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Patrimoine culturel immatériel au Mali

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Cet article recense les pratiques inscrites au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO au Mali.

Comprendre[modifier]

Le pays compte six pratiques reprises sur la « liste représentative du patrimoine culturel immatériel » de l'UNESCO. Elles font toutes deux partie du domaine des « pratiques sociales, rituels et événements festifs ».

Aucune pratique supplémentaire n'est reprise que se soit dans le « registre des meilleures pratiques de sauvegarde de la culture ».

Le pays compte deux pratiques reprises sur la « liste de sauvegarde d'urgence ».

Listes[modifier]

Liste représentative[modifier]

Pratique Domaine Description Illustration
L'espace culturel du yaaral et du degal L’espace culturel du yaaral et du degal correspond au vaste espace pastoral des Peuls du delta intérieur du Niger. Les festivités du yaaral et du degal marquent la traversée du fleuve au moment de la transhumance. Deux fois par an, les troupeaux de bétail passent des terres arides du Sahel aux plaines inondables du bassin intérieur du Niger. Les festivités se déroulent toujours un samedi, jour faste selon la croyance populaire peule, leur date exacte étant déterminée en fonction de l’état des pâturages et du niveau du fleuve. Ces festivités donnent lieu à de nombreuses expressions culturelles. Des concours du troupeau le mieux décoré sont organisés. Les bergers déclament des poèmes pastoraux relatant leurs aventures pendant leurs longs mois de pérégrination. Les jeunes femmes se parent de leurs plus beaux habits et bijoux pour acclamer les bergers par leurs chants. Ces deux manifestations, qui remontent à l’établissement des Peuls dans la région aux environs du quatorzième siècle, constituent le pivot du mode de vie de ces populations. La gestion des pâturages, le tracé des pistes de transhumance et le regroupement des troupeaux en des points spécifiques ont permis d’améliorer l’organisation de ces fêtes pastorales. Ces mesures ont attiré des foules toujours plus nombreuses et fait de ces rassemblements des événements majeurs. En réunissant des représentants de tous les groupes ethniques et de toutes les corporations professionnelles du Delta – éleveurs peuls, riziculteurs Marka ou Nono, cultivateurs de mil Bambara et pêcheurs Bozo – le yaaral et le degal renouvellent les pactes intercommunautaires et renforcent la cohésion sociale. L’adhésion massive des communautés de la région à ces festivités leur assure une pérennité certaine même si elles sont fragilisées par l’exode rural des jeunes et les sécheresses récurrentes qui affectent pâturages et troupeaux. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png
La Charte du Mandén, proclamée à Kouroukan Fouga Au début du XIIIe siècle, à l’issue d’une grande victoire militaire, le fondateur de l’Empire mandingue et l’assemblée de ses « hommes de tête » ont proclamé à Kouroukan Fouga la « Charte du Mandén nouveau », du nom du territoire situé dans le haut bassin du fleuve Niger, entre la Guinée et le Mali actuels. La Charte, qui est l’une des plus anciennes constitutions au monde même si elle n’existe que sous forme orale, se compose d’un préambule et de sept chapitres prônant notamment la paix sociale dans la diversité, l’inviolabilité de la personne humaine, l’éducation, l’intégrité de la patrie, la sécurité alimentaire, l’abolition de l’esclavage par razzia, la liberté d’expression et d’entreprise. Si l’Empire a disparu, les paroles de la Charte et les rites associés continuent d’être transmis oralement, de père en fils, et de manière codifiée au sein du clan des Malinkés. Pour que la tradition ne soit pas perdue, des cérémonies commémoratives annuelles de l’assemblée historique sont organisées au village de Kangaba (contigu à la vaste clairière Kouroukan Fouga, de nos jours au Mali, près de la frontière de la Guinée). Elles sont soutenues par les autorités locales et nationales du Mali, et en particulier les autorités coutumières, lesquelles y voient une source d’inspiration juridique ainsi qu’un message d’amour, de paix et de fraternité venu du fond des âges. La Charte du Mandén représente aujourd’hui encore le socle des valeurs et de l’identité des populations concernées. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png
1 La réfection septennale du toit du Kamablon, case sacrée de Kangaba Les Malinkés et autres populations du Mandén, région du sud-ouest du Mali, se rassemblent tous les sept ans pour célébrer la pose d’une nouvelle toiture de chaume sur le Kamablon (ou vestibule de la parole) dans le village de Kangaba. Construit en 1653, le Kamablon de Kangaba est un remarquable édifice de plan circulaire qui abrite des objets et des éléments de mobilier d’une grande richesse symbolique pour la communauté et qui est utilisé comme sénat villageois. La cérémonie est organisée par les membres du clan des Keïta – descendants du fondateur de l’Empire du Mali, Soundiata Keïta – et par les griots du patronyme Diabaté, lesquels sont les détenteurs de l’histoire du Kamablon. La réfection du toit est l’occasion d’évoquer l’histoire et la culture du Mandén à travers les traditions orales, ainsi que de renforcer les liens sociaux, de régler les conflits et de prédire l’avenir pour les sept ans à venir. Les festivités durent cinq jours, pendant lesquelles des jeunes âgés de 20 à 21 ans descendent l’ancienne toiture, puis posent la nouvelle sous la surveillance et la direction des anciens de la communauté, qui, à cette occasion, transmettent leurs savoirs liés à la case sacrée, à sa construction, son histoire et sa valeur symbolique. Les griots du village voisin de Kéla rendent hommage à Soundiata et livrent des récits de la tradition orale du Mandén. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png
Les pratiques et expressions culturelles liées au balafon des communautés Sénoufo du Mali, du Burkina Faso et de Côte d’Ivoire
Note

