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Patrimoine culturel immatériel en Corée du Sud

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Cet article recense les pratiques inscrites au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO en Corée du Sud.

Comprendre[modifier]

Le pays compte 18 pratiques reprisent sur la « liste représentative du patrimoine culturel immatériel » de l'UNESCO.

Aucune pratique n'est reprise que se soit dans le « registre des meilleures pratiques de sauvegarde de la culture » ou sur la « liste de sauvegarde d'urgence »..

Listes[modifier]

Liste représentative[modifier]

Pratique Année Domaine Description Illustration


1 Le festival Danoje de Gangneung Le festival Danoje de Gangneung a lieu tous les ans dans la ville de Gangneung et ses environs, une région de la péninsule coréenne située à l’est des monts Taebaek. Il comprend un rituel chamaniste sur la crête de Daegwallyeong en l’honneur du dieu de la montagne et des dieux et déesses tutélaires. Il mêle musique traditionnelle et chants populaires Odokddegi, théâtre masqué Gwanno, poésie narrative orale et autres divertissements populaires. Le marché de Nanjang, le plus grand marché en plein air de Corée, est aujourd’hui un des principaux éléments du festival : produits et objets d’artisanat locaux y sont vendus et des concours, jeux et numéros de cirque y sont organisés. Ce festival de quatre semaines débute par la préparation de la liqueur sacrée et les rituels chamanistes Dano dans lesquels un arbre sacré, le sinmok, ainsi qu’un objet rituel fait de plumes, de cloches et de bambou, le hwagae, jouent un rôle central. L’une des particularités du festival est la coexistence de rituels confucéens, chamanistes et bouddhistes. La croyance veut que ces rituels dédiés aux dieux protègent la région des catastrophes naturelles, permettant ainsi à ses habitants de vivre dans la paix et la prospérité. Chaque année, de nombreux visiteurs assistent aux cérémonies rituelles et prennent part aux diverses activités telles la confection des éventails Danoje, la fabrication de la liqueur sacrée, la réalisation de masques pour le théâtre Gwanno, la préparation et la dégustation des surichiwi (galettes de riz) ou le lavage des cheveux à l’eau d’iris. Le festival Danoje de Gangneung jouit d’une grande popularité. Toutefois, la standardisation culturelle et la couverture croissante de l’événement par les médias ont entraîné la disparition de certains éléments du festival. Dans son contexte traditionnel, il avait notamment pour fonction de transcender les différences sociales en permettant aux gens de toutes classes de participer. Korea-Andong-Dano Festival-Seesawing-01.jpg


Les chants épiques Pansori Le pansori est une forme d’art dramatique musical exécutée par un chanteur accompagné d’un tambour. Cette tradition populaire, qui se distingue par son chant expressif, son discours stylisé, son répertoire de récits et sa gestuelle, embrasse à la fois la culture des élites et celle du peuple. Accompagné d’un seul tambour, le chanteur (homme ou femme) improvise, parfois huit heures durant, sur des textes mêlant expressions littéraires érudites et dialecte rural. Le terme pansori vient des mots coréens pan qui signifie « endroit où les gens se rassemblent » et sori, « chant ». Le pansori apparaît au dix-septième siècle dans le sud-ouest de la Corée, probablement comme une nouvelle expression des chants narratifs des chamans. Tradition orale perpétuée par le peuple jusqu’à la fin du dix-neuvième siècle, il s’enrichit ensuite d’un contenu littéraire plus sophistiqué, gagnant ainsi les faveurs des élites urbaines. Les actions, les personnages et les situations mis en scène plongent leurs racines dans la Corée de la dynastie de Chosen (1392-1910). Pour acquérir la maîtrise des nombreux timbres vocaux et mémoriser le répertoire complexe, les chanteurs doivent se soumettre à un long et rigoureux entraînement. De nombreux virtuoses ont élaboré leur propre style d’interprétation et sont renommés pour leur manière particulière de déclamer certains épisodes. Menacé de disparition dans le contexte de modernisation accélérée que connaît la Corée, le pansori a été proclamé « Bien culturel immatériel national » en 1964. Cette mesure a suscité un soutien institutionnel généreux qui a permis le renouveau de la tradition. Si le pansori reste l’un des genres préférés parmi les arts traditionnels du spectacle, il a perdu beaucoup de son caractère spontané originel. Comble de l’ironie, cette évolution récente est la conséquence directe des efforts de conservation, l’improvisation tendant à être reléguée au second plan avec l’essor du répertoire écrit. En fait, peu de chanteurs sont encore capables d’improviser et le public est moins sensible à la créativité spontanée et à la langue du pansori traditionnel. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


2 Le rituel royal ancestral du sanctuaire de Jongmyo et sa musique Le sanctuaire de Jongmyo, à Séoul, est le théâtre d’un rituel confucéen dédié aux ancêtres de la dynastie Joseon (du XIVe au XIXe siècle) associant chant, danse et musique. Organisé par les descendants de la famille royale, il est pratiqué une fois par an, le premier dimanche de mai. Il offre un exemple unique de rituel confucéen qui n’est plus célébré en Chine. Il s’inspire de textes classiques chinois sur le culte des ancêtres et la notion de piété filiale. Le rituel comprend également une prière pour la paix éternelle des âmes des ancêtres dans un sanctuaire construit pour leur servir de demeure spirituelle. L’ordre de la cérémonie, fixé au quinzième siècle, est resté pour l’essentiel inchangé jusqu’à aujourd’hui. Pendant le rite, les officiants, vêtus du costume rituel et la tête ornée d’une couronne pour le roi et de diadèmes pour les autres, font des offrandes de nourriture et de vin dans des coupes rituelles. La musique, le Jongmyo Jerye, est interprétée avec des instruments traditionnels tels que gongs, cloches, luths, cithares et flûtes. La danse, exécutée par 64 danseurs sur 8 rangs, présente une alternance des forces Yin et Yang, conforme aux textes confucéens. La danse Munmu, sur la musique Botaepyong harmonieuse et apaisante, débute toujours par un pas vers la gauche, symbolisant la force du Yang. La danse Mumu, accompagnée par la musique Jeongdaeeop, représente la force du Yin et commence par un mouvement vers la droite. Aujourd’hui, ces rites ancestraux sont souvent considérés comme des cérémonies formelles vides de sens, en particulier avec l’importance accrue du christianisme. Toutefois le rituel et sa musique sont protégés par la Liste nationale du patrimoine immatériel et la loi de 1982 pour la protection des biens culturels. Jongmyo3.jpg


Le Cheoyongmu Le Cheoyongmu est une danse de cour exécutée aujourd’hui sur scène, mais autrefois utilisée pour chasser les mauvais esprits et assurer la tranquillité lors des banquets royaux ou lors des rites d’exorcisme pratiqués la veille du Nouvel an pour attirer la chance. Inspirée de la légende coréenne de Cheoyong, fils du roi dragon Yongwang qui avait pris une forme humaine et qui parvint en chantant et en dansant à éloigner de sa femme l’esprit de la variole, la danse est exécutée par cinq hommes vêtus de blanc, de bleu, de noir, de rouge et de jaune pour symboliser les quatre directions cardinales et le centre. Ils portent le masque lie-de-vin aux dents blanches de l’homme-dieu, des boucles d’oreilles en étain et un collier en plomb, un chapeau noir orné de deux bouquets de pivoines et de sept pêches pour chasser le mal et attirer l’énergie positive. Les danseurs évoluent avec majesté et force, selon différents styles et tempos de musique ponctués de divers chants lyriques. Le Cheoyongmu, qui s’inscrit dans une mythologie populaire articulée autour du personnage de Cheoyong, notamment la croyance que son image gravée sur la porte d’entrée de la maison éloigne la variole et autres maladies, intègre également la philosophie du confucianisme, en particulier la théorie des cinq éléments. La fabrication des masques de Cheoyong est également une possibilité intéressante d’artisanat traditionnel. Cheoyongmu-1.jpg


