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Patrