Cet article recense les pratiques inscrites au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO au Maroc.
Comprendre
[modifier]Le pays compte neuf pratiques reprises sur la « liste représentative du patrimoine culturel immatériel » de l'UNESCO et une pratique sur la « liste de sauvegarde d'urgence ».
Aucune pratique supplémentaire n'est reprise dans le « registre des meilleures pratiques de sauvegarde de la culture ».
Listes
[modifier]Liste représentative
[modifier]| Pratique | Année | Domaine | Illustration |
|---|---|---|---|
| 1 Le Moussem de Tan-Tan | 2008 | * pratiques sociales, rituels et événements festifs * arts du spectacle * traditions et expressions orales |
Fiche UNESCO |
| Le Moussem de Tan-Tan, dans le sud-ouest du Maroc, est un rassemblement annuel de nomades du Sahara qui réunit plus d’une trentaine de tribus du sud marocain et d’autres régions du nord-ouest de l’Afrique. À l’origine, il avait lieu tous les ans vers le mois de mai. S’inscrivant dans le calendrier agropastoral des nomades, il était l’occasion de se retrouver, d’acheter, de vendre et d’échanger des denrées et autres produits, d’organiser des concours d’élevage de dromadaires et de chevaux, de célébrer des mariages et de consulter les herboristes. Le Moussem était également le prétexte à diverses expressions culturelles : musique, chants populaires, jeux, joutes de poésie et autres traditions orales Hassani. C’est à partir de 1963 que ces rassemblements ont pris la forme d’un Moussem (sorte de foire annuelle ayant des fonctions à la fois économiques, culturelles et sociales), quand le premier Moussem de Tan-Tan a été organisé pour promouvoir les traditions locales et offrir un lieu d’échange, de rencontre et de réjouissances. Le Moussem aurait été au départ associé à Mohamed Laghdaf, farouche résistant à l’occupation franco-espagnole, mort en 1960 et enterré non loin de la ville de Tan-Tan. Entre 1979 et 2004, les problèmes de sécurité dans la région ont empêché la tenue du Moussem. Aujourd’hui, les populations nomades sont particulièrement soucieuses de protéger leur mode de vie. Les mutations économiques et techniques qu’a connues la région ont profondément modifié le mode de vie des communautés bédouines nomades, obligeant nombre d’entre elles à se sédentariser. L’urbanisation et l’exode rural ont en outre contribué à la disparition de nombreux aspects de la culture traditionnelle de ces populations, notamment l’artisanat et la poésie. C’est pourquoi les communautés bédouines comptent sur le renouveau du Moussem de Tan-Tan pour les aider à assurer la survie de leurs savoir-faire et traditions. | |||
| 2 L’espace culturel de la place Jemaa el-Fna | 2008 | * arts du spectacle * ratiques sociales, rituels et événements festifs * savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel * traditions et expressions orales |
Fiche UNESCO |
| La place Jemaa el-Fna est l’un des principaux espaces culturels de Marrakech. Devenue l’un des symboles de la ville depuis sa fondation au onzième siècle, elle offre une concentration exceptionnelle de traditions culturelles populaires marocaines qui s’expriment à travers la musique, la religion et diverses expressions artistiques. Située à l’entrée de la Médina, cette place triangulaire entourée de restaurants, d’échoppes et de bâtiments publics est le théâtre quotidien d’activités commerciales et de divertissements. Elle est un point de rencontre pour les habitants de la ville, mais également pour les gens venus d’ailleurs. Tout au long de la journée, et jusque tard dans la nuit, on peut y acheter des fruits, déguster des mets traditionnels et trouver toute une variété de services tels que soins dentaires, médecine traditionnelle, divination, prédication, tatouage au henné ou portage d’eau. On peut également y voir et entendre conteurs, poètes, charmeurs de serpents, musiciens berbères (mazighen), danseurs gnawis et joueurs de senthir (hajhouj). Les expressions orales étaient autrefois continuellement renouvelées par les bardes (imayazen) qui parcouraient les territoires berbères. Aujourd’hui encore, ils mêlent le geste à la parole pour enseigner, divertir et charmer le public. Ils tendent désormais à adapter leur art au monde contemporain en improvisant sur la trame d’un texte ancien, rendant ainsi leurs récits accessibles à un plus large public. La place de Jemaa el-Fna est un lieu majeur d’échanges culturels et bénéficie d’une protection depuis 1922 au titre d’élément du patrimoine artistique du Maroc. Mais l’urbanisation, en particulier les spéculations immobilières et le développement de l’infrastructure routière, est considérée comme une sérieuse menace pour cet espace culturel. Si la place Jemaa el-Fna jouit d’une grande popularité, les pratiques culturelles pourraient toutefois être affectées par une acculturation, notamment liée au développement du tourisme. | |||
| 3 Le festival des cerises de Sefrou | 2012 | * arts du spectacle * pratiques sociales, rituels et événements festifs * connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers * savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel |
Fiche UNESCO |
| Pendant trois jours en juin, chaque année, la population locale de Sefrou célèbre la beauté naturelle et culturelle de la région, symbolisée par la cerise et la nouvelle Reine des Cerises choisie cette année-là à l’issue d’un concours qui attire des compétitrices de la région et du pays tout entier. Le point culminant de la fête est un défilé avec des troupes de fantasia, de musiques rurales et urbaines, de majorettes et de fanfares, et des chars représentant les producteurs locaux. Au centre se tient la Reine des Cerises qui offre des cerises aux spectateurs, parée de ses plus beaux costumes et entourée de ses dauphines. Toute la population contribue à la réussite du festival : les femmes artisanes fabriquent les boutons en soie pour les vêtements traditionnels, les arboriculteurs fournissent les cerises, les clubs sportifs locaux prennent part aux compétitions et les troupes de musique et de danse animent l’ensemble des festivités. Le festival des cerises offre une occasion à la ville entière de présenter ses activités et ses réalisations. La jeune génération est aussi intégrée dans les activités festives pour en assurer la viabilité. Le festival est une source de fierté et d’appartenance qui valorise l’amour-propre de la ville et de ses habitants, et constitue une contribution fondamentale à leur identité locale. | |||
| La diète méditerranéenne | 2013 | * traditions et expressions orales * pratiques sociales, rituels et événements festifs * connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers * savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel |
Fiche UNESCO |
| La diète méditerranéenne implique un ensemble de savoir-faire, de connaissances, de rituels, de symboliques et de traditions qui concernent les cultures, les récoltes, la cueillette, la pêche, l’élevage, la conservation, la transformation, la cuisson et, tout particulièrement, la façon de partager la table et de consommer les aliments. Manger ensemble constitue le fondement de l’identité et de la continuité culturelles des communautés du bassin méditerranéen. C’est un moment d’échange social et de communication, d’affirmation et de refondation de l’identité de la famille, du groupe ou de la communauté. La diète méditerranéenne met l’accent sur les valeurs de l’hospitalité, du bon voisinage, du dialogue interculturel et de la créativité, et sur un mode de vie guidé par le respect de la diversité. Elle joue un rôle important dans les espaces culturels, les fêtes et les célébrations en rassemblant des populations de tous âges, classes et conditions. Elle inclut l’artisanat et la production d’objets pour le transport, la conservation et la consommation des aliments, entre autres les plats en céramique et les verres. Les femmes jouent un rôle essentiel dans la transmission des savoir-faire et des connaissances de la diète méditerranéenne, dans la sauvegarde des techniques, dans le respect des rythmes saisonniers et des ponctuations festives du calendrier, et dans la transmission des valeurs de l’élément aux nouvelles générations. De même, les marchés jouent un rôle clé en tant qu’espaces de culture et de transmission de la diète méditerranéenne, dans l’apprentissage quotidien de l’échange, du respect mutuel et de l’accord. | |||
| L’argan, pratiques et savoir-faire liés à l’arganier |
2014 | * traditions et expressions orales * connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers * savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel |
Fiche UNESCO |
| L’arganier est une espèce sylvestre endémique présente dans la Réserve de biosphère de l’arganeraie du sud-ouest marocain. Les femmes et, dans une moindre mesure, les hommes vivant dans les zones rurales de la Réserve utilisent des méthodes traditionnelles pour extraire l’huile d’argan du fruit de l’arganier. Différentes tâches, dont la réalisation se transmet par voie d’imitation et par l’apprentissage non formel, sont nécessaires pour obtenir l’huile, qui trouve de nombreux usages dans l’alimentation, la médecine et la cosmétique. Ces tâches sont la cueillette des fruits, leur séchage, le dépulpage, le concassage, le tri, la mouture et le malaxage. Le moulin à bras spécifique est fabriqué par des artisans locaux, et le malaxage suppose l’ajout progressif d’eau tiède selon des quantités précises. Tous les aspects culturels relatifs à l’arganier, dont la culture de l’arbre, l’extraction de l’huile, la préparation des recettes et des produits dérivés, et la confection des outils artisanaux nécessaires aux différentes tâches contribuent à la cohésion sociale, à l’entente entre les individus et au respect mutuel entre les communautés. L’huile d’argan s’offre en cadeau de mariage et s’utilise fréquemment pour la préparation de plats de cérémonie. Les savoir-faire traditionnels portant spécifiquement sur l’extraction de l’huile et ses multiples usages sont transmis par les « arganières », qui apprennent à leurs filles, dès leur plus jeune âge, à les mettre en pratique. | |||
| La Taskiwin, danse martiale du Haut-Atlas occidental. inscrit sur sur la Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente | 2017 | pratiques sociales, rituels et événements festifs | Fiche UNESCO |
| La Taskiwin est une danse martiale typique des montagnes du Haut-Atlas occidental au centre du Maroc. Elle tire son nom de la corne richement décorée que porte chaque danseur, le Tiskt. Elle consiste à faire vibrer les épaules au rythme des tambourins et des flûtes. Cette pratique encourage la cohésion sociale et l’harmonie et représente un important mode de socialisation pour les jeunes. La transmission aux jeunes générations s’effectue le plus souvent de façon informelle, par un apprentissage direct. Toutefois, pour plusieurs raisons, la danse est désormais circonscrite à un nombre réduit de villages et est menacée de disparition. La mondialisation menace de la faire tomber dans l’oubli, comme en témoigne le désintérêt croissant des jeunes envers le patrimoine traditionnel, au profit des pratiques artistiques modernes. Plusieurs communautés ne pratiquent plus la danse et les amateurs et détenteurs qui restent n’arrivent pas à trouver d’apprentis à qui transmettre leur savoir-faire. L’artisanat relatif aux instruments et aux accessoires est également sur le déclin. Néanmoins, au cours des deux dernières décennies, la nécessité d’assurer la viabilité de la Taskiwin a fait l’objet d’une prise de conscience collective dans certaines communautés. Ainsi, la première association dédiée à cette pratique a été créée dans la région en 1993. Cette initiative a été suivie par plusieurs autres villages et plusieurs associations locales sont en cours de création. | |||
| La fauconnerie, un patrimoine humain vivant Note
Le Maroc partage cette pratique avec l'Allemagne, l'Arabie saoudite, l'Autriche, la Belgique, les Émirats arabes unis, l'Espagne, la France, la Hongrie, l'Italie, le Kazakhstan, la Mongolie, le Pakistan, le Portugal, le Qatar, la Syrie, la Corée du Sud et la Tchéquie. |
2016 | pratiques sociales, rituels et événements festifs | Fiche UNESCO |