Le Ganggangsullae Le Ganggangsullae est un rite saisonnier de récolte et de fertilité, très populaire dans le sud-ouest de la République de Corée. Il est exécuté principalement le jour d’Action de grâce coréen, au cours du huitième mois lunaire. À la lueur de la pleine lune, des douzaines de jeunes villageoises non mariées forment un cercle en se donnant la main et chantent et dansent toute la nuit sous la direction d’un chef de file. Pendant les intermèdes, les femmes miment des scènes de la vie à la ferme ou dans un village de pêcheurs comme, par exemple, marcher sur les tuiles du toit, dérouler un tapis, attraper une souris ou attacher des harengs. La danse tire son nom du refrain repris après chaque couplet, bien que l’on ne connaisse pas la signification exacte du mot. Autrefois rare dérogation aux règles restrictives régissant le comportement des jeunes femmes en milieu rural, lesquelles n’avaient pas le droit de chanter tout haut ni de sortir la nuit sauf le jour de la célébration de « Chuseok », ce rituel est aujourd’hui préservé principalement par des citadines d’âge mûr et enseigné dans le cadre du programme de musique des écoles élémentaires. Pratiqué de nos jours comme un art du spectacle dans toute la Corée, il peut être considéré comme représentatif de l’art populaire coréen. C’est une coutume héréditaire importante issue de la culture du riz, qui faisait partie intégrante de la vie quotidienne dans les campagnes. Les airs et les mouvements, d’exécution simple, sont faciles à apprendre pour cette pratique communautaire qui contribue à l’harmonie, à l’égalité et à l’amitié entre les exécutantes. KOCIS Korea Namsan Ganggangsulae 09 (9771197415).jpg


Le rite Yeongdeunggut de Chilmeoridang à Cheju Le rite Yeongdeunggut de Chilmeoridang à Cheju se déroule pendant le deuxième mois lunaire pour demander aux dieux d’éloigner les tempêtes, d’accorder de bonnes récoltes et des prises de poissons abondantes. Les rituels qui se déroulent à Chilmeoridang dans le village de, Gun-rip sont représentatif de cérémonies similaires organisées un peu partout sur l’île de Cheju, en République de Corée. Les chamans du village accomplissent une série de rites en l’honneur de la déesse des vents (grand-mère Yeondeung), du roi dragon Yongwang et des dieux de la montagne. Le rite de salutation de Yeondeung inclut une cérémonie pour invoquer les dieux, des prières pour que la pêche soit bonne et une pièce en trois actes pour divertir les dieux ancestraux ; le rite d’adieu à Yeondeung, deux semaines plus tard, comprend des offrandes de boisson et de gâteaux à base de farine de riz, une cérémonie pour saluer le roi dragon, des exercices de divination en utilisant des graines de millet et le lancement dans la mer d’un bateau en paille par les anciens du village. Quand la déesse s’en va le quinzième jour, marquant l’arrivée du printemps, elle sème des graines et calme les eaux agitées. Outre les chamans, le rite Yeongdeunggut est essentiellement soutenu par les plongeuses et les propriétaires de bateaux qui préparent les aliments et offrent les sacrifices. À la fois rite saisonnier et festival culturel, ce rituel est une incarnation spécifique de l’identité de Cheju et l’expression du respect des villageois pour la mer dont ils dépendent pour leur subsistance. Korea-culture-gut-jeju.folk.nature.museum.jpg


Le Yeongsanjae Élément central de la culture bouddhiste coréenne, le Yeongsanjae commémore la transmission du Sûtra du Lotus par Bouddha sur le pic du Vautour, en Inde, qui contient les messages philosophiques et spirituels du bouddhisme et développe l’autodiscipline chez ses adeptes. Le Yeongsanjae débute par l’accueil rituel de tous les saints et esprits qui peuplent la terre et les cieux et il s’achève par un rituel d’adieu illustrant les règles du royaume de Bouddha dans l’au-delà, avec des chants, des ornements solennels et diverses danses rituelles, comme la danse des cymbales, la danse du tambour et la danse de l’habit de cérémonie. Les autres temps forts de la cérémonie sont la purification rituelle, la cérémonie accompagnant le service du thé, le repas de riz offert à Bouddha et aux Bodhisattvas, le sermon invitant l’assemblée à trouver la porte de la vérité et le repas rituel à la louange des morts entrés dans le royaume céleste. Principalement préservé par l’ordre Taego du bouddhisme coréen basé à Séoul, le Yeongsanjae est célébré dans les temples de toute la République de Corée pour aider tous les hommes à entrer dans le monde de la vérité grâce au culte et à la ferveur manifestés au Bouddha, à ses préceptes et à ses moines. La cérémonie joue un rôle important dans la transmission de valeurs et de formes d’expression artistiques, et contribue à la méditation, à la formation et à l’éveil. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


