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Cet article recense les pratiques inscrites au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO en Iran.

Comprendre[modifier]

Le pays compte quatorze pratiques reprises sur la « liste représentative du patrimoine culturel immatériel » de l'UNESCO et deux pratiques sur la « liste de sauvegarde d'urgence ».

Aucune pratique n'est reprise dans le « registre des meilleures pratiques de sauvegarde de la culture ».

Listes[modifier]

Liste représentative[modifier]

Pratique Année Domaine Description Illustration
Le Radif de la musique iranienne 2009 * Arts du spectacle
* Connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers
* Pratiques sociales, rituels et événements festifs
* Savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel
* Traditions et expressions orales
Le Radif de la musique iranienne est le répertoire traditionnel de musique classique d’Iran qui constitue l’essence de la culture musicale persane. Plus de 250 séquences mélodiques, appelées gushe, sont organisées en cycles, le mode de base composant la toile de fond à laquelle sont ajoutés des motifs mélodiques des plus divers. Bien que l’interprétation de la musique traditionnelle iranienne soit essentiellement fondée sur l’art de l’improvisation (selon l’humeur de l’artiste et les réactions de l’assistance), les musiciens consacrent plusieurs années à l’acquisition de la maîtrise du radif et des outils musicaux nécessaires pour son interprétation et sa composition. Le Radif peut être vocal ou instrumental, utilisant différents instruments faisant appel à différentes techniques d’exécution, tels que les luths à manche long tār et setār, la cithare à cordes frappées santur, la vièle à pique kamānche et la flûte en roseau ney. Transmis oralement de maître à disciple, le Radif incarne le mariage de l’esthétique avec la philosophie de la culture musicale persane. Pas moins de dix ans de travail sont nécessaires pour l’apprentissage du Radif, durant lesquels les élèves doivent non seulement mémoriser le répertoire du radif, mais aussi s’investir dans un processus d’ascétisme musical destiné à ouvrir les portes de la spiritualité. Ce trésor d’une grande richesse se situe au cœur de la musique iranienne et reflète l’identité culturelle et nationale du peuple iranien. Sassanid Music Plate 7thcentury.jpg


1 Les savoir-faire traditionnels du tissage des tapis à Kashan 2010 * Savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel
* Connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers
À Kashan, ville qui est depuis longtemps le centre du tapis de qualité, près d’un habitant sur trois est employé à la fabrication de tapis et parmi ceux-ci plus des deux tiers sont des femmes. Le processus de fabrication des tapis commence par un dessin, élaboré en puisant parmi un ensemble de styles établis, avec des motifs de fleurs, de feuilles, de branches, d’animaux et de scènes inspirées de l’histoire. Le métier à tisser employé est appelé dar ; les fils de chaîne et de trame sont en coton ou en soie. Le tapis est réalisé en nouant des brins de laine ou de soie sur la chaîne selon une technique appelée point de farsi ; les nœuds sont maintenus en place par un fil de trame, le tout étant tassé à l’aide d’un peigne. Le style de tissage farsi (également appelé nœud asymétrique) est pratiqué à Kashan avec une délicatesse exceptionnelle, dont témoigne le dessous du tapis avec ses nœuds fins et réguliers. Les tapis de Kashan doivent leurs coloris à l’emploi de teintures naturelles, issues notamment de la garance, du brou de noix, de la peau de grenade et de la feuille de vigne. Les savoir-faire traditionnels du tissage des tapis de Kashan sont transmis aux filles par apprentissage auprès de leurs mères et grands-mères. C’est également par apprentissage que les hommes acquièrent les techniques de dessin, de teinture, de tonte des moutons, de fabrication des métiers et outils. Kashan rug.jpg