| La fauconnerie est l'activité traditionnelle qui consiste à conserver et dresser des faucons et autres rapaces pour attraper du gibier dans son environnement naturel. Utilisée à l'origine comme moyen de se procurer de la nourriture, la fauconnerie s'identifie aujourd’hui à l'esprit de camaraderie et de partage plus qu’à la subsistance. On la trouve principalement le long des itinéraires et corridors de migration et elle est pratiquée par des amateurs et des professionnels de tous âges, hommes ou femmes. Les fauconniers développent une relation forte et un lien spirituel avec leurs oiseaux ; une forte implication est nécessaire pour élever, former, dresser et faire voler les faucons. La fauconnerie se transmet en tant que tradition culturelle par des moyens aussi variés que le mentorat, l’apprentissage au sein de la famille ou la formation plus formelle dans des clubs. Dans les pays chauds, les fauconniers emmènent leurs enfants dans le désert et leur apprennent à maîtriser l'oiseau et à établir une relation de confiance avec lui. Si les fauconniers sont d’origines très diverses, ils partagent des valeurs, des traditions et des pratiques communes notamment les méthodes d’entraînement des oiseaux et la façon de s’en occuper, l’équipement utilisé et le lien affectif entre le fauconnier et l’oiseau. La fauconnerie est le socle d’un patrimoine culturel plus large, qui inclut des costumes traditionnels, une alimentation, des chants, de la musique, de la poésie et des danses, autant de coutumes entretenues par les communautés et clubs qui la pratiquent. | |||
| Les connaissances, savoir-faire, traditions et pratiques associés au palmier dattier Note
Le Maroc partage cette pratique avec le Bahreïn, l'Iraq, la Jordanie, le Koweït, la Mauritanie, l'Égypte, Oman, la Palestine, l'Arabie saoudite, le Soudan, la Tunisie, les Émirats arabes unis et le Yémen. |
2019 | * arts du spectacle * connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers * pratiques sociales, rituels et événements festifs * savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel * traditions et expressions orales |
Fiche UNESCO |
| Le palmier dattier est associé à la population des États soumissionnaires depuis des siècles, comme un matériau indispensable à plusieurs formes d’artisanat, plusieurs métiers et plusieurs traditions, coutumes et pratiques socioculturelles, mais aussi comme une importante source de nourriture. Le palmier dattier est une plante à feuilles persistantes typique des régions sèches, car ses racines peuvent pénétrer profondément le sol pour en absorber l’humidité. On compte parmi les détenteurs et les praticiens de l’élément les propriétaires de plantations de palmiers dattiers ; les agriculteurs qui plantent, entretiennent et irriguent les arbres ; les artisans qui fabriquent des produits traditionnels en utilisant les différentes parties du palmier ; les marchands de dattes ; et les créateurs et artistes qui récitent des contes et des poèmes populaires. Les connaissances, savoir-faire, traditions et pratiques associés au palmier dattier ont joué un rôle essentiel dans le renforcement des liens entre les habitants des pays arabes concernés et leurs terres, car cet arbre les a aidés à surmonter les difficultés propres à un environnement désertique. La relation historique que la région entretient avec l’élément a donné naissance à un riche patrimoine culturel rassemblant les pratiques, les connaissances et les savoir-faire encore employés aujourd’hui. Le développement de l’élément à travers les siècles et sa pertinence culturelle expliquent à quel point les communautés locales sont engagées en faveur de sa préservation. Elles participent pour cela à de multiples actions portant sur le palmier dattier, organisent de nombreux rituels festifs et perpétuent les traditions et coutumes liées à l’élément. | |||
| Gnaoua | 2019 | Fiche UNESCO | |
| Le terme gnaoua se rapporte à un ensemble de productions musicales, de performances, de pratiques confrériques et de rituels à vocation thérapeutique où le profane se mêle au sacré. Le gnaoua est avant tout une musique confrérique soufie généralement associée à des paroles à caractère religieux, qui invoque les ancêtres et les esprits. Pratiquée à l’origine par des groupes et des individus issus de l’esclavage et de la traite négrière remontant au moins au XVIe siècle, la culture gnaoua fait aujourd’hui partie des multiples facettes de l’identité culturelle marocaine. Les gnaoua, notamment ceux de la ville, pratiquent un rituel de possession thérapeutique sous forme d’une veillée de rythmes et de transe où se mêlent des pratiques africaines ancestrales, des influences arabo-musulmanes et des manifestations culturelles berbères autochtones. Les gnaoua de la campagne organisent des repas collectifs offerts aux saints maraboutiques. Certains gnaoua des villes utilisent un instrument de musique à cordes et des crotales, alors que ceux de la campagne ont plus particulièrement recours aux grands tambours et aux crotales. Dans les villes, les costumes sont colorés et brodés tandis que les costumes du monde rural sont blancs et accompagnés d’accessoires. Le nombre de groupes confrériques et de maîtres musiciens ne cesse de s’accroitre dans les villages et les grandes villes du Maroc. Les groupes gnaoua forment des associations et organisent des festivals locaux, régionaux, nationaux et internationaux toute l’année. Cela permet aux jeunes générations de découvrir les paroles et les instruments ainsi que les pratiques et rituels liés à la culture du gnaoua. | |||
| Les savoirs, savoir-faire et pratiques liés à la production et à la consommation du couscous Note
Le Maroc partage cette pratique avec l'Algérie, la Mauritanie et la Tunisie. |
2020 | * Connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers * Pratiques sociales, rituels et événements festifs * Savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel * Traditions et expressions orales |
Fiche UNESCO |
| Les savoirs, savoir-faire et pratiques liés à la production et à la consommation du couscous regroupent le mode de préparation, les conditions et outils nécessaires à la fabrication, les artefacts associés et les circonstances de la consommation du couscous au sein des communautés concernées. La préparation du couscous est un processus cérémoniel impliquant différentes opérations. Tout commence par la céréaliculture, la moulure des graines pour obtenir une semoule qui sera roulée puis cuite après avoir été passée à la vapeur. Ces pratiques sont associées à un ensemble d’outils, instruments et ustensiles exclusifs. Ce plat est accompagné d’adjuvants végétaux divers et de différentes viandes en fonction du territoire, de la saison et des circonstances. De nos jours, comme autrefois, les méthodes de préparation du couscous constituent une somme de savoirs et savoir-faire qui se transmettent de façon non formelle par l’observation et la reproduction. Pour la fabrication des ustensiles, ceux en argile sont réalisés par des potières et ceux en bois sont produits par des coopératives ou manufactures artisanales, souvent familiales. Depuis quelques décennies la transmission formelle se développe au-delà du cercle familial et du foyer. Les aspects non culinaires de l’élément, à savoir les rites, les expressions orales et certaines pratiques sociales, sont également transmis par les détenteurs. Le couscous est un mets qui compte un répertoire de symboliques, de significations, de dimensions sociales et culturelles toutes liées à la solidarité, à la convivialité, au partage et au vivre-ensemble. | |||
| La fauconnerie, un patrimoine humain vivant. |
2021 | Fiche UNESCO | |
| La tbouriba. |
2021 | connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers
pratiques sociales, rituels et événements festifs savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel |
Fiche UNESCO |
| La tbourida est une représentation équestre apparue au XVIe siècle. Elle simule une succession de parades militaires, reconstituées selon les conventions et rituels arabo-amazighs ancestraux. Chaque parade de tbourida est effectuée par une troupe constituée d’un nombre impair de cavaliers et de chevaux (de 15 à 25), alignés côte à côte et au milieu desquels se place le chef de la troupe. Souvent, avant l’événement, les cavaliers donnent à leur prestation une portée spirituelle, effectuant leurs ablutions puis priant collectivement. Ensemble, sous la direction du chef, cavaliers et chevaux exécutent une parade composée de deux parties principales. La première est la hadda, ou le salut de la troupe, qui entre au trot en piste et réalise un maniement d’armes acrobatique, puis se repositionne à son point de départ. La deuxième est la talqa, où les troupes repartent au galop et effectuent un tir au fusil, à blanc, avant de se retirer, simulant un départ collectif à la guerre. Les cavaliers portent des costumes et des accessoires d’époque incluant notamment un turban, des vêtements drapés, des babouches, un petit livret du Coran et une épée arabe ancienne. Les chevaux, eux, sont harnachés avec du matériel cousu et décoré de manière traditionnelle. Les cavaliers sont issus d’une même tribu ou d’une même région dont ils représentent les coutumes et les costumes. La transmission se fait de génération en génération au sein des familles, par la tradition orale et l’observation des pratiquants. | |||
