une image de la résurection.
Pintade–Cet oiseau africain, dit "poule de Numidie", est très fréquemment représenté dans les pavements de mosaïques. Elle pourrait être un symbole de la vigilance au service de la communauté des croyants (puisqu'elle alerte son groupe en cas de danger) ou, comme pour les anciens égyptiens, un symbole d'éternité.
Poule d'eau–Même s'il ne s'agit pas de du même oiseau, la talève sultane, répandue dans la péninsule ibérique, et la gallinule poule-d'eau sont d'apparence semblable, partagent le même mode de vie et, vraisemblablement, la même signification symbolique. On la retrouve très fréquemment, notamment dans le baptistère San Giovanni in Fonte
Plantes–Les plantes ont, en premier lieu, un intérêt décoratif ou rendent "réalistes" les décors représentés, notamment lorsque sont figurés le Paradis ou le jardin d'Eden. Certaines de ces plantes ont aussi un intérêt symbolique comme la vigne ou le palmier dattier.
Poisson–Comme les oiseaux, les poissons furent créés dès le quatrième jour. A noter qu'à l'époque paléochrétienne, les mammifères marins comme les dauphins et les baleines sont considérés comme des poissons. Avec le pain, il constitue le repas de la dernière Cène entre Jésus et les apôtres.
Raisin–Thème déjà classique dans l'iconographie romaine; voir vigne
Rivière–Les cours d'eaux habituellement représentés sont les quatre fleuves du Paradis. Il peut aussi s'agir du Jourdain dans lequel Jésus fut baptisé.
Saints–Alors que le christianisme est dans ses premiers siècles, la galerie des saints est moins riche qu'elle ne pourra l'être ensuite. Outre les proches de Jésus, apotres et évangélistes, des martyrs sont également représentés dans les édifices paléochrétiens (26 dans l'église Saint Appolinaire le Neuf) parmi lesquels on peut citer:
Euphémie–(c.284-205), martyre; deux siècle et demi après sa mort, le Concile de Chalcédoine se tient dans sa ville natale. Par un miracle, la sainte aurait confirmer le caractère erroné des théories monophysites. Suite à cela, elle fera l'objet d'une grande dévotion à partir de la fin du Vesiècle.
Laurent–(c.225-258), martyr, supplicié sur un gril embrasé, il fut particulièrement loué par Saint-Ambroise (339-397); des représentations de Saint-Laurent sont notamment visibles dans le mausolée de Galla Placidia et à Saint Appolinaire le Neuf, où il est le seul à être vêtu d'une tunique doré.
Martin–(316-397), martyr
Sarment–Outre la charge symbolique générale de la vigne, les représentations de sarments puisent aussi à l'évangile de St Jean, chapitre 15, quand Jésus déclare à ses disciples "Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage. [...] Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments."
taureau représentant l'évangéliste Luc dans la basilique Sant'Appolinare in Classe
Taureau–animal sacrificiel des romains païens, habituellement blanc; au sein du tétramorphe, il représente Saint-Luc et est généralement figuré avec son évangile
Tétramorphe–Sous ce vocable sont désignés les «quatre vivants». Originellement, il s'agit de l’atelage des quatre chérubins, à quatre faces chacun, qui tiraient le char de la vision d'Ézéchiel. Ce motif est repris dans l'Apocalypse de Saint Jean, écrit de la fin du Iesiècle, d'abord diversement accueilli par les premiers chrétiens, mais rapidement reconnu comme canonique par ceux de l'ouest de l'empire romain. Au moins dès la seconde moitié du IIesiècle, les quatre vivants sont identifiés aux quatre évangélistes. Ainsi, il est admis, avant même Saint-Augustin, que le taureau est l'attribut de Luc, le lion celui de Marc, l'aigle celui de Jean et l'homme celui de Matthieu. Le motif du tétramorphe, entourant un Christ en majesté, deviendra très populaire dans les représentations des arts préroman et romans.
Traditio legis–La remise de la Loi est un thème iconographique très fréquent dans l'art paleochrétien, notamment sur les sarcophage. Le plus souvent, il s'agit d'une représentation de Jésus Christ remettant un texte à Saint Pierre, en présence de Saint Paul. Elle manifeste la transmission du message évangélique, d'abord aux premiers disciples, puis aux chrétiens des générations suivantes.
Tortue–Les représentations de tortue sont rares. Une est figurée dans le paysage lacustre entourant St Jean à la basilique Saint Vital à Ravenne. En revanche, un motif qui voit s'affronter un coq, à l'attaque, et une tortue, sur la défensive, est présent en deux exemplaires dans les mosaïques de la basilique patriarcale d'Aquilée. Celui-ci est interprété comme la lutte de la lumière sur les ténèbres, de la vie chrétienne sur la mort. Le nom grec de la tortue évoquant le Tartare, assimilable à l'enfer, en fait un animal chtonien dans certains symbolismes paiens.
Trois jeunes gens dans la fournaise–On retrouve la représentation d'Ananias, Azarias et Misaël, les trois compagnons du prophète Daniel que Nabuchodonosor fit jetter dans le feu, dans les catacombes mais aussi sur des vetro dorato ou des ivoires. Ils sont généralement figurés sous la forme de trois orants, coiffés de bonnets phrygiens et entourés de flammes. Ils sont éventuellement accompagnés de l'ange qui les rejoignit dans la fournaise. Leur piété leur ayant permis, miraculeusement, de ne subir aucun dommage dans le feu, leur histoire est souvent associée aux épisodes miraculeux de la vie du Christ (guérisson de l'aveugle ou du parlytique, transformation de l'eau en vin, réssurection de Lazare, etc.)
Vigne–Thème déjà classique dans l'iconographie romaine, le symbolisme de la vigne est renforcé dans le monde paléochrétien puisque de son fruit vient le vin de l'eucharistie. Par ailleurs, dans l'ancien testament, notamment dans le Lévitique ou Jérémie, les vignes, sont avec les figuiers et les grenadiers, les plantes qui incarnent l'abondance et la prospérité.
Ville–Dans les représentations paléochrétiennes, ou du premier art byzantin, les villes généralement représentées sont Bethléem et Jérusalem, qu'il s'agisse de la Jérusalem terrestre ou de la Jérusalem céleste
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