Les savoir-faire traditionnels du tissage des tapis du Fars 2010 * Connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers
* Savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel
Les Iraniens sont réputés dans le monde entier pour leur maîtrise de l’art du tissage des tapis, les tisseurs du Fars, dans le sud-ouest de l’Iran, comptant parmi les plus renommés d’entre eux. La laine utilisée pour les fabriquer est tondue par les hommes de la communauté au printemps ou en automne. Les hommes construisent ensuite le métier à tisser, un cadre horizontal placé à même le sol, tandis que les femmes filent la laine sur des rouets. Les teintures employées (rouge, bleu, brun et blanc) sont pour l’essentiel naturelles et obtenues à partir de plantes : garance, indigo, feuille de laitue, brou de noix, queues de cerises et peau de grenade. Les femmes s’occupent du dessin, du choix des couleurs et du tissage ; elles reproduisent sur les tapis des scènes de leur vie nomade. Elles tissent sans carton (modèle), de sorte qu’elles ne tissent jamais deux tapis avec le même dessin. Le fil teint est noué autour du fil de chaîne pour créer le tapis. Pour finir, les bords sont cousus, l’excès de laine est éliminé pour faire ressortir les motifs et le tapis subit un nettoyage final. Tous ces savoir-faire sont transmis oralement et par l’exemple : les mères apprennent à leurs filles l’usage des matériaux, des outils et des techniques, tandis que les pères entraînent leurs fils à tondre la laine et à fabriquer des métiers à tisser. Persian rug.jpg


Les rituels du Pahlevani et du Zoorkhanei 2010 * Savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel
* Pratiques sociales, rituels et événements festifs
* Arts du spectacle
* Traditions et expressions orales
Le Pahlevani est un art martial iranien qui mêle des éléments de l’islam, du gnosticisme et de croyances perses anciennes. Il désigne un ensemble rituel de mouvements de gymnastique et de callisthénie, accomplis par dix à vingt hommes manipulant chacun des instruments qui symbolisent les armes anciennes. Le rituel se déroule dans un zoorkhane, édifice sacré surmonté d’un dôme qui comprend une arène octogonale dominée par une ou plusieurs rangées circulaires de gradins pour le public. Le morshed (maître), qui dirige le rituel du Pahlevani, déclame des poèmes épiques et gnostiques et marque le rythme sur un zarb (tambour à pied). Les poèmes qu’il récite véhiculent des enseignements éthiques et sociaux et font partie de la littérature du Zoorkhanei. Les participants au rituel du Pahlevani peuvent appartenir à toutes les couches sociales ou obédiences religieuses et chaque groupe a des liens forts avec sa communauté locale, travaillant pour aider ceux de ses membres qui sont dans le besoin. Au cours de l’instruction, des valeurs éthiques et chevaleresques sont enseignées aux élèves sous la supervision d’un pīshkesvat (champion). Ceux qui maîtrisent les différents arts et techniques, observent des principes religieux et passent avec succès les diverses étapes éthiques et morales du gnosticisme peuvent acquérir le rang prestigieux de pahlevanī (héros), qui leur confère un statut et une autorité au sein de la communauté. On dénombre actuellement 500 zoorkhanes en Iran, chacun regroupant des praticiens, des fondateurs et plusieurs pīshkesvats. Antoin Sevruguin zoorkhaneh2.jpg


La musique des Bakhshis du Khorasan 2010 * Arts du spectacle
* Pratiques sociales, rituels et événements festifs
* Savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel
* Traditions et expressions orales
Dans la province du Khorasan, les Bakhshis sont réputés pour leur talent de joueurs de dotār, un luth à long manche doté de deux cordes. Ils déclament des poèmes et des épopées islamiques et gnostiques sur des thèmes mythologiques, historiques ou légendaires. Leur musique, appelée maghami, consiste en pièces instrumentales et/ou vocales, interprétées en turc, kurde, turkmène et perse. Le Navāyī est le magham le plus répandu : il est extrêmement varié, vocal, dépourvu de rythme, accompagné de poèmes gnostiques. Les autres exemples sont notamment les maghams turcs Tajnīs et Gerāyelī, les thèmes religieux du Shākhatāyī, et le Loy, un ancien magham romantique des Kurdes Kormanj du Nord du Khorasan. Pour les Bakhshis, l’une des cordes du dotār est mâle et l’autre femelle ; la corde mâle reste ouverte, tandis que la corde femelle est utilisée pour jouer la mélodie principale. La musique bakhshi est transmise soit selon la méthode traditionnelle par enseignement direct de maître à l’élève, méthode réservée aux hommes de la famille ou du voisinage, soit selon des méthodes modernes où un maître forme plusieurs élèves des deux sexes et de diverses origines. La musique transmet l’histoire, la culture, les règles éthiques et religieuses fondamentales. C’est pourquoi le rôle social des Bakhshis ne se limite pas à celui de simple narrateur, mais fait d’eux des juges, des médiateurs et des guérisseurs, ainsi que les gardiens du patrimoine culturel ethnique et régional de leur communauté. Defaut.svg


L’art dramatique rituel du Ta‘zīye 2010 * Arts du spectacle
* Savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel
* Traditions et expressions orales
Le Ta‘zīye (ou Taziyeh) est un art dramatique rituel qui met en scène des événements religieux, des récits historiques et mythiques et des contes populaires. Chaque représentation comporte quatre éléments : poésie, musique, chant et mouvements. Les représentations peuvent dans certains cas comporter une centaine de rôles qui se répartissent entre personnages historiques, religieux, politiques, sociaux, surnaturels, réels, imaginaires et fantastiques. Chaque pièce de Ta‘zīye est unique par son thème, ses costumes et sa musique. Les représentations sont riches en symboles, conventions, codes et signes que les spectateurs iraniens comprennent parfaitement ; elles se déroulent sur une scène, sans éclairage ni décors. Les acteurs sont exclusivement des hommes qui jouent donc les rôles féminins ; ce sont, pour la plupart, des amateurs qui gagnent leur vie grâce à une autre activité, mais qui jouent pour obtenir une récompense spirituelle. Si le Ta‘zīye tient une place importante dans la culture, la littérature et l’art iranien, ses pièces rituelles inspirent également des proverbes en usage dans la vie courante. Ses représentations aident à promouvoir et à renforcer les valeurs religieuses et spirituelles, l’altruisme et l’amitié tout en préservant les traditions anciennes, la culture nationale et la mythologie iranienne. Le Ta‘zīye joue également un rôle significatif dans la préservation de l’artisanat qui lui est associé, notamment la confection des costumes, la calligraphie et la fabrication des instruments. Sa flexibilité lui a permis de devenir un langage commun à différentes communautés, favorisant la communication, l’unité et la créativité. Le Ta‘zīye est transmis par l’exemple et l’enseignement oral, directement de maître à élève. Mourning of Muharram in cities and villages of Iran-342 16 (135).jpg


2 Les rituels Qālišuyān de Mašhad-e Ardehāl à Kāšān 2012 * Traditions et expressions orales
* Arts du spectacle
* Pratiques sociales, rituels et événements festifs
* Connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers
* Savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel
Les rituels de Qālišuyān sont pratiqués en Iran pour honorer la mémoire du Soltān Ali, une figure sainte parmi les habitants de Kāšān et de Fin. Selon la légende, il fut martyrisé et son corps trouvé et emporté sur un tapis vers un ruisseau dans lequel il fut lavé et enterré par les habitants de Fin et Xāve. Aujourd’hui, le mausolée du Soltān Ali est le site d’un rituel où un tapis est lavé dans le ruisseau sacré dans un grand rassemblement. Il a lieu le vendredi le plus proche du dix-septième jour du mois de Mehr, selon le calendrier solaire agricole. Le matin, les gens de Xāve se réunissent dans le mausolée pour asperger le tapis d’eau de rose. Une fois terminés les rituels d’enveloppement, ils le remettent aux habitants de Fin, à l’extérieur, qui rincent le tapis à l’eau courante et l’aspergent de gouttes d’eau de rose à l’aide de bâton en bois soigneusement coupés et joliment décorés. Le tapis est ensuite ramené au mausolée. La population de Kāšān apporte un tapis de prière et les habitants de Našalg célèbrent leur rituel le vendredi suivant. Ces communautés maintiennent la transmission orale des procédures mais recréent également la tradition on y ajoutant des éléments nouveaux et festifs. Qalishouyan ritual in Kashan.jpg


Le Novruz, Nowrouz, Nooruz, Navruz, Nauroz, Nevruz
Note

L'Iran partage cette pratique avec l'Azerbaïdjan, l'Inde, le Kirghizistan, le Pakistan, la Turquie et en Ouzbékistan.

2016 * Traditions et expressions orales
* Arts du spectacle
* Pratiques sociales, rituels et évènements festifs
* Connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers
* Artisanat traditionnel
Le Novruz, ou Nowrouz, Nooruz, Navruz, Nauroz, Nevruz, marque le nouvel an et le début du printemps dans une zone géographique très étendue, comprenant, entre autres, l’Azerbaïdjan, l’Inde, l’Iran, le Kirghizistan, le Pakistan, la Turquie et l’Ouzbékistan. Il est fêté chaque 21 mars, date calculée et fixée à l’origine en fonction des études astronomiques. Le Novruz est associé à des traditions locales diverses, par exemple l’évocation de Jamshid, roi mythologique d’Iran, à des nombreux récits et légendes. Les rites qui l’accompagnent dépendent des lieux, depuis les sauts par-dessus les feux et les ruisseaux en Iran jusqu’aux marches sur la corde raide, le dépôt de bougies allumées à la porte de la maison, en passant par des jeux traditionnels, tels que des courses de chevaux ou la lutte traditionnelle pratiqués au Kirghizistan. Chants et danses sont presque partout la règle, ainsi que des repas semi-sacrés familiaux ou publics. Les enfants sont les premiers bénéficiaires des festivités et participent à nombre d’activités comme la décoration d’œufs durs. Les femmes jouent un rôle central dans l’organisation et le déroulement du Novruz, ainsi que dans la transmission des traditions. Le Novruz promeut des valeurs de paix, de solidarité entre les générations et au sein des familles, de réconciliation et de bon voisinage, contribuant à la diversité culturelle et à l’amitié entre les peuples et les différentes communautés Persian New Year Table - Haft Sin -in Holland - Nowruz - Photo by Pejman Akbarzadeh PDN.JPG


La culture de la fabrication et du partage de pain plat Lavash, Katyrma, Jupka, Yufka
Note

L'Iran partage cette pratique avec l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan, le Kirghizistan et la Turquie.

2016 La culture de la fabrication et du partage du pain plat dans les communautés d’Azerbaïdjan, d’Iran, du Kazakhstan, du Kirghizistan et de Turquie remplit des fonctions sociales grâce auxquelles cette tradition continue d’être suivie par de nombreux individus. La fabrication du pain (lavash, katyrma, jupka ou yufka) mobilise au moins trois personnes, souvent d’une même famille, qui ont chacune un rôle dans sa préparation et sa cuisson. Dans les zones rurales, le processus se déroule entre voisins. Les boulangeries traditionnelles fabriquent également ce pain. Il est cuit dans des tandyrs/tanūrs (fours en terre ou en pierres creusés dans le sol), sur des sājs (plaques métalliques) ou dans des kazans (chaudrons). Outre lors des repas habituels, le pain plat est partagé à l’occasion des mariages, des naissances, des funérailles, des vacances et des prières. En Azerbaïdjan et en Iran, il est posé sur les épaules de la mariée ou émietté sur sa tête pour souhaiter prospérité au couple alors qu’en Turquie, il est donné aux voisins du couple. Au Kazakhstan, la croyance veut que ce pain soit préparé lors de funérailles pour protéger le défunt en attendant la décision divine, et au Kirghizistan, le partage du pain assure au défunt un meilleur séjour dans l’au-delà. Cette pratique, activement transmise au sein des familles et de maîtres à apprentis, reflète l’hospitalité, la solidarité et certaines croyances symbolisant des racines culturelles communes et renforce ainsi le sentiment d’appartenance à la communauté. Lavash bread Tahdig.png


L’art de fabriquer et de jouer du kamantcheh/kamanche, instrument de musique à cordes frottées
Note

L'Iran partage cette pratique avec l'Azerbaïdjan.

2017 * Arts du spectacle
* Savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel
L’art de fabriquer et de jouer du kamantcheh/kamanche (« petit archet »), instrument à cordes frottées, existe depuis plus d’un millénaire. Dans la République islamique d’Iran et en Azerbaïdjan, c’est un élément majeur de la musique classique et traditionnelle et on joue du kamantcheh/kamanche à l’occasion d’un grand nombre de rassemblements sociaux et culturels. Les praticiens contemporains utilisent essentiellement un kamantcheh/kamanche à quatre cordes qui se compose d’un corps et d’un archet en crin de cheval. Les musiciens jouent seuls ou dans un orchestre. Les détenteurs et les praticiens sont des artisans, des artistes amateurs ou professionnels, et des enseignants et des élèves de l’élément. Le kamantcheh/kamanche fait partie intégrante de la culture musicale des deux pays. Si la fabrication des instruments leur confère une source directe de revenus, les artisans perçoivent également cet art comme un élément à part entière du patrimoine culturel immatériel de leur communauté. À travers leur musique, les musiciens font passer une multitude de thèmes, allant de la mythologie au comique, en passant par les thématiques gnostiques. Aujourd’hui, les connaissances sur la pratique musicale et la fabrication du kamantcheh/kamanche se transmettent à la fois dans les familles et dans les établissements musicaux financés par l’État, y compris les écoles de musique. Les connaissances sur l’importance de la musique pour la promotion de l’identité culturelle se transmettent de génération en génération, dans toutes les couches de la société dans les deux pays. Кяманча 1622.jpg


Le chogan, jeu équestre accompagné de musique et de contes 2017 * Pratiques sociales, rituels et événements festifs
* Arts du spectacle
* Connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers
* Savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel
* Traditions et expressions orales
Le chogan est un jeu équestre traditionnel accompagné de musique et de contes. L’histoire du chogan dans la République islamique d’Iran remonte à plus de 2 000 ans. Depuis toujours, il se joue le plus souvent dans des cours royales et sur des terrains urbains. Dans le chogan, deux équipes de cavaliers s’affrontent. Le but du jeu est de faire passer la balle entre les poteaux de but de l’équipe adverse à l’aide d’un bâton en bois. Les composantes du jeu du chogan sont les suivantes : le jeu proprement dit, l’accompagnement musical correspondant et les contes. Les détenteurs se répartissent en trois grands groupes : les joueurs, les conteurs et les musiciens. Le chogan est un élément culturel, artistique et sportif qui est étroitement lié à l’identité et à l’histoire de ses détenteurs et praticiens. Cet élément est extrêmement présent dans la littérature, la narration, les proverbes, l’artisanat et les ornements architecturaux, qui constituent des aspects précieux du symbolisme de ses praticiens. En tant qu’élément intégrant la santé du corps et de l’esprit, le chogan établit également un lien entre la nature, l’humanité et les chevaux. Traditionnellement, la transmission s’effectuait de façon informelle au sein de la famille ou dans les ateliers. Les familles et les praticiens locaux sauvegardent toujours de façon active les techniques du chogan. Toutefois, au cours des dernières décennies, des associations de chogan ont également été créées. Elles organisent des cours de formation, aident les maîtres locaux et apportent une aide à la transmission de tous les aspects du chogan, en sauvegardant la diversité locale. Polo game from poem Guy u Chawgan 2.jpg


Les savoir-faire traditionnels liés à la fabrication et à la pratique du dotâr 2019 * Arts du spectacle
* Pratiques sociales, rituels et événements festifs
* Savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel
* Traditions et expressions orales
Les savoir-faire traditionnels liés à la fabrication et à la pratique du dotâr sont reconnus comme des composantes socioculturelles fondamentales de la musique populaire au sein des groupes ethniques et des communautés des régions concernées. Les détenteurs et les praticiens sont essentiellement des agriculteurs, les hommes étant artisans et musiciens et les femmes musiciennes. Le dotâr est un instrument de musique traditionnel à cordes pincées composé d’une caisse en forme de poire faite en bois de mûrier séché, d’un manche en bois d’abricotier ou de noyer et de deux cordes. D’après certaines croyances, l’une des cordes est mâle et sert d’accord tandis que l’autre est femelle et est utilisée pour jouer la mélodie principale. Le dotâr est joué lors d’événements socioculturels importants tels que les mariages, les fêtes, les célébrations et les cérémonies rituelles. Depuis quelques dizaines d’années il est aussi joué dans des festivals locaux, régionaux, nationaux et internationaux. Quand ils jouent, les musiciens racontent des récits épiques, historiques, lyriques, moraux et gnostiques qui constituent l’histoire, la fierté et l’identité de leur ethnie. Les savoir-faire traditionnels liés à la fabrication et à la pratique du dotâr sont transmis de manière informelle, de maître à élève. L’élément est aussi représenté dans la littérature orale et écrite qui renvoie à l’histoire et aux origines des détenteurs. Il favorise la coexistence pacifique, le respect mutuel et la compréhension entre les différentes communautés concernées et les pays voisins. Molla kamalkhan.JPG