| La calligraphie arabe : connaissances, compétences et pratiques. |
2021 | pratiques sociales, rituels et événements festifs
savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel |
Fiche UNESCO |
| La calligraphie arabe désigne la pratique artistique consistant à retranscrire l’écriture arabe manuscrite avec fluidité, afin d’exprimer harmonie, grâce et beauté. Cette pratique, qui peut être transmise tant par l’éducation formelle et informelle, utilise les vingt-huit lettres de l’alphabet arabe, rédigé en écriture cursive de droite à gauche. Conçue à l’origine pour rendre l’écriture claire et lisible, elle s’est progressivement transformée en un art arabe Islamique utilisé dans les œuvres traditionnelles et modernes. La fluidité de l’écriture arabe offre des possibilités infinies, même sur un seul mot, puisque les lettres peuvent être allongées et transformées de nombreuses façons afin de créer différents motifs. Les techniques traditionnelles utilisent des matériaux naturels, tels que des tiges de roseau et de bambou pour le calame, un outil d’écriture. L’encre est fabriquée à partir d’ingrédients naturels tels que le miel, la suie et le safran. Le papier est fabriqué à la main et enduit d’amidon, de blanc d’œuf et d’alun. La calligraphie moderne utilise fréquemment des marqueurs et des peintures synthétiques et de la peinture en bombe spray est utilisée pour les calligraffiti peints sur les murs, les panneaux et les bâtiments. Les artisans et les designers ont aussi recours à la calligraphie arabe pour réaliser des ornementations artistiques, par exemple sur le marbre, les sculptures sur bois, la broderie et la gravure sur métal. La calligraphie arabe est largement répandue dans les pays arabes et non Arabes et est pratiquée par des hommes et des femmes de tous les âges. Les compétences sont transmises de façon informelle ou via des écoles officielles ou des apprentissages. | |||
| Les connaissances, savoir-faire, traditions et pratiques associés au palmier dattier. |
2022 | Fiche UNESCO | |
| Généralement présent dans les déserts et les climats secs et tempérés, le palmier-dattier est une plante à feuilles persistantes dont les racines pénètrent profondément dans la terre à la recherche d’humidité. Les palmiers-dattiers poussent dans les oasis des zones désertiques où le niveau d’eau permet l’irrigation. Depuis des siècles, de nombreuses populations ont été associées au palmier dattier, qui les a aidées à construire leurs civilisations dans les régions arides. L’ancienne relation historique entre la région arabe et les palmiers dattiers a permis la constitution d’un riche patrimoine culturel qui s’est transmis de génération en génération. Aujourd’hui, les communautés, les groupes et les individus des régions où le palmier dattier s’est répandu conservent les pratiques, les connaissances et les compétences qui y sont liées. Il s’agit notamment de soigner et de cultiver le palmier-dattier et d’utiliser ses parties (feuilles, frondes et fibres) pour l’artisanat traditionnel et les rituels sociaux. Le palmier-dattier est également mentionné dans la poésie et les chansons, entre autres. Il est associé à la région depuis des siècles, constituant une source essentielle d’alimentation en plus de l’artisanat, des professions et des traditions qui lui sont associés. En raison de son importance de longue date, le palmier-dattier est largement soutenu par les communautés locales et diverses agences gouvernementales, ce qui a conduit à une expansion notable de sa culture et à une augmentation de la main-d’œuvre productive au niveau régional. | |||
| Les arts, savoir-faire et pratiques associés à la gravure sur métaux (or, argent et cuivre). |
2023 | savoir-faire liés à l'artisanat traditionnel | Fiche UNESCO |