le Mali partage cette pratique avec le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire.

les traditions et expressions orales, y compris la langue comme vecteur du patrimoine immatériel

les arts du spectacle

les pratiques sociales, rituels et événements festifs

les connaissances et pratiques concernant la nature et l'univers

les savoir-faire liés à l'artisanat traditionnel

Le balafon des communautés Sénoufo du Mali, du Burkina Faso et de Côte d'Ivoire est un xylophone pentatonique, connu localement sous le nom de ncegele. Le ncegele est composé de onze à vingt-et-une lames d’inégales longueurs, taillées dans du bois et rangées sur un support de forme trapézoïdale, également en bois ou en bambou. L’instrument a pour résonateurs des calebasses, elles aussi d’inégales grandeurs, rangées sous le support, proportionnellement aux planchettes. Elles sont perforées et garnies de membranes d’oothèques d’araignées pour donner de la vibration au son. L’accord du ncegele est réglé sur une division de l’octave en cinq intervalles égaux. Les sons s’obtiennent en frappant les lames avec des baguettes de bois portant aux extrémités par une tête en caoutchouc. Joué en solo ou en ensemble instrumental, le discours musical se fonde sur une offre de multiples mélodies rythmées. Le ncegele anime des fêtes, accompagne des prières dans des paroisses et dans les bois sacrés, stimule l’ardeur au travail, ponctue la musique funéraire et soutient l’enseignement des systèmes de valeurs, des traditions, des croyances, du droit coutumier, des règles d‘éthique régissant la société et l’individu dans les actes quotidiens. Le joueur apprend d’abord sur des balafons pour enfant, puis se perfectionne sur des balafons « normaux » sous la direction d’un maître. Balafon (Aly Keita) Unterfahrt 2010-03-11-001.jpg
Les pratiques et savoirs liés à l’imzad des communautés touarègues de l’Algérie, du Mali et du Niger
Note

le Mali partage cette pratique avec l’Algérie et le Niger.

les traditions et expressions orales, y compris la langue comme vecteur du patrimoine culturel immatériel

les arts du spectacle

les pratiques sociales, rituels et événements festifs

les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel

La musique de l’imzad, caractéristique des populations touarègues, est jouée par les femmes avec un instrument à corde unique frottée, également connu sous le nom d’imzad. La musicienne place l’instrument sur ses genoux et joue en position assise au moyen d’un archet en bois arqué. Alliant musique et poésie, la musique de l’imzad est fréquemment jouée lors des cérémonies dans les campements touarègues. L’instrument fournit l’accompagnement mélodique des chants poétiques ou populaires glorifiant les aventures et les exploits des héros du passé, qui sont souvent chantés par les hommes et auxquels hommes et femmes participent en émettant des cris modulés ou aigus. La musique revêt également une fonction thérapeutique car elle est jouée pour chasser les mauvais esprits et atténuer les souffrances des malades. Le son de l’imzad reflète les sentiments et les états d’âme de l’interprète, et toute difficulté d’exécution au cours d’une interprétation est considérée comme un signe de malheur. Les femmes fabriquent l’instrument à partir d’une demi-calebasse séchée et évidée. Celle-ci est tendue d’une peau du côté ouvert, percée de deux ouïes en forme de rosace et munie d’un chevalet en bois en forme de V. Le savoir musical de l’imzad est transmis oralement selon des méthodes traditionnelles qui favorisent l’observation et l’assimilation. COLLECTIE TROPENMUSEUM Langhalsluit met 1 snaar TMnr 2760-74.jpg
2 La sortie des masques et marionnettes de Markala les traditions et expressions orales, y compris la langue comme vecteur du patrimoine culturel immatériel

