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Ségbana est une commune située au nord-est du Bénin, dans le département de l'Alibori, à la frontière avec le Nigeria. Située à plus de 500 km de Cotonou, elle est devenue un symbole de l'histoire contemporaine du Bénin.

Comprendre

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Histoire et origine du nom

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Bien que Ségbana soit tristement célèbre pour avoir abrité au cours des années 1980, sous le régime du président Mathieu Kérékou, une prison pour détenus politiques, l'histoire de cette terre est bien plus riche et ancienne.

Le territoire de terre rouge et rocailleuse fut découvert et défriché par un Tchienga (une ethnie boo qui peuple la région) du nom de Seh, diminutif de Saré/sabi. Le premier quartier de Ségbana s'appelle d'ailleurs Tchiengawia. Seh était un homme de grande taille (gbãa en langue boo), et de ce fait on appela ce lieu « chez Seh, l'élancé », ce qui se traduit en langue locale par Seh-gbãa-bε, devenu dans sa forme francisée Ségbana.

Ancienne sous-préfecture du département du Borgou, Ségbana a été créée en 1963 et est majoritairement peuplée de Boo/Boko.

Géographie

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Située entre 10°32' et 11°23' de latitude Nord et 3°08' et 3°50' de longitude Est, la commune est limitée au nord par Malanville, au sud par Kalalé, à l'est par le Nigeria et à l'ouest par les communes de Kandi et de Gogounou. Elle s'étend sur 4 700 km.

La commune est subdivisée en 5 arrondissements dont un en milieu urbain (Ségbana-Piami) et quatre en milieu rural : Liboussou, Lougou, Libanté et Sokotindji. Elle compte 5 quartiers de ville et 25 villages.

Population

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La commune compte plus de 89 000 habitants (recensement 2013), dont près de 30 000 uniquement pour l'arrondissement de Ségbana. Les principaux groupes ethniques sont les Boo qui représentent plus de 75% de la population. Ils cohabitent avec les Peuls (7%), les Dendi (1,7%), les Yoruba (1,6%), ainsi que d'autres groupes comme les Haoussa, les Baatombu et les Ajda.

Y vivent des Béninois de toutes les ethnies qui cohabitent avec des Nigérians et des Nigériens. Les échanges commerciaux ont cours des deux côtés de la frontière et le Naira se confond au FCFA dans les bourses des populations.

L'Islam est pratiqué par 81,8% de la population. Les religions traditionnelles représentent 5,7%, le catholicisme 2,2% et le protestantisme 2,2%.

Climat

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Le climat est de type nord-soudanien, caractérisé par une saison de pluies allant du mois de mai au mois d'octobre, et une saison sèche allant d'octobre à mai. Les températures sont élevées toute l'année.

Aller

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La commune de Ségbana se trouve à 722 km de Cotonou. La route Kandi-Ségbana-Frontière Nigéria (121 km) est en cours d'aménagement, tout comme la route Nikki-Kalalé-Ségbana (147,68 km). Des taxis-brousses partent de Kandi et Parakou vers Ségbana. Le trajet depuis Cotonou peut prendre entre 14 et 16 heures.

Circuler

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La ville peut être explorée à pied ou en moto-taxi (zémidjan). Les arrondissements ruraux nécessitent un véhicule tout-terrain, surtout en saison des pluies.

Voir

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  • Source thermale de Maïmouna, Arrondissement de Libantè. Source d'eau thermale non exploitée mais qui constitue un site naturel intéressant à visiter.
  • Hauts fourneaux de Kambara. Site historique témoignant de la production et transformation traditionnelle du fer par les Boo, un peuple réputé pour son savoir-faire métallurgique.
  • Murailles de pierre de Lougou et Monrou, Arrondissement de Lougou. Anciennes murailles de pierre qui témoignent de l'histoire défensive de la région.
  • Forêts classées. La commune abrite plusieurs forêts classées et zones de savanes arborées riches en biodiversité.
  • Fleuve Sota. Affluent du fleuve Niger qui traverse la commune et offre des paysages naturels. On y trouve également de nombreuses mares, marigots et étangs.
  • Sanctuaires de Kissira, Morou, Sakabanzi. Sanctuaires érigés en mémoire de l'ancêtre éponyme Kissira, fondateur mythique des Boo/Boko.

Faire

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  • Fête de la Gaani. Fête des nouvelles ignames célébrée de façon périodique, généralement au mois d'août. L'occasion d'assister à des danses traditionnelles et des cérémonies culturelles.
  • Coso ndo. Fête marquant la sortie de la nouvelle récolte de sorgho, célébrée après la Tabaski. Au cours de cette fête, on mange individuellement un poulet avec la pâte de sorgho.
  • Le Tèzou. Événement organisé au début de l'année lunaire qui consiste à conjurer le mauvais sort à travers des jets de feu. Spectacle impressionnant de la culture locale.
  • Assister aux danses traditionnelles. Le Welena, une danse mixte cérémonielle et cultuelle au rythme des gourdes de calebasse contenant des grains tapés contre les talons des pieds accompagnés des chants des initiés. Le Kèè, danse de démonstration des techniques et intelligence des chasseurs, pratiquée lors des cérémonies des braves chasseurs qui ont une fois tué un buffle.

Manger

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Les spécialités culinaires de Ségbana sont constituées de :

  • Pâte de diverses céréales et de cossettes d'igname
  • Igname pilée
  • Bouillie de diverses céréales
  • Le Kaa baala, repas à base de haricot
  • Le Tchoukoutou, boisson locale traditionnelle qui vous sera servie en signe d'hospitalité

Se loger

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Les infrastructures touristiques sont limitées à deux auberges avec des équipements sommaires. Il est recommandé de prévoir son hébergement à l'avance ou de loger à Kandi qui dispose de meilleures infrastructures hôtelières. L'hospitalité locale est toutefois exceptionnelle et il est possible de loger chez l'habitant.

Aux environs

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  • Malanville. Ville frontalière au nord, porte d'entrée vers le Niger.
  • Parc National du W. Parc transfrontalier accessible depuis la région pour observer la faune africaine.
  • Kandi. Chef-lieu de l'Alibori situé à l'ouest, offrant plus d'infrastructures touristiques.

Respecter

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Ségbana est une commune à très forte majorité musulmane. Respectez les coutumes locales :

  • Adoptez une tenue vestimentaire décente, en particulier pour les femmes
  • Demandez toujours la permission avant de photographier les personnes ou les cérémonies
  • Les sites sacrés comme les sanctuaires de Kissira méritent une attitude respectueuse
  • Lors du ramadan (Lèpoo) et des fêtes religieuses, soyez particulièrement attentif aux pratiques locales

Les Boo, peuple majoritaire, sont réputés pour leur hospitalité. Accepter le Tchoukoutou qu'on vous offre est un signe de respect et de convivialité.

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