| La gravure sur métaux (or, argent et cuivre) est une pratique séculaire consistant à façonner des mots, des symboles ou des motifs sur les surfaces d’objets décoratifs, utilitaires, religieux ou cérémoniels. L’artisan utilise différents outils pour graver manuellement des symboles, des noms, des versets du Coran, des prières et des figures géométriques dans l’objet. La gravure peut être concave (en creux) ou convexe (en relief) ou mêler différents types de métaux, comme l’or et l’argent. Leur signification et leur fonction sociale et symbolique peuvent varier selon les communautés concernées. Les objets gravés (bijoux ou objets d’intérieur) sont souvent offerts en cadeaux traditionnels de mariage ou utilisés dans des rituels religieux ou dans la pratique médicale alternative. Certains types de métaux sont ainsi connus pour leurs propriétés cicatrisantes. La gravure sur métaux se transmet au sein des familles, par l’observation et la pratique, et dans des ateliers organisés dans des centres de formation, des organisations et des universités, entre autres. Des publications, des événements culturels et les réseaux sociaux contribuent à la transmission des connaissances et savoir-faire associés. Pratiquées par la communauté, indépendamment de l’âge et du genre, la gravure sur métaux et l’utilisation des objets gravés expriment l’identité géographique, culturelle et religieuse et le statut socioéconomique des communautés concernées. | |||
| Le Malhoun, un art poético-musical populaire. |
2023 | traditions et expressions orales
arts du spectacle |
Fiche UNESCO |
| Le Malhoun est une forme d’expression poétique populaire au Maroc. Les vers sont chantés en arabe dialectal et parfois en hébreu. Ils sont accompagnés de musique jouée sur des instruments traditionnels, notamment le luth, le violon, le rebab et de petits tambours. Parmi les motifs populaires, on trouve l’amour, les joies de la vie, la beauté des gens, la nature, les prières et les supplications religieuses, le plaisir et la fête, la gastronomie, les voyages imaginaires, les événements politiques et les questions sociales. Les poèmes véhiculent également des messages moraux et encouragent un discours constructif. Alliant chant, théâtre, métaphore et symbolisme dans un langage accessible et une ambiance festive, le Malhoun réunit tous les Marocains, quelle que soit leur religion. Jadis, la pratique se transmettait de manière informelle, par un apprentissage auprès de chanteurs, de musiciens, de transcripteurs, de paroliers et d’artisans fabriquant les instruments et les costumes traditionnels. Aujourd’hui, elle est également transmise par le biais d’organisations et de conservatoires de musique, ainsi que par des publications contenant des textes traditionnels. Apprécié et interprété par des personnes de tous les sexes, le Malhoun a eu un impact considérable sur la culture et la mémoire collective marocaines pendant des siècles. Il est jouée dans de nombreux espaces, des rassemblements familiaux aux grandes salles de spectacle, en passant par les festivals de Malhoun. Art collectif, il favorise la cohésion sociale et la créativité tout en offrant un témoignage historique sur les questions sociales à travers les siècles. | |||
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2024 | pratiques sociales, rituels et événements festifs
savoir-faire liés à l'artisanat traditionnel |
Fiche UNESCO |
| Le henné est un arbre à feuilles caduques qui pousse dans les régions chaudes. Considérées comme sacrées par les communautés d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, ses feuilles sont récoltées deux fois par an, mises à sécher, puis broyées pour être transformées en pâte. Les ingrédients spécifiques et les techniques utilisées pour la préparation de cette pâte varient selon l’utilisation prévue et le pays. La pâte de henné est couramment utilisée par les femmes à des fins esthétiques, notamment pour teindre les cheveux et le bout des doigts ou pour décorer les mains et les pieds. Symbole de joie, il est utilisé dans la vie quotidienne et lors d’occasions festives telles que les naissances et les mariages. Les branches, les feuilles et la pâte de henné sont également utilisées dans l’artisanat et à des fins médicinales, notamment pour le traitement de certaines maladies de la peau. Son utilisation est souvent accompagnée de manifestations orales telles que des chants, des chansons, des proverbes et des poèmes, et est liée à des règles et des traditions sociétales vieilles de plusieurs siècles. Celles-ci comprennent le savoir-faire associé à la culture et à l’entretien de l’arbre à henné, ainsi qu’à la préparation et à l’application de la pâte. Les familles et les communautés transmettent les traditions par l’observation et la pratique. Aujourd’hui, les organisations, les centres de beauté, les universités et les médias contribuent également à leur transmission. Composante essentielle des événements traditionnels, les rituels de henné renforcent les liens sociaux et favorisent la communication. | |||
| Le Caftan marocain : art, traditions et savoir-faire. |
2025 | savoir-faire liés à l'artisanat traditionnel | Fiche UNESCO |
| Le caftan est une longue tunique , portée par des personnes de tous les âges et de tous les genres lors d’occasions spéciales et de célébrations. Il se décline en différents styles et tissus, et peut être porté avec ou sans ceinture décorative. Issu des cultures diverses, ce vêtement traditionnel est connu pour son ouverture centrale, ses boutons et ses riches décorations faites à la main, souvent composées de broderies, de perles et de paillettes. Le caftan est porté lors d’événements sociaux et religieux importants tels que les mariages, les baptêmes, les rituels de passage à l’âge adulte et les festivals.
La fabrication du caftan fait appel à des artisans qualifiés, notamment des tisserands, qui produisent les tissus (brocart, velours et soie), des tailleurs, qui façonnent les vêtements, ainsi que des artisans, qui créent les boutons, les galons et les broderies. Les connaissances et le savoir-faire associés sont transmis de manière informelle, à la fois au sein des familles et par le biais de l’apprentissage dans les ateliers, ainsi que par l’éducation formelle dans les centres de formation et les écoles de mode. Élément significatif de la vie des communautés et du patrimoine commun, le caftan est un marqueur de statut social et d’appartenance. C’est aussi une source de revenus pour les nombreuses personnes impliquées dans sa production et sa vente.
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Registre des meilleures pratiques de sauvegarde
[modifier]Le Maroc n'a pas de pratique inscrite au registre des meilleures pratiques de sauvegarde.
Liste de sauvegarde d'urgence
[modifier]| Pratique | Année | Domaine | Illustration |
|---|---|---|---|
| La Taskiwin, danse martiale du Haut-Atlas occidental | 2017 | * arts du spectacle * pratiques sociales, rituels et événements festifs * savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel * traditions et expressions orales |
Fiche UNESCO |
| La Taskiwin est une danse martiale typique des montagnes du Haut-Atlas occidental au centre du Maroc. Elle tire son nom de la corne à poudre richement décorée que porte chaque danseur, le Tiskt. Elle consiste à faire vibrer les épaules au rythme des tambourins et des flûtes. Cette pratique encourage la cohésion sociale et l’harmonie et représente un important mode de socialisation pour les jeunes. La transmission aux jeunes générations s’effectue le plus souvent de façon informelle, par un apprentissage direct. Toutefois, pour plusieurs raisons, la danse est désormais circonscrite à un nombre réduit de villages et est menacée de disparition. La mondialisation menace de la faire tomber dans l’oubli, comme en témoigne le désintérêt croissant des jeunes envers le patrimoine traditionnel, au profit des pratiques artistiques modernes. Plusieurs communautés ne pratiquent plus la danse et les amateurs et détenteurs qui restent n’arrivent pas à trouver d’apprentis à qui transmettre leur savoir-faire. L’artisanat relatif aux instruments et aux accessoires est également sur le déclin. Néanmoins, au cours des deux dernières décennies, la nécessité d’assurer la viabilité de la Taskiwin a fait l’objet d’une prise de conscience collective dans certaines communautés. Ainsi, la première association dédiée à cette pratique a été créée dans la région en 1993. Cette initiative a été suivie par plusieurs autres villages et plusieurs associations locales sont en cours de création. | |||