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Patrimoine culturel immatériel en Iran

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Cet article recense les pratiques inscrites au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO en Iran.

Comprendre[modifier]

Le pays compte huit pratiques reprises sur la « liste représentative du patrimoine culturel immatériel » de l'UNESCO et deux pratiques sur la « liste de sauvegarde d'urgence ».

Aucune pratique n'est reprise dans le « registre des meilleures pratiques de sauvegarde de la culture ».

Listes[modifier]

Liste représentative[modifier]

Pratique Domaine Description Illustration
Le Radif de la musique iranienne Le Radif de la musique iranienne est le répertoire traditionnel de musique classique d’Iran qui constitue l’essence de la culture musicale persane. Plus de 250 séquences mélodiques, appelées gushe, sont organisées en cycles, le mode de base composant la toile de fond à laquelle sont ajoutés des motifs mélodiques des plus divers. Bien que l’interprétation de la musique traditionnelle iranienne soit essentiellement fondée sur l’art de l’improvisation (selon l’humeur de l’artiste et les réactions de l’assistance), les musiciens consacrent plusieurs années à l’acquisition de la maîtrise du radif et des outils musicaux nécessaires pour son interprétation et sa composition. Le Radif peut être vocal ou instrumental, utilisant différents instruments faisant appel à différentes techniques d’exécution, tels que les luths à manche long tār et setār, la cithare à cordes frappées santur, la vièle à pique kamānche et la flûte en roseau ney. Transmis oralement de maître à disciple, le Radif incarne le mariage de l’esthétique avec la philosophie de la culture musicale persane. Pas moins de dix ans de travail sont nécessaires pour l’apprentissage du Radif, durant lesquels les élèves doivent non seulement mémoriser le répertoire du radif, mais aussi s’investir dans un processus d’ascétisme musical destiné à ouvrir les portes de la spiritualité. Ce trésor d’une grande richesse se situe au cœur de la musique iranienne et reflète l’identité culturelle et nationale du peuple iranien. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


Le Novruz, Nowrouz, Nooruz, Navruz, Nauroz, Nevruz
Note

L'Iran partage cette pratique avec l'Azerbaïdjan, l'Inde, le Kirghizistan, le Pakistan, la Turquie et en Ouzbékistan.

Traditions et expressions orales, notamment la langue comme moyen de transmission du patrimoine culturel immatériel

Arts du spectacle

Pratiques sociales, rituels et évènements festifs

Connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers

Artisanat traditionnel

Le Novruz, ou Nowrouz, Nooruz, Navruz, Nauroz, Nevruz, marque le nouvel an et le début du printemps dans une zone géographique très étendue, comprenant, entre autres, l’Azerbaïdjan, l’Inde, l’Iran, le Kirghizistan, le Pakistan, la Turquie et l’Ouzbékistan. Il est fêté chaque 21 mars, date calculée et fixée à l’origine en fonction des études astronomiques. Le Novruz est associé à des traditions locales diverses, par exemple l’évocation de Jamshid, roi mythologique d’Iran, à des nombreux récits et légendes. Les rites qui l’accompagnent dépendent des lieux, depuis les sauts par-dessus les feux et les ruisseaux en Iran jusqu’aux marches sur la corde raide, le dépôt de bougies allumées à la porte de la maison, en passant par des jeux traditionnels, tels que des courses de chevaux ou la lutte traditionnelle pratiqués au Kirghizistan. Chants et danses sont presque partout la règle, ainsi que des repas semi-sacrés familiaux ou publics. Les enfants sont les premiers bénéficiaires des festivités et participent à nombre d’activités comme la décoration d’œufs durs. Les femmes jouent un rôle central dans l’organisation et le déroulement du Novruz, ainsi que dans la transmission des traditions. Le Novruz promeut des valeurs de paix, de solidarité entre les générations et au sein des familles, de réconciliation et de bon voisinage, contribuant à la diversité culturelle et à l’amitié entre les peuples et les différentes communautés Persian New Year Table - Haft Sin -in Holland - Nowruz - Photo by Pejman Akbarzadeh PDN.JPG