Le Namsadang Nori Le Namsadang Nori, littéralement « théâtre de clowns itinérants masculins », désigne un spectacle folklorique traditionnel à multiples facettes, qui, à l’origine, était couramment présenté par des artistes ambulants et que des troupes professionnelles, en République de Corée, continuent de faire vivre aujourd’hui. Le spectacle comprend six volets : un volet de « musique de paysans » qui met en avant le son percutant des gongs en métal et des tambours tendus de peaux d’animaux ; une danse masquée avec quatre scènes comiques où sont imités des membres de différentes classes sociales ; un numéro de funambule où un acrobate en équilibre sur une corde raide échange des mots d’esprit avec un clown resté au sol ; un spectacle de marionnettes comportant sept scènes exécutées par plus de cinquante marionnettes, accompagnées par un narrateur et des musiciens ; des exercices acrobatiques où sont exécutés des exploits physiques au sol sur fond de dialogues comiques et de musique ; et une démonstration complexe de filage sur un cerceau avec une canne en bois pour clore le spectacle. Destiné à divertir un public de milieu rural rassemblé autour de scènes montées en plein air, le Namsadang Nori a comme autre fonction de transmettre un message social important. Les numéros de danse masquée et de marionnettes en particulier étaient une manière de décrire l’oppression des classes inférieures et des femmes dans une société dominée par les hommes. Usant de la forme satirique, ces spectacles permettaient de soulever des problèmes au nom d’individus privés de moyen d’expression politique et de faire connaître les idéaux d’égalité et de liberté, source de soutien et d’encouragement pour les pauvres. KOCIS Namsadang (6095541967).jpg


Le Daemokjang, architecture traditionnelle en bois connaissances et savoir-faire

savoir-faire lié à l’artisanat traditionnel

Le terme « Daemokjang » désigne globalement l’architecture coréenne traditionnelle en bois et en particulier les artisans qui utilisent les techniques traditionnelles de travail du bois. Les activités de ces praticiens couvrent également l’entretien, la réparation et la reconstruction de bâtiments historiques, allant des maisons coréennes traditionnelles aux palais et temples monumentaux en bois. Les Daemokjang prennent en charge la totalité du processus de construction, y compris la planification, les plans et la construction des édifices, ainsi que la supervision des artisans placés sous leurs ordres. Les structures en bois créées par les Daemokjang se caractérisent par la douceur de leurs lignes, leur simplicité et leur absence d’ornementation – traits distinctifs de l’architecture coréenne traditionnelle. Les méthodes de construction traditionnelles exigent des compétences techniques pour élaborer les plans de l’édifice en tenant compte de sa taille, de son emplacement et de sa fonction, mais aussi un sens esthétique pour le choix du bois qui servira de matériau de construction, la coupe et la taille du bois, l’assemblage et le verrouillage des différentes pièces de bois sans clous, selon la fameuse technique qui leur permet « de résister un millier d’années ». Le savoir-faire des Daemokjang a été transmis de génération en génération ; sa maîtrise exige des décennies de formation et d’expérience. En s’occupant de restaurer des édifices monumentaux en employant les techniques traditionnelles, les Daemokjang réinterprètent la beauté de l’architecture traditionnelle grâce à leur créativité artistique et la recréent grâce à leur savoir-faire technique. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


Le tissage du Mosi (ramie fine) dans la région de Hansan artisanat traditionnel Le Mosi, ramie fine, est tissé par des femmes d’âge mûr dans la ville de Hansan, province du Chungcheong du Sud, en République de Corée. La région bénéficie d’une terre fertile et de vents marins favorables au développement de la ramie. Le tissage de la toile de ramie comprend plusieurs étapes : il faut notamment récolter les plantes, les faire bouillir et les blanchir, puis filer la fibre et la tisser sur un métier traditionnel. Le tissu en ramie, particulièrement confortable en été quand il fait chaud, est utilisé pour confectionner divers vêtements, tels que costumes de cérémonie et uniformes militaires ou tenues de deuil. La blancheur de la ramie blanchie, ainsi que son raffinement et sa finesse en font le tissu idéal pour les vêtements chics comme pour ceux de l’homme ordinaire. Le tissage du Mosi est traditionnellement une entreprise familiale dirigée par les femmes où les mères transmettent les techniques et leur expérience à leurs filles ou belles-filles. La tradition entretient également les liens entre les membres de la communauté, les voisins se réunissant et travaillant dans un quartier spécifique de la ville. Actuellement, environ 500 personnes de la province sont engagées dans les diverses activités du tissage de la ramie. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