les arts du spectacle

les pratiques sociales, rituels et événements festifs

les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers

les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel

La sortie des masques et marionnettes est une fête rituelle pratiquée dans les communautés bambaras, bozos, markas et somonos de Markala, qui se caractérise par des danses avec des masques, des tam-tams et des chansons interprétées par des danseurs et des marionnettistes. Chacun des masques et marionnettes symbolise le lien sacré entre l’homme et la nature, à travers la représentation d’un animal particulier incarnant des vertus spécifiques de la société. Pendant la saison sèche, les jeunes néophytes reçoivent les connaissances et l’instruction nécessaires pour se préparer au passage à l’âge adulte. L’initiation a lieu dans un bois sacré, au bord du fleuve Niger, où les connaissances et les savoir-faire associés à ces pratiques rituelles sont transmis aux jeunes garçons par leurs aînés. L’initiation se termine par des libations et des offrandes aux génies protecteurs et aux forces occultes afin d’obtenir leur accord pour passer au statut d’hommes formés, prêts à porter le masque et à danser. Après les rites, les célébrations de fin des récoltes offrent une plate-forme d’expression variée des cultures locales, à travers des prières, des musiques, des chants et des danses, où l’on salue la période des pêches individuelles et collectives. Ce rite illustre la cohésion, le dialogue, la tolérance et la continuité des identités culturelles plurielles des communautés de Markala et des villages voisins. Il offre un espace de rencontres festives et d’échanges pour la résolution des conflits intra et intercommunautaires, des querelles et des malentendus familiaux. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


Registre des meilleures pratiques de sauvegarde[modifier]

Le Mali n'a pas de pratique inscrite au registre des meilleures pratiques de sauvegarde.

Liste de sauvegarde d'urgence[modifier]

Pratique Domaine Description Illustration
3 Le Sanké mon, rite de pêche collective dans le Sanké les traditions et expressions orales, y compris la langue comme vecteur du patrimoine culturel immatériel

les pratiques sociales, rituels et événements festifs

les connaissances et pratiques concernant la nature et l'univers

Le Sanké mon, rite de pêche collective, a lieu à San, dans la région de Ségou au Mali, tous les deuxièmes jeudis du septième mois lunaire pour commémorer la fondation de la ville. Le rite commence par le sacrifice de coqs et de chèvres et par des offrandes des habitants du village aux esprits de l’eau qui habitent la mare Sanké. Une pêche collective a lieu ensuite pendant quinze heures à l’aide de filets à larges et à petites mailles. Elle est immédiatement suivie d’une danse masquée sur la place publique, dans laquelle se produisent des danseurs Buwa de San et des villages environnants qui portent le costume traditionnel et un chapeau décoré de cauris et de plumes, et qui exécutent une chorégraphie particulière au rythme de divers tambours. Le rite du Sanké mon marque traditionnellement le début de la saison des pluies. C’est aussi une expression de la culture locale à travers l’art et l’artisanat, les connaissances et le savoir-faire attachés à la pêche et aux ressources en eau. Il renforce les valeurs collectives de cohésion sociale, de solidarité et de paix entre les communautés locales. Depuis quelques années, il connaît une chute de popularité qui menace de mettre son existence en péril, les facteurs contribuant à ce phénomène étant notamment l’ignorance de l’histoire et de l’importance de la tradition, une diminution progressive de la participation au rite, des accidents occasionnels pendant son déroulement et la dégradation de la mare Sanké à cause des pluies insuffisantes et des effets du développement urbain. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png
La société secrète des Kôrêdugaw, rite de sagesse du Mali La société secrète des Kôrêdugaw est un rite de sagesse qui occupe une place centrale dans l’identité culturelle des communautés bambara, malinké, senufo et samogo. Les initiés revêtent des haillons ornés de colliers de fèves rouges et d’un grand nombre d’objets divers. Ils suscitent l’hilarité par leur comportement glouton, leur humour caustique et leur esprit, mais ils font aussi preuve d’une grande intelligence et de sagesse. La société éduque, forme et prépare les enfants à affronter les épreuves de la vie et à gérer des problèmes sociaux. Ses membres font aussi office de médiateurs sociaux et jouent des rôles fondamentaux dans les fêtes et à de nombreuses occasions. Les Kôrêdugaw sont aussi des herboristes et des thérapeutes traditionnels dont la connaissance des plantes est utilisée pour guérir les maladies, conjurer le mauvais sort, traiter les femmes sans enfants et faire des bénédictions. Incarnant la générosité, la tolérance, l’inoffensivité et la maîtrise du savoir, ils appliquent les règles de conduite qu’ils préconisent aux autres. Les membres proviennent de toutes les couches socioprofessionnelles, sans distinction d’ethnie, de sexe ou de religion. Le statut de Kôrêduga est hérité et l’instruction se fait par les esprits ou par un maître. Aujourd’hui, les modes traditionnels de transmission sont menacés à cause de la diminution du nombre d’initiés en raison de la prédominance des modes de vie urbain parmi les jeunes générations, et du fait que les pratiques rituelles sont de moins en moins régulières. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png



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