1 Les savoir-faire traditionnels du tissage des tapis à Kashan À Kashan, ville qui est depuis longtemps le centre du tapis de qualité, près d’un habitant sur trois est employé à la fabrication de tapis et parmi ceux-ci plus des deux tiers sont des femmes. Le processus de fabrication des tapis commence par un dessin, élaboré en puisant parmi un ensemble de styles établis, avec des motifs de fleurs, de feuilles, de branches, d’animaux et de scènes inspirées de l’histoire. Le métier à tisser employé est appelé dar ; les fils de chaîne et de trame sont en coton ou en soie. Le tapis est réalisé en nouant des brins de laine ou de soie sur la chaîne selon une technique appelée point de farsi ; les nœuds sont maintenus en place par un fil de trame, le tout étant tassé à l’aide d’un peigne. Le style de tissage farsi (également appelé nœud asymétrique) est pratiqué à Kashan avec une délicatesse exceptionnelle, dont témoigne le dessous du tapis avec ses nœuds fins et réguliers. Les tapis de Kashan doivent leurs coloris à l’emploi de teintures naturelles, issues notamment de la garance, du brou de noix, de la peau de grenade et de la feuille de vigne. Les savoir-faire traditionnels du tissage des tapis de Kashan sont transmis aux filles par apprentissage auprès de leurs mères et grands-mères. C’est également par apprentissage que les hommes acquièrent les techniques de dessin, de teinture, de tonte des moutons, de fabrication des métiers et outils. Kashan rug.jpg


Les savoir-faire traditionnels du tissage des tapis du Fars Connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers

Savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel

Les Iraniens sont réputés dans le monde entier pour leur maîtrise de l’art du tissage des tapis, les tisseurs du Fars, dans le sud-ouest de l’Iran, comptant parmi les plus renommés d’entre eux. La laine utilisée pour les fabriquer est tondue par les hommes de la communauté au printemps ou en automne. Les hommes construisent ensuite le métier à tisser, un cadre horizontal placé à même le sol, tandis que les femmes filent la laine sur des rouets. Les teintures employées (rouge, bleu, brun et blanc) sont pour l’essentiel naturelles et obtenues à partir de plantes : garance, indigo, feuille de laitue, brou de noix, queues de cerises et peau de grenade. Les femmes s’occupent du dessin, du choix des couleurs et du tissage ; elles reproduisent sur les tapis des scènes de leur vie nomade. Elles tissent sans carton (modèle), de sorte qu’elles ne tissent jamais deux tapis avec le même dessin. Le fil teint est noué autour du fil de chaîne pour créer le tapis. Pour finir, les bords sont cousus, l’excès de laine est éliminé pour faire ressortir les motifs et le tapis subit un nettoyage final. Tous ces savoir-faire sont transmis oralement et par l’exemple : les mères apprennent à leurs filles l’usage des matériaux, des outils et des techniques, tandis que les pères entraînent leurs fils à tondre la laine et à fabriquer des métiers à tisser. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


La musique des Bakhshis du Khorasan Dans la province du Khorasan, les Bakhshis sont réputés pour leur talent de joueurs de dotār, un luth à long manche doté de deux cordes. Ils déclament des poèmes et des épopées islamiques et gnostiques sur des thèmes mythologiques, historiques ou légendaires. Leur musique, appelée maghami, consiste en pièces instrumentales et/ou vocales, interprétées en turc, kurde, turkmène et perse. Le Navāyī est le magham le plus répandu : il est extrêmement varié, vocal, dépourvu de rythme, accompagné de poèmes gnostiques. Les autres exemples sont notamment les maghams turcs Tajnīs et Gerāyelī, les thèmes religieux du Shākhatāyī, et le Loy, un ancien magham romantique des Kurdes Kormanj du Nord du Khorasan. Pour les Bakhshis, l’une des cordes du dotār est mâle et l’autre femelle ; la corde mâle reste ouverte, tandis que la corde femelle est utilisée pour jouer la mélodie principale. La musique bakhshi est transmise soit selon la méthode traditionnelle par enseignement direct de maître à l’élève, méthode réservée aux hommes de la famille ou du voisinage, soit selon des méthodes modernes où un maître forme plusieurs élèves des deux sexes et de diverses origines. La musique transmet l’histoire, la culture, les règles éthiques et religieuses fondamentales. C’est pourquoi le rôle social des Bakhshis ne se limite pas à celui de simple narrateur, mais fait d’eux des juges, des médiateurs et des guérisseurs, ainsi que les gardiens du patrimoine culturel ethnique et régional de leur communauté. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


Les rituels du Pahlevani et du Zoorkhanei arts dramatiques

savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel

Pratiques sociales, rituels et événements festifs

Patrimoine oral

Le Pahlevani est un art martial iranien qui mêle des éléments de l’islam, du gnosticisme et de croyances perses anciennes. Il désigne un ensemble rituel de mouvements de gymnastique et de callisthénie, accomplis par dix à vingt hommes manipulant chacun des instruments qui symbolisent les armes anciennes. Le rituel se déroule dans un zoorkhane, édifice sacré surmonté d’un dôme qui comprend une arène octogonale dominée par une ou plusieurs rangées circulaires de gradins pour le public. Le morshed (maître), qui dirige le rituel du Pahlevani, déclame des poèmes épiques et gnostiques et marque le rythme sur un zarb (tambour à pied). Les poèmes qu’il récite véhiculent des enseignements éthiques et sociaux et font partie de la littérature du Zoorkhanei. Les participants au rituel du Pahlevani peuvent appartenir à toutes les couches sociales ou obédiences religieuses et chaque groupe a des liens forts avec sa communauté locale, travaillant pour aider ceux de ses membres qui sont dans le besoin. Au cours de l’instruction, des valeurs éthiques et chevaleresques sont enseignées aux élèves sous la supervision d’un pīshkesvat (champion). Ceux qui maîtrisent les différents arts et techniques, observent des principes religieux et passent avec succès les diverses étapes éthiques et morales du gnosticisme peuvent acquérir le rang prestigieux de pahlevanī (héros), qui leur confère un statut et une autorité au sein de la communauté. On dénombre actuellement 500 zoorkhanes en Iran, chacun regroupant des praticiens, des fondateurs et plusieurs pīshkesvats. Antoin Sevruguin zoorkhaneh2.jpg


L’art dramatique rituel du Ta‘zīye arts dramatiques

savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel

patrimoine oral

Le Ta‘zīye (ou Taziyeh) est un art dramatique rituel qui met en scène des événements religieux, des récits historiques et mythiques et des contes populaires. Chaque représentation comporte quatre éléments : poésie, musique, chant et mouvements. Les représentations peuvent dans certains cas comporter une centaine de rôles qui se répartissent entre personnages historiques, religieux, politiques, sociaux, surnaturels, réels, imaginaires et fantastiques. Chaque pièce de Ta‘zīye est unique par son thème, ses costumes et sa musique. Les représentations sont riches en symboles, conventions, codes et signes que les spectateurs iraniens comprennent parfaitement ; elles se déroulent sur une scène, sans éclairage ni décors. Les acteurs sont exclusivement des hommes qui jouent donc les rôles féminins ; ce sont, pour la plupart, des amateurs qui gagnent leur vie grâce à une autre activité, mais qui jouent pour obtenir une récompense spirituelle. Si le Ta‘zīye tient une place importante dans la culture, la littérature et l’art iranien, ses pièces rituelles inspirent également des proverbes en usage dans la vie courante. Ses représentations aident à promouvoir et à renforcer les valeurs religieuses et spirituelles, l’altruisme et l’amitié tout en préservant les traditions anciennes, la culture nationale et la mythologie iranienne. Le Ta‘zīye joue également un rôle significatif dans la préservation de l’artisanat qui lui est associé, notamment la confection des costumes, la calligraphie et la fabrication des instruments. Sa flexibilité lui a permis de devenir un langage commun à différentes communautés, favorisant la communication, l’unité et la créativité. Le Ta‘zīye est transmis par l’exemple et l’enseignement oral, directement de maître à élève. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


2 Les rituels Qālišuyān de Mašhad-e Ardehāl à Kāšān les traditions et expressions orales, y compris la langue comme vecteur du patrimoine culturel immatériel

les arts du spectacle

les pratiques sociales, rituels et événements festifs

les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers

les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel

Les rituels de Qālišuyān sont pratiqués en Iran pour honorer la mémoire du Soltān Ali, une figure sainte parmi les habitants de Kāšān et de Fin. Selon la légende, il fut martyrisé et son corps trouvé et emporté sur un tapis vers un ruisseau dans lequel il fut lavé et enterré par les habitants de Fin et Xāve. Aujourd’hui, le mausolée du Soltān Ali est le site d’un rituel où un tapis est lavé dans le ruisseau sacré dans un grand rassemblement. Il a lieu le vendredi le plus proche du dix-septième jour du mois de Mehr, selon le calendrier solaire agricole. Le matin, les gens de Xāve se réunissent dans le mausolée pour asperger le tapis d’eau de rose. Une fois terminés les rituels d’enveloppement, ils le remettent aux habitants de Fin, à l’extérieur, qui rincent le tapis à l’eau courante et l’aspergent de gouttes d’eau de rose à l’aide de bâton en bois soigneusement coupés et joliment décorés. Le tapis est ensuite ramené au mausolée. La population de Kāšān apporte un tapis de prière et les habitants de Našalg célèbrent leur rituel le vendredi suivant. Ces communautés maintiennent la transmission orale des procédures mais recréent également la tradition on y ajoutant des éléments nouveaux et festifs. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


Registre des meilleures pratiques de sauvegarde[modifier]

L'Iran n'a pas de pratique inscrite au registre des meilleures pratiques de sauvegarde.

Liste de sauvegarde d'urgence[modifier]

Pratique Domaine Description Illustration
Le Naqqāli, narration dramatique iranienne Arts du spectacle

Traditions et expressions orales, y compris la langue comme vecteur du patrimoine culturel immatériel

Artisanat traditionnel

Le Naqqāli est la forme la plus ancienne de représentation théâtrale dans la République Islamique d’Iran, et a longtemps joué un rôle important aussi bien dans les cours que dans les villages. Le conteur - le Naqqāl - raconte des histoires en vers ou en prose tout en faisant des gestes et des mouvements. Parfois aussi, son récit s’accompagne d’une musique instrumentale et est illustré par des rouleaux de toile peints. La fonction des Naqqāls relève à la fois du divertissement et de la transmission de la littérature et de la culture persanes. Ils doivent connaître les expressions culturelles, les langues, les dialectes ainsi que la musique traditionnelle de leur région. Le Naqqāli requiert un talent immense, une très bonne mémoire et un don d’improvisation pour captiver le public. Les Naqqāls sont vêtus simplement, mais ils peuvent aussi porter un vieux casque ou une brigandine durant le spectacle afin de mieux représenter les scènes de batailles. Les Naqqāls femmes se produisent devant des publics mixtes. Il y a peu de temps encore, ces artistes étaient considérés comme les principaux gardiens des contes populaires, des épopées ethniques et de la musique populaire iranienne. Le Naqqāli était autrefois joué dans les cafés, sous la tente des nomades, chez les gens et dans des sites historiques comme les anciens caravansérails. Cependant, la désaffection des cafés et l’apparition de nouvelles formes de divertissement ont détourné le public des spectacles de Naqqāli. Le vieillissement des maîtres conteurs, les Morsheds, et le désintérêt croissant des jeunes générations ont entraîné une diminution brutale du nombre de Naqqāls talentueux, menaçant la survie de cet art dramatique. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


Les compétences traditionnelles de construction et de navigation des bateaux iraniens Lenj dans le golfe Persique Connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers

Techniques artisanales traditionnelles

Arts du spectacle : musique, poésie, chant, danse

Pratiques sociales et événements festifs ;

Traditions et expression orales, y compris les langues en tant que véhicule du patrimoine culturel immatériel.

Par tradition, les lenjes iraniens sont construits manuellement et sont utilisés par les habitants de la côte nord du golfe Persique pour les voyages en mer, le commerce, la pêche et la plongée pour récolter les huîtres perlières. Les savoirs traditionnels associés aux lenjes comprennent la littérature orale, les arts du spectacle et les festivals, en plus de la navigation et ses techniques, la terminologie, les prévisions météorologiques étroitement associées à la navigation, et les compétences requises pour construire des bateaux en bois. Les connaissances maritimes requises pour piloter ces bateaux se transmettaient traditionnellement de père en fils. Les navigateurs iraniens se repéraient à la position du soleil, de la lune et des étoiles ; ils utilisaient des formules particulières pour calculer la latitude, la longitude et la profondeur de l’eau. Chaque vent avait reçu un nom, qui, avec la couleur de l’eau ou la hauteur des vagues était utilisé pour faire les prévisions météorologiques. La navigation dans le golfe Persique était par ailleurs indissociable d’une musique et de rythmes particuliers, les marins ayant pour habitude de chanter tout en travaillant. Aujourd’hui, la communauté des praticiens est réduite et se compose essentiellement de personnes âgées. Les lenjes en bois sont remplacés par des bateaux en fibre de verre moins coûteux et les ateliers de construction des lenjes se transforment en atelier de réparation pour les plus anciennes de ces embarcations. La philosophie, le contexte rituel, la culture et le savoir traditionnel liés à la navigation dans le golfe Persique s’estompent peu à peu, même si certaines cérémonies associées sont encore pratiquées en certains endroits. Lenj Ship factory.jpg


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