Le Taekkyeon, un art martial traditionnel coréen arts du spectacle

connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers

Le Taekkyeon est un art martial traditionnel coréen basé sur des mouvements rythmiques fluides, proches de la danse, qui permettent de frapper ou de faire tomber l’adversaire. Les mouvements gracieux d’un praticien chevronné du Taekkyeon sont doux et circulaires, plutôt que droits et raides, mais peuvent faire preuve d’une grande souplesse et d’une force considérable. Les pieds jouent un rôle aussi important que les mains. En dépit de l’impression de douceur qu’il produit, le Taekkyeon est un art martial efficace qui propose une grande variété d’attaques et de parades employant toutes les méthodes de combat possible. Il enseigne également la considération : un praticien doué peut rapidement dominer un adversaire, mais un vrai maître sait comment décourager un adversaire sans lui faire de mal. Élément relevant de traditions agricoles saisonnières, le Taekkyeon sert à faciliter l’intégration à la communauté et, en tant que sport accessible à tous, joue un rôle majeur dans la promotion de la santé publique. Le Taekkyeon est en outre une pratique quotidienne pour un grand nombre de personnes. On dénombre actuellement une cinquantaine de praticiens reconnus et l’Association coréenne du Taekkyeon joue un rôle important dans la transmission et la promotion de cet art martial traditionnel. Korean martial art-Taekkyeon-01.jpg


Le Jultagi, marche sur corde raide arts du spectacle La marche sur une corde raide est une forme de divertissement très répandue axée dans la plupart des pays sur les seuls dons acrobatiques. L’art traditionnel coréen du Jultagi se distingue en ce qu’il se double d’un accompagnement musical et d’un dialogue entre le funambule et un clown resté au sol. Le Jultagi est exécuté en extérieur. Le funambule exécute diverses prouesses acrobatiques sur la corde, avec force plaisanteries, imitations, chants et danses, tandis qu’un clown se livre à des plaisanteries et qu’un groupe de musiciens joue de la musique pour accompagner le tout. Le funambule commence par des figures simples qui deviennent progressivement plus acrobatiques et plus difficiles, déployant une quarantaine de techniques au cours d’une démonstration qui peut durer plusieurs heures. De nos jours, les funambules sont souvent invités aux fêtes locales organisées un peu partout dans le pays, en particulier au printemps et en automne. Actuellement en Corée, la transmission de l’art de marcher sur une corde raide est assurée principalement par l’Association pour la sauvegarde du Jultagi de Gyeonggi-do. Il y a deux types de formation : l’apprentissage auprès de maîtres qui forment les praticiens et prennent des élèves, et l’éducation publique qui prend diverses formes telles que la formation théorique, des cours pratiques et des camps d’été. Korean Folk Village-Jultagi-Tightrope walking-01.jpg


L’Arirang, chant lyrique traditionnel en République de Corée traditions et expressions orales, y compris la langue comme vecteur du patrimoine culturel immatériel

arts du spectacle

L’Arirang est une forme de chant coréen populaire et le fruit de contributions collectives de Coréens ordinaires au fil des générations. C’est essentiellement une simple chanson, composée du refrain « Arirang, arirang, arariyo » et deux simples couplets qui diffèrent d’une région à l’autre. En abordant divers thèmes universels, cette simple composition musicale et littéraire invite à l’improvisation, l’imitation et au chant à l’unisson, ce qui facilite son acceptation au sein de différents genres musicaux. Les experts estiment le nombre total de chants traditionnels portant le titre « Arirang » à quelque 3 600 variantes qui appartiennent à une soixantaine de versions. Une grande vertu de l’Arirang est son respect de la créativité humaine, sa liberté d’expression et son empathie. Tout le monde peut créer de nouvelles paroles qui viennent s’ajouter aux variantes régionales, historiques et typologiques du chant, et à la diversité culturelle. L’Arirang est universellement chanté et apprécié de la nation coréenne. En même temps, un ensemble de praticiens des versions régionales, notamment des communautés locales, des groupes privés et des individus, s’efforcent activement d’en favoriser la popularisation et la transmission en mettant en avant les caractéristiques générales et locales des versions individuelles. L’Arirang est aussi un sujet et un motif populaires dans diverses expressions artistiques et les médias, notamment le cinéma, la comédie musicale, le théâtre, la danse et la littérature. C’est un hymne évocateur, doté du pouvoir de favoriser la communication et l’unité du peuple coréen, chez lui comme à l’étranger. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


Le Gagok, cycles de chant lyrique accompagnés d’un orchestre arts du spectacle Le Gagok est un genre de musique vocale traditionnelle coréenne, chantée par les hommes et les femmes avec l’accompagnement d’une petite formation orchestrale ; il constitue, avec plusieurs autres formes de chant, le jeongga ou « bon chant ». Autrefois associé à la haute société, le Gagok est aujourd’hui une musique très populaire dans tout le pays. Il comprend vingt-six namchang, ou chants pour les hommes, et quinze yeochang, ou chants pour les femmes. Les namchang se caractérisent par leurs voix puissantes, profondes et sonores, tandis que les yeochang se distinguent par leurs voix aiguës et fluettes. Les chants du Gagok sont composés dans une tonalité soit solennelle et paisible, soit mélancolique, sur un rythme à 10 ou à 16 temps. Les instruments traditionnels de l’orchestre sont notamment le geomungo (cithare à six cordes), le daegeum (flûte traversière en bambou), le gayageum (cithare à douze cordes) et le piri (petit instrument à vent à anche double). Les chants du Gagok sont tenus en haute estime en raison de leur lyrisme, de leur harmonie, de leurs mélodies raffinées et de leur composition musicale recherchée. Il faut beaucoup de temps et d’efforts pour acquérir la maîtrise de ce chant et les concerts requièrent un investissement personnel et un contrôle considérable. Le Gagok est préservé et transmis dans des centres locaux de formation au patrimoine par les praticiens, leurs communautés et des associations spécialisées. Le Gagok a joué un rôle important dans la formation de l’identité coréenne. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


La fauconnerie, un patrimoine humain vivant
Note

La Corée du Sud partage cette pratique avec l'Allemagne, l'Arabie saoudite, l'Autriche, la Belgique, les Émirats arabes unis, l'Espagne, la France, la Hongrie, l'Italie, le Kazakhstan, le Maroc, la Mongolie, le Pakistan, le Portugal, le Qatar, la Syrie et la Tchéquie.

pratiques sociales, rituels et événements festifs La fauconnerie est l'activité traditionnelle qui consiste à conserver et dresser des faucons et autres rapaces pour attraper du gibier dans son environnement naturel. Utilisée à l'origine comme moyen de se procurer de la nourriture, la fauconnerie s'identifie aujourd’hui à l'esprit de camaraderie et de partage plus qu’à la subsistance. On la trouve principalement le long des itinéraires et corridors de migration et elle est pratiquée par des amateurs et des professionnels de tous âges, hommes ou femmes. Les fauconniers développent une relation forte et un lien spirituel avec leurs oiseaux ; une forte implication est nécessaire pour élever, former, dresser et faire voler les faucons. La fauconnerie se transmet en tant que tradition culturelle par des moyens aussi variés que le mentorat, l’apprentissage au sein de la famille ou la formation plus formelle dans des clubs. Dans les pays chauds, les fauconniers emmènent leurs enfants dans le désert et leur apprennent à maîtriser l'oiseau et à établir une relation de confiance avec lui. Si les fauconniers sont d’origines très diverses, ils partagent des valeurs, des traditions et des pratiques communes notamment les méthodes d’entraînement des oiseaux et la façon de s’en occuper, l’équipement utilisé et le lien affectif entre le fauconnier et l’oiseau. La fauconnerie est le socle d’un patrimoine culturel plus large, qui inclut des costumes traditionnels, une alimentation, des chants, de la musique, de la poésie et des danses, autant de coutumes entretenues par les communautés et clubs qui la pratiquent. Choensai eishin falconer.jpg


Le nongak, groupes de musique, danse et rituels communautaires de la République de Corée arts du spectacle

pratiques sociales, rituels et événements festifs

Le nongak est un art du spectacle populaire dérivé de rites communautaires et de pratiques paysannes. Il est devenu un art du spectacle représentatif de la Corée, combinant une troupe de percussionnistes (qui jouent aussi parfois d‘instruments à vent), des défilés, des danses, du théâtre et des prouesses acrobatiques. Les artistes, originaires de la région, sont revêtus de costumes colorés ; ils jouent de la musique et dansent lors des événements communautaires à diverses fins : apaiser les dieux, chasser les esprits malfaisants, prier pour obtenir de bonnes récoltes au printemps, célébrer les récoltes lors des festivals d’automne et obtenir des fonds pour des projets communautaires. Il existe cinq styles régionaux distinctifs du nongak, généralement divisés en cinq centres culturels. Au sein de chaque région, il existe des différences d’un village à un autre, notamment au niveau de la composition des groupes, du style, du rythme et des costumes. La danse comprend des groupes chorégraphiques et des danses de rubans. Des acteurs portant des masques et des tenues particulières effectuent des sketchs amusants. Les acrobaties comportent des numéros d’assiettes chinoises et des bouffonneries exécutées par des enfants installés sur les épaules de danseurs adultes. Le public se familiarise avec le nongak en assistant et en participant aux spectacles ; les groupes communautaires et les établissements d’enseignement jouent, quant à eux, un rôle important dans l’enseignement et la transmission de ses différents composants. Le nongak contribue à favoriser la solidarité et la coopération au sein de la communauté et à véhiculer un sentiment d’identité partagée entre les membres de la communauté. Korean music-Nongak-03.jpg


Le kimjang, préparation et partage du kimchi en République de Corée pratiques sociales, rituels et événements festifs

connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers

Kimchi est le nom coréen donné aux légumes conservés, assaisonnés d’épices et de produits de la mer fermentés. Il constitue un élément essentiel du repas coréen pour toutes les classes sociales et dans toutes les régions. La pratique collective du kimjang réaffirme l’identité coréenne et offre une bonne occasion de renforcer la coopération familiale. Le kimjang rappelle aussi à de nombreux Coréens que les communautés humaines doivent vivre en harmonie avec la nature. Sa préparation suit un cycle annuel. Au printemps, les ménages se procurent des crevettes, des anchois et d’autres produits de la mer qu’ils mettent dans la saumure et font fermenter. En été, ils achètent du sel de mer pour la saumure. À la fin de l’été, ils font sécher des piments rouges et les réduisent en poudre. La fin de l’automne correspond à la saison du kimjang, moment où les communautés préparent collectivement de grandes quantités de kimchi et les partagent de façon à ce que chaque foyer ait suffisamment de nourriture pour affronter le long et rigoureux hiver. Les ménagères suivent les prévisions météorologiques afin de déterminer à quelle date la température sera optimale pour préparer le kimchi. Le processus d’échange de kimchi entre les familles est l’occasion de partager et de cumuler des techniques innovantes et de nouvelles idées. Il existe des différences régionales et les méthodes et ingrédients spécifiques employés pour le kimjang sont considérés comme un héritage familial important, transmis le plus souvent par les belles-mères aux belles-filles nouvellement mariées. Gimjang in Gaemi Village, 1 December 2012.jpg


Les rituels et jeux de tir à la corde
Note

la Corée du Sud partage cette pratique avec le Cambodge, les Philippines, le Viet Nam.

pratiques sociales, rituels et événements festifs

connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers

Les rituels et jeux de tir à la corde dans les cultures rizicoles d’Asie de l’Est et du Sud-Est sont pratiqués au sein des communautés pour assurer des récoltes abondantes et la prospérité. Ils favorisent la solidarité sociale, le divertissement et marquent le commencement d’un nouveau cycle agricole. De nombreux rituels et jeux ont aussi une profonde signification religieuse. La plupart des variantes comprennent deux équipes, chacune tenant l’extrémité d’une corde en essayant de la tirer de l’autre côté. La nature intentionnellement non compétitive de l’événement supprime l’accent sur la victoire ou la défaite, affirmant que ces traditions sont exécutées pour promouvoir le bien-être des communautés, et rappelant aux membres l’importance de la coopération. De nombreux jeux de tir à la corde portent les traces des rituels agricoles, symbolisant la force des éléments naturels tels que le soleil et la pluie tout en associant aussi des éléments mythologiques ou des rites de purification. Les rituels et jeux de tir à la corde sont souvent organisés devant la maison communale ou le sanctuaire du village, précédés de rites commémoratifs en hommage aux divinités locales. Les anciens du village jouent un rôle actif dans la conduite et l’organisation des plus jeunes et dans l’exécution des rituels d’accompagnement. Les rituels et jeux de tir à la corde servent également à renforcer l’unité et la solidarité ainsi que le sentiment d’appartenance et d’identité parmi les membres de la communauté. Hoatdongsv4.JPG


Registre des meilleures pratiques de sauvegarde[modifier]

La Corée du Sud n'a pas de pratique inscrite au registre des meilleures pratiques de sauvegarde.

Liste de sauvegarde d'urgence[modifier]

La Corée du Sud n'a pas de pratique inscrite sur la liste de sauvegarde d'urgence.

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