Patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO > Patrimoine culturel immatériel en Colombie

Patrimoine culturel immatériel en Colombie

De Wikivoyage
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Cet article recense les pratiques inscrites au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO en Colombie.

Comprendre[modifier]

Le pays compte huit pratiques reprises sur la « liste représentative du patrimoine culturel immatériel » de l'UNESCO et une pratique sur la « liste de sauvegarde d'urgence ».

Aucune pratique supplémentaire n'est reprise dans le « registre des meilleures pratiques de sauvegarde de la culture ».

Listes[modifier]

Liste représentative[modifier]

Pratique Année Domaine Description Illustration


1 L’espace culturel de Palenque de San Basilio Le village de Palenque de San Basilio, qui compte près de 3 500 habitants, est situé dans les contreforts des Montes de María, au sud-est de Cartagena, la capitale régionale. Palenque de San Basilio est l’un des villages fortifiés appelés palenques fondés au dix-septième siècle par des esclaves fugitifs cherchant refuge. Des nombreux palenques qui existaient jadis, seul San Basilio a survécu jusqu’à nos jours, devenant un espace culturel unique. L’espace culturel de Palenque de San Basilio recouvre des pratiques sociales, médicales et religieuses ainsi que des traditions musicales et orales qui ont pour la plupart des racines africaines. L’organisation sociale de la communauté est fondée sur les réseaux familiaux et sur des groupes d’âges appelés ma kuagro. L’appartenance au kuagro crée entre les membres du groupe un ensemble de droits et de devoirs et se caractérise par une forte solidarité interne. Des tâches quotidiennes et des événements particuliers sont effectués par tous les membres du kuagro. Les rites funéraires et les pratiques médicales complexes témoignent de systèmes spirituels et culturels distinctifs dans lesquels s’inscrivent la vie et la mort. Des expressions musicales comme le Bullernege sentado, Son palenquero ou Son de negro accompagnent les célébrations collectives, telles que les baptêmes, les mariages et les fêtes religieuses, ainsi que les loisirs. La langue palenquero occupe une place centrale dans l’espace culturel de Palenque de San Basilio. C’est la seule langue créole des Amériques à associer une base lexicale espagnole et des caractéristiques grammaticales des langues bantoues. Elle constitue ici un facteur vital de cohésion sociale entre les membres de la communauté. L’espace culturel de Palenque est menacé non seulement par les changements économiques qui touchent les modes locaux de production, mais aussi par le conflit armé entre les forces paramilitaires colombiennes et les groupes de guérillas locaux. Hors de Palenque, les habitants sont souvent victimes de discrimination et de préjugés qui provoquent un rejet de leurs valeurs culturelles. Fiesta Palenque.jpg


2 Le carnaval de Barranquilla Chaque année pendant les quatre jours qui précèdent le carême, le carnaval de Barranquilla offre un répertoire de danses et d’expressions musicales issues des différentes cultures colombiennes. Du fait de sa situation géographique sur la côte caraïbe et de son essor économique pendant la période coloniale, la ville de Barranquilla est devenue l’un des premiers centres de commerce du pays et un lieu de convergence des peuples et cultures amérindiens, européens et africains. Cette fusion de diverses traditions locales transparaît dans de nombreux aspects du carnaval, en particulier les danses (comme le mico y micas originaire des Amériques, le congo africain et le paloteo d’origine espagnole), les genres musicaux (principalement la cumbia et des variantes comme la puya et le porro) et les instruments populaires (tambora et tambours alegre, maracas, claves, etc.). La musique du carnaval est généralement exécutée par des ensembles de tambours ou des groupes d’instruments à vent. La culture matérielle des objets d’artisanat s’exprime avec profusion à travers chars, costumes, coiffes et masques d’animaux. Des groupes de danseurs masqués, d’acteurs, de chanteurs et d’instrumentistes ravissent les foules de leurs démonstrations théâtrales et musicales inspirées d’événements historiques et de l’actualité. La vie politique contemporaine et ses personnalités sont tournées en dérision à travers des chansons et des discours railleurs qui confèrent au carnaval son caractère burlesque. En raison du succès croissant qu’il a connu au vingtième siècle, le carnaval de Barranquilla a pris des allures de manifestation professionnelle, largement couverte par les médias. Si cette évolution n’est pas sans avantages économiques pour de nombreuses familles à faibles revenus, le mercantilisme croissant pourrait en même temps représenter une menace pour les nombreuses expressions traditionnelles. Baile de la Cumbia - Barranquilla.jpg


3 Les processions de la Semaine sainte à Popayán Les processions de la Semaine sainte à Popayán constituent l’une des plus anciennes traditions pratiquées en Colombie depuis l’époque coloniale. Du mardi au samedi précédant Pâques, entre 20 et 23 h , se tient chaque jour une série des processions. Consacrées respectivement à Marie, Jésus, la Croix, la mise au tombeau et la Résurrection, les cinq processions suivent un parcours de deux kilomètres dans le centre-ville. Chaque procession s’articule autour de châsses (pasos), créées et agencées selon des règles complexes. Les châsses sont surplombées de statues en bois richement décorées et ornées de fleurs, datant pour la plupart de la fin du XVIIIe siècle et représentant les événements pascaux. Leur parcours est bordé des deux côtés par les fidèles, portant des cierges allumés et vêtus de tenues dédiées. Les processions ont une qualité artistique (dorures, ébénisterie) et une atmosphère sonore et olfactive (encens) remarquables. Leur préparation, qui dure toute une année, se déroule selon un enseignement transmis aux enfants dès l’âge de cinq ans, et ce de génération en génération. Elles font appel à un vocabulaire et à un savoir-faire spécifiques. Rôles et responsabilités de chacun suivent une répartition précise. Certains habitants de la ville, regroupés en une assemblée générale de protection, sont les membres organisateurs, en collaboration avec les autorités et divers organismes. Les processions, qui attirent de nombreux visiteurs du monde entier, sont un élément majeur contribuant à la cohésion sociale et à l’imaginaire collectif local. Proseción Semana Santa en Popayán..jpg


4 Le carnaval de Negros y Blancos traditions et expressions

arts du spectacle

Pratiques sociales, rituels et événements festifs

Techniques artisanales traditionnelles

Issu de traditions andines et hispaniques locales, le carnaval de Negros y Blancos (carnaval des Noirs et des Blancs) est un grand événement festif qui se déroule chaque année, du 28 décembre au 6 janvier, à San Juan de Pasto, dans le sud-ouest de la Colombie. Les célébrations commencent le 28 par le carnaval de l’eau, qui consiste à asperger d’eau les maisons et les rues pour donner une ambiance festive. Le 31 décembre a lieu le défilé de l’An Vieux, composé d’hommes déguisés en veuves et portant des figures satiriques représentant des personnalités et des événements actuels, tandis que la journée s’achève par le rituel du bûcher où l’on brûle l’année passée. Les deux jours principaux du carnaval sont les deux derniers : à cette occasion, tout le monde, quelle que soit son origine ethnique, s’enduit de maquillage noir le premier jour, puis de talc blanc le jour suivant, afin de symboliser l’égalité et de rassembler tous les citoyens dans une célébration commune de la différence ethnique et culturelle. Le carnaval des Noirs et des Blancs est une période d’intense communion, où les habitations privées se transforment en ateliers collectifs au service de la présentation et de la transmission des savoir-faire liés au carnaval et où des personnes de tous milieux se rencontrent pour échanger sur leur perception de la vie. Le festival est particulièrement important en tant qu’expression du désir mutuel d’un avenir placé sous le signe de la tolérance et du respect. MURGA CARNAVAL2006-1.jpg


Le système normatif Wayuu, appliqué par le Pütchipü’üi (palabrero) Traditions et expressions orales