3 Le pèlerinage au monastère de l’apôtre Saint-Thaddée
Note

L'Iran partage cette pratique avec l'Arménie.

2020 * Arts du spectacle
* Connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers
* Pratiques sociales, rituels et événements festifs
* Savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel
* Traditions et expressions orales
Le pèlerinage de trois jours au monastère de l’apôtre Saint Thaddée, au nord-ouest de l’Iran, est organisé chaque année en juillet. Ce pèlerinage vénère deux grands saints : St Thadée, l’un des premiers apôtres chrétiens, et Ste Santukhd, la première femme martyre de la chrétienté. Les détenteurs de l’élément sont les membres de la population arménienne en Iran, les Arméniens d’origine iranienne résidant en Arménie et les fidèles de l’Église apostolique arménienne. Les pèlerins se réunissent à Tabriz avant le départ pour le monastère. Ils parcourent chaque année les 700 km qui séparent Erevan du monastère. La cérémonie de commémoration comprend des liturgies spéciales, des processions, des prières et des jeûnes. Le point d’orgue est la Sainte messe, avec célébration de l’Eucharistie. Des temps sont réservés à des représentations de groupes traditionnels arméniens et à la dégustation de plats de la gastronomie arménienne. Ce pèlerinage est le principal événement socioculturel de l’année. Il renforce le sentiment d’appartenance à une communauté, car les participants s’installent dans des tentes proches les unes des autres. Le monastère est un lieu de pèlerinage depuis plus de dix-neuf siècles. Toutefois, pendant la période soviétique en Arménie, la participation au pèlerinage était interdite. Les détenteurs de l’élément ont préservé la mémoire culturelle de ce pèlerinage et l’ont transmise aux familles et aux communautés. Ce n’est qu’après l’indépendance dans les années 1990 que le pèlerinage a repris depuis l’Arménie. کلیسای تادئوس مقدس ،کلیسای طاطاووس (قره کلیسا).jpg


L’art de la miniature
Note

L'Iran partage cette pratique avec l'Azerbaïdjan, l'Ouzbékistan et la Turquie.

2020 * Connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers
* Savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel
La miniature est un type d’art en deux dimensions qui renvoie à la conception et la création de peintures de petite taille sur des livres, du papier mâché, des tapis, des textiles, des murs et céramiques et autres supports au moyen de matières premières telles que l’or, l’argent et diverses substances organiques. Historiquement, la miniature se définissait comme une illustration insérée sur une page afin d’appuyer visuellement le contenu du texte, mais l’élément a évolué et on le retrouve également dans l’architecture et en embellissement des espaces publics. La miniature représente visuellement les croyances, les conceptions du monde et les modes de vie et a également acquis de nouveaux caractères par le biais de l’influence de l’Islam. Bien qu’il existe des différences du point de vue du style, l’art de la miniature, tel que pratiqué dans les États soumissionnaires, présente des caractéristiques communes. Dans tous les cas, il s’agit d’un art traditionnel transmis par un mentor à son apprenti (éducation non formelle) et considéré comme faisant partie intégrante de chacune des identités sociales et culturelles de la société. La miniature présente un type de perspective spécifique dont la taille et les motifs changent en fonction de leur importance, ce qui représente la différence principale avec les styles réaliste et naturaliste. Bien qu’elle existe depuis des siècles, elle continue de se développer et de renforcer ainsi les liens entre passé et présent. Les techniques et principes traditionnels de peinture sont préservés mais les artistes apportent également leur créativité individuelle au processus. Nizami Ganjavi - The Birth of Alexander the Great - Walters W610249A - miniature.jpg


Registre des meilleures pratiques de sauvegarde[modifier]

L'Iran n'a pas de pratique inscrite au registre des meilleures pratiques de sauvegarde.

Liste de sauvegarde d'urgence[modifier]

Pratique Année Domaine Description Illustration
Le Naqqāli, narration dramatique iranienne 2011 * Arts du spectacle
* Traditions et expressions orales
* Savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel
Le Naqqāli est la forme la plus ancienne de représentation théâtrale dans la République Islamique d’Iran, et a longtemps joué un rôle important aussi bien dans les cours que dans les villages. Le conteur - le Naqqāl - raconte des histoires en vers ou en prose tout en faisant des gestes et des mouvements. Parfois aussi, son récit s’accompagne d’une musique instrumentale et est illustré par des rouleaux de toile peints. La fonction des Naqqāls relève à la fois du divertissement et de la transmission de la littérature et de la culture persanes. Ils doivent connaître les expressions culturelles, les langues, les dialectes ainsi que la musique traditionnelle de leur région. Le Naqqāli requiert un talent immense, une très bonne mémoire et un don d’improvisation pour captiver le public. Les Naqqāls sont vêtus simplement, mais ils peuvent aussi porter un vieux casque ou une brigandine durant le spectacle afin de mieux représenter les scènes de batailles. Les Naqqāls femmes se produisent devant des publics mixtes. Il y a peu de temps encore, ces artistes étaient considérés comme les principaux gardiens des contes populaires, des épopées ethniques et de la musique populaire iranienne. Le Naqqāli était autrefois joué dans les cafés, sous la tente des nomades, chez les gens et dans des sites historiques comme les anciens caravansérails. Cependant, la désaffection des cafés et l’apparition de nouvelles formes de divertissement ont détourné le public des spectacles de Naqqāli. Le vieillissement des maîtres conteurs, les Morsheds, et le désintérêt croissant des jeunes générations ont entraîné une diminution brutale du nombre de Naqqāls talentueux, menaçant la survie de cet art dramatique. Valiollah Torabi.jpg


Les compétences traditionnelles de construction et de navigation des bateaux iraniens Lenj dans le golfe Persique 2011 * Connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers
* Savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel
* Arts du spectacle
* Pratiques sociales, rituels et événements festifs
* Traditions et expression orales
Par tradition, les lenjes iraniens sont construits manuellement et sont utilisés par les habitants de la côte nord du golfe Persique pour les voyages en mer, le commerce, la pêche et la plongée pour récolter les huîtres perlières. Les savoirs traditionnels associés aux lenjes comprennent la littérature orale, les arts du spectacle et les festivals, en plus de la navigation et ses techniques, la terminologie, les prévisions météorologiques étroitement associées à la navigation, et les compétences requises pour construire des bateaux en bois. Les connaissances maritimes requises pour piloter ces bateaux se transmettaient traditionnellement de père en fils. Les navigateurs iraniens se repéraient à la position du soleil, de la lune et des étoiles ; ils utilisaient des formules particulières pour calculer la latitude, la longitude et la profondeur de l’eau. Chaque vent avait reçu un nom, qui, avec la couleur de l’eau ou la hauteur des vagues était utilisé pour faire les prévisions météorologiques. La navigation dans le golfe Persique était par ailleurs indissociable d’une musique et de rythmes particuliers, les marins ayant pour habitude de chanter tout en travaillant. Aujourd’hui, la communauté des praticiens est réduite et se compose essentiellement de personnes âgées. Les lenjes en bois sont remplacés par des bateaux en fibre de verre moins coûteux et les ateliers de construction des lenjes se transforment en atelier de réparation pour les plus anciennes de ces embarcations. La philosophie, le contexte rituel, la culture et le savoir traditionnel liés à la navigation dans le golfe Persique s’estompent peu à peu, même si certaines cérémonies associées sont encore pratiquées en certains endroits. Lenj Ship factory.jpg


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