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Patrimoine culturel immatériel en Algérie

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Cet article recense les pratiques inscrites au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO en Algérie.

Comprendre[modifier]

Le pays compte six pratiques reprises sur la « liste représentative du patrimoine culturel immatériel » de l'UNESCO et une pratique reprise sur la « liste de sauvegarde d'urgence ».

Aucune pratique supplémentaire n'est reprise que se soit dans le « registre des meilleures pratiques de sauvegarde de la culture ».

Listes[modifier]

Liste représentative[modifier]

Pratique Année Domaine Description Illustration
L’Ahellil du Gourara 2008 * arts du spectacle
* connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers
* traditions et expressions orales
Genre musical et poétique, emblématique des Zénètes du Gourara, il est pratiqué lors de cérémonies collectives principalement dans la partie berbérophone de la région du Gourara lors de fêtes religieuses et de pèlerinages, mais aussi à l’occasion de réjouissances profanes telles que mariages et foires locales. Il est étroitement lié au mode de vie des Zénètes et à l’agriculture oasienne. Ahellil du Gourara.png


1 Les rites et les savoir-faire artisanaux associés à la tradition du costume nuptial de Tlemcen 2012 * pratiques sociales, rituels et événements festifs
* savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel
Tenue traditionnelle considérée à Tlemcen, comme le plus cher et le plus bel habit que porte la mariée le jour de ses noces, mais également les autres femmes lors des mariages. Cet habit est porté par les mariées avec d'autres bijoux comme les perles de culture djouhar, les colliers suspendus meskia, el-kholkhal qui se met autour de la cheville, en plus des bracelets alors que la tête est coiffée d'une chéchia conique brodée de fils d'or sur laquelle est noué le mendil de mensoudj, genre de foulard ou sont posés les zerrouf (couronne), djébin (sorte de perles) et autres ornements. Costume tlemcénien.jpg


2 Le pèlerinage annuel au mausolée de Sidi ‘Abd el-Qader Ben Mohammed dit « Sidi Cheikh » 2013 * traditions et expressions orales
* pratiques sociales, rituels et événements festifs
* savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel
Le pèlerinage se déroule durant trois jours et commence le dernier jeudi de juin. Le prochain se déroulera le jeudi 25 juin 2020.

Chaque année, les communautés soufies nomades et sédentaires effectuent un pèlerinage au mausolée du mystique musulman Sidi ‘Abd el-Qader Ben Mohammed dit « Sidi Cheikh », enterré à El Abiodh Sidi Cheikh. À partir du dernier jeudi de juin, trois jours de rituels religieux et de manifestations profanes festives rendent hommage au fondateur de la confrérie. Le pèlerinage renouvelle les liens et les alliances au sein de la confrérie soufie et assure la paix et la stabilité entre les communautés. Il a également contribué au récent essor du soufisme ainsi qu’à la promotion de valeurs communautaires telles que l’hospitalité et de pratiques collectives telles que les hymnes à Sidi Cheikh, les récitations du Coran, les danses et les chants profanes. Les rituels commencent par une récitation en chœur du Coran suivie, à l’aube, d’une cérémonie consistant à renouveler l’affiliation des communautés à la confrérie soufie. Les festivités profanes comprennent des jeux d’escrime, des compétitions équestres et des danses qui mobilisent plus de 300 cavaliers venant des différentes communautés. Les connaissances spirituelles s’apprennent et se transmettent dans les familles, tandis que les maîtres soufis enseignent les principaux rituels et prières soufis aux initiés à travers un apprentissage formel. Les danses et jeux profanes des hommes et des femmes s’enseignent dans des associations ou sont transmis par la pratique.

Tombe de Sidi Cheikh ضريح سيدي الشيخ.jpg


Les pratiques et savoirs liés à l’imzad des communautés touarègues de l’Algérie, du Mali et du Niger
Note

l’Algérie partage cette pratique avec le Mali et le Niger.

2013 * traditions et expressions orales
* arts du spectacle
* pratiques sociales, rituels et événements festifs
* savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel
La musique de l’imzad, caractéristique des populations touarègues, est jouée par les femmes avec un instrument à corde unique frottée, également connu sous le nom d’imzad. La musicienne place l’instrument sur ses genoux et joue en position assise au moyen d’un archet en bois arqué. Alliant musique et poésie, la musique de l’imzad est fréquemment jouée lors des cérémonies dans les campements touarègues. L’instrument fournit l’accompagnement mélodique des chants poétiques ou populaires glorifiant les aventures et les exploits des héros du passé, qui sont souvent chantés par les hommes et auxquels hommes et femmes participent en émettant des cris modulés ou aigus. La musique revêt également une fonction thérapeutique car elle est jouée pour chasser les mauvais esprits et atténuer les souffrances des malades. Le son de l’imzad reflète les sentiments et les états d’âme de l’interprète, et toute difficulté d’exécution au cours d’une interprétation est considérée comme un signe de malheur. Les femmes fabriquent l’instrument à partir d’une demi-calebasse séchée et évidée. Celle-ci est tendue d’une peau du côté ouvert, percée de deux ouïes en forme de rosace et munie d’un chevalet en bois en forme de V. Le savoir musical de l’imzad est transmis oralement selon des méthodes traditionnelles qui favorisent l’observation et l’assimilation. COLLECTIE TROPENMUSEUM Langhalsluit met 1 snaar TMnr 2760-74.jpg


3 Le rituel et les cérémonies de la Sebeïba dans l'oasis de Djanet, Algérie 2014 * traditions et expressions orales
* pratiques sociales, rituels et événements festifs
* savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel
Le rituel et les cérémonies de la Sebeïba sont pratiqués sur dix jours par deux communautés vivant à Djanet au cours du premier mois du calendrier lunaire musulman. Des danseurs et des chanteuses s’affrontent pour avoir le droit de représenter leur communauté lors d’une compétition sur neuf jours appelée « Timoulawine ». Les vainqueurs participent le lendemain au rituel et aux cérémonies de la Sebeïba. Les danseurs, en tenue guerrière, et les chanteuses se rendent dans un lieu appelé « loghya » pour pratiquer le rituel. Une fois arrivés, les danseurs forment un cercle rituel en faisant cliqueter leurs épées en continu tandis que les femmes chantent des chants traditionnels au rythme des tambourins. À la fin de la journée, les participants se dispersent. Les connaissances liées au rituel et aux cérémonies sont transmises directement des anciens aux jeunes. Les artisans locaux fabriquent et réparent les tenues, les armes, les bijoux et les instruments de musique nécessaires au rituel et aux cérémonies. Le rituel et les cérémonies de la Sebeïba sont un marqueur important de l’identité culturelle des Touaregs qui vivent dans le Sahara algérien. Ils permettent de renforcer la cohésion sociale et de conjurer symboliquement les éventuels actes de violence entre les communautés rivales en simulant et en transposant cette violence dans le domaine de la compétition artistique. Sebiba Touareg Exhibition, Djanet (Algérie).jpg


4 Le sbuâ, pèlerinage annuel à la zawiya Sidi El Hadj Belkacem, Gourara 2015 * traditions et expressions orales
* pratiques sociales, rituels et événements festifs
* savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel
Chaque année, les pèlerins des communautés zénètes, dans le sud-ouest du Sahara algérien, visitent les mausolées des saints pour commémorer la naissance du prophète Mahomet. Le sbuâ est un pèlerinage qui s’étale sur une semaine et comporte des pratiques culturelles festives liées à des activités de groupe, comme des visites et des célébrations accompagnées de chants et de danses. Les pèlerins terminent leur voyage le septième jour sur une place à l’extérieur d’une zawiya (institution communautaire) située au centre de Gourara, qui abrite le mausolée de Sidi El Hajd Belkacem. Les différents groupes de pèlerins fusionnent symboliquement autour d’un détenteur portant l’étendard du saint avant de rejoindre ensuite leurs groupes respectifs pour poursuivre le rituel, qui est dirigé par les pèlerins les plus âgés. Les femmes participent aux rassemblements en poussant des youyous et en présidant le rituel dit « de la meule », une semaine avant le début de la cérémonie, au cours duquel elles broient la première poignée de céréales utilisée pour faire le couscous mangé par les pèlerins. Les détenteurs de cette tradition peuvent remonter leur lignée jusqu’aux saints et se décrivent comme des descendants. Les enfants et les jeunes sont impliqués de manière formelle dans les différents aspects (actes, prières et chants), devenant peu à peu eux-mêmes les détenteurs de la connaissance. Compte-tenu de l’ensemble des croyances et des rites à l’œuvre dans le pèlerinage, le sbuâ est considéré par les communautés comme étant une expression de leur histoire et des liens qui les unissent. Alentours de Timimoun. 3.jpg


Registre des meilleures pratiques de sauvegarde[modifier]

L'Algérie n'a pas de pratique inscrite au registre des meilleures pratiques de sauvegarde.

Liste de sauvegarde d'urgence[modifier]

Pratique Année Domaine Description Illustration
Les savoirs et savoir-faire des mesureurs d’eau des foggaras ou aiguadiers du Touat-Tidikelt 2018 * connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers
* savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel
* traditions et expressions orales
L’élément concerne le savoir et les savoir-faire des mesureurs d’eau des foggaras (système d’irrigation), ou aiguadiers, des communautés ksouriennes du Touat et du Tidikelt. Les mesureurs d’eau participent à différentes opérations qui vont du calcul des parts d’eau à la réparation des peignes de répartition des eaux et la conduite de l’eau dans les rigoles. Chaque foggara relie plusieurs catégories d’agents sociaux et de détenteurs de savoirs dont les propriétaires, les travailleurs manuels, les comptables et les mesureurs d’eau. C’est le savoir de ces derniers qui semble menacé. Le mesureur d’eau est un personnage essentiel de la vie des ksour sahariens car il gère un domaine vital dont dépend la survie de tous. Il a un rôle à la fois intellectuel et manuel et peut être appelé à tout moment par la communauté. Actuellement, un manque de communication entre les jeunes et leurs ainés est observé. En outre, plusieurs facteurs ont modifié le bon fonctionnement des foggaras, notamment des transformations initiées par le pouvoir central dans les rapports de propriété, les effets de l’urbanisation et de la modernisation et une absence de prise en considération des mesures à mettre en œuvre pour assurer la transmission du savoir. La disparition de l’activité des mesureurs d’eau est illustrée par leur âge avancé qui met en évidence une absence de renouvellement des praticiens. Foggara 02.jpg



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