Coutumes sociales et rituels

La communauté Wayuu est établie dans la péninsule de la Guajira qui s’étend de la Colombie au Venezuela. Son système législatif forme un ensemble de principes, de procédures et de rites qui régulent la conduite sociale et spirituelle de la communauté. Inspiré des principes de réparation et de compensation, le système est appliqué par les autorités morales locales, les Pütchipü’üi ou palabreros (orateurs), qui sont expertes dans le règlement des conflits et des désaccords entre les clans matrilinéaires locaux. Quand se pose un problème, l’intervention du Pütchipü’üi est sollicitée par les deux parties en conflit, l’offenseur et l’offensé. Après avoir analysé la situation, le Pütchipü’üi informe les autorités concernées de son intention de résoudre le conflit de manière pacifique. Si la parole – Pütchikalü – est acceptée, le dialogue s’établit en présence du Pütchipü’üi qui agit avec diplomatie, prudence et intelligence. Le système de compensation emploie le symbolisme, représenté essentiellement par l’offrande de colliers faits de pierres précieuses ou le sacrifice de bétail, de moutons et de chèvres. Même les crimes les plus graves sont compensés, les compensations étant remises lors de cérémonies particulières auxquelles sont invitées les familles en conflit afin de rétablir l’harmonie sociale à travers la réconciliation. Le Pütchipü’üi acquiert son rôle de par sa condition d’oncle maternel – un rôle honoré dans le système Wayuu des clans matrilinéaires – et en possédant un caractère fondé sur l’éthique et la morale. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


Le savoir traditionnel des chamanes jaguars de Yuruparí savoir et des pratiques traditionnels liés à la nature et à l’univers Les structures mythiques et cosmologiques qui constituent le savoir traditionnel des chamanes jaguars de Yuruparí représentent le patrimoine culturel de nombreux groupes ethniques établis le long de la rivière Pirá Paraná, dans le sud-est de la Colombie, dans le département de Vaupés. Selon la sagesse ancestrale, le Pirá Paraná est le centre d’un vaste espace appelé territoire des jaguars de Yuruparí, dont les sites sacrés contiennent une énergie spirituelle vitale qui nourrit tous les êtres vivants du monde. Les chamanes jaguars suivent un calendrier de rituels cérémoniels basés sur leur savoir traditionnel sacré, pour rassembler la communauté, guérir, prévenir les maladies et revitaliser la nature. Les rituels comprennent des chants et danses qui embellissent le processus de guérison. L’énergie vitale et le savoir traditionnel des chamanes auraient été hérités d’un Yuruparí mythique tout-puissant, un anaconda qui vivait en tant que personne et qui est incarné par des trompettes sacrées et vénérées, fabriquées dans du bois de palmier. Chaque groupe ethnique possède ses propres trompettes de Yuruparí qui sont au cœur du rituel de Hee Biki. Lors de ce rituel extrêmement strict, des règles traditionnelles pour préserver la santé des personnes et du territoire sont transmises aux jeunes garçons dans le cadre du rituel d’entrée dans l’âge adulte. Le savoir traditionnel concernant les soins aux enfants, les femmes enceintes et la préparation des aliments est transmis entre femmes. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


5 Le festival de Saint François d’Assise, Quibdó les traditions et expressions orales, y compris la langue comme vecteur du patrimoine culturel immatériel

les arts du spectacle

les pratiques sociales, rituels et événements festifs

les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel

Tous les ans, du 3 septembre au 5 octobre, les douze quartiers franciscains de Quibdó, organisent la Fiesta de San Pacho, célébration de l’identité afro-descendante de la communauté Chocó, intégrée dans la religion ancrée dans la culture populaire. Elle commence avec la « Messe inaugurale » catholique en la cathédrale, mêlée aux danses traditionnelles et à la chirimía de l’ensemble musical San Francis of Assisi Band. Vient ensuite le défilé des groupes du carnaval avec les costumes, les danses et la chirimía. Chaque quartier offre une messe le matin et des chars allégoriques et des groupes de carnaval l’après-midi. Le 3 octobre, le Saint Patron descend le fleuve Atrato en barque et le 4 octobre, la foule célèbre le lever du jour avec des hymnes dévotionnels et fait la Grande Procession du Saint l’après-midi. Des artistes et artisans locaux fabriquent les chars, les autels de quartier, les costumes et les décors de rues avec des jeunes qui apprennent à leurs côtés. Certaines familles dans chaque quartier jouent le rôle de dépositaires de la tradition et travaillent par le biais de la Fondation franciscaine du festival à organiser des événements, préserver les savoir-faire et maintenir la tradition vivante. Le festival est le haut lieu symbolique dans la vie de Quibdó. Il renforce l’identité du Chocó et favorise la cohésion sociale au sein de la communauté, tout en promouvant la créativité et l’innovation par sa relance, sa recréation des savoirs traditionnels et le respect envers la nature. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


Les musiques de marimba, les chants et les danses traditionnels de la région du Pacifique Sud colombien et de la province d'Esmeraldas d'Équateur
Note

la Colombie partage cette pratique avec l'Équateur.

les traditions et expressions orales, y compris la langue comme vecteur du patrimoine culturel immatériel

les arts du spectacle

les pratiques sociales, rituels et événements festifs

les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers

les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel

Les musiques de marimba, les chants et les danses traditionnels sont des expressions musicales intégrantes du tissu de la famille et de la communauté des afro-descendants dans la région du Pacifique Sud colombien et de la province d’Esmeraldas en Équateur. Les histoires et les poèmes chantés sont déclamés par des hommes et des femmes lors d’événements rituels, religieux et festifs comme une célébration de la vie, une forme de culte des saints ou un adieu au défunt, et sont souvent accompagnés de mouvements rythmiques du corps. Les musiques de marimba se jouent sur un xylophone en bois de palmier avec des tubes résonateurs en bambou, accompagnés par des tambours et des maracas. L’élément est enraciné dans la famille et les activités quotidiennes, et la communauté dans son ensemble est considérée comme étant le détenteur et le praticien, sans discrimination liée à l’âge ou au genre. Les anciens jouent un rôle crucial dans la transmission des légendes et des histoires de la tradition orale, tandis que les professeurs de musique supervisent la transmission des connaissances musicales aux nouvelles générations. Les musiques de marimba, les chants et les danses traditionnels favorisent les échanges symboliques qui comprennent la nourriture et les boissons, et forgent des alliances sociales qui renforcent le travail, la politique et la solidarité. Chacune de ces expressions facilite l’intégration familiale et collective au travers de pratiques ancestrales qui rehaussent le sentiment d’appartenance à un groupe ethnique particulier connecté à un territoire et à une histoire partagés. Marimba One 4000 Series.jpg


Registre des meilleures pratiques de sauvegarde[modifier]

La Colombie n'a pas de pratique inscrite au registre des meilleures pratiques de sauvegarde.

Liste de sauvegarde d'urgence[modifier]

Pratique Année Domaine Description Illustration


La musique traditionnelle vallenato de la région du Magdalena Grande les traditions et expressions orales, y compris la langue comme vecteur du patrimoine culturel immatériel

les arts du spectacle

les pratiques sociales, rituels et événements festifs

les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel

La musique traditionnelle vallenato est née de la fusion entre des expressions culturelles de Colombie du Nord, des chansons des éleveurs de vaches de la Magdalena Grande, des chants des esclaves africains et les rythmes des danses traditionnelles des peuples autochtones de la Sierra Nevada de Santa Marta. Ces expressions ont également été associées à la poésie espagnole et aux instruments de musique européens. Les paroles qui accompagnent la musique vallenato expliquent le monde à travers des histoires où se fondent réalisme et imagination. Ces chansons mêlent tour à tour nostalgie, joie, sarcasme et humour. Les instruments traditionnels comportent un petit tambour sur lequel on joue uniquement avec les mains, un morceau de bois rainuré sur la surface duquel on frotte un peigne en fil de fer et un accordéon. La musique traditionnelle vallenato se retrouve à travers quatre rythmes ou « airs » principaux, chacun possédant son propre schéma rythmique. Elle s’interprète à l’occasion de festivals de musique vallenato et essentiellement lors des parrandas où les amis et les familles se retrouvent, jouant ainsi un rôle crucial dans la construction d’une identité partagée régionale. Elle est également transmise à travers l’enseignement dans les milieux académiques formels. L’élément est actuellement exposé à un certain nombre de risques menaçant sa viabilité, notamment les conflits armés en Colombie alimentés par le trafic de drogue. Un nouveau courant de musique vallenato marginalise peu à peu la musique traditionnelle Vallenato et affaiblit son rôle dans la cohésion sociale. Enfin, l’utilisation d’espaces de rue pour organiser des parrandas vallenato est en déclin, faisant ainsi disparaître un espace clé pour la transmission des connaissances musicales entre générations. Jimmy Zambrano.jpg


Logo représentant 1 étoile or et 2 étoiles grises
Ces conseils de voyage sont utilisable. Ils présentent les principaux aspects du sujet. Si une personne aventureuse pourrait utiliser cet article, il nécessite cependant d'être complété. Lancez-vous et améliorez-le !
Liste complète des autres articles du thème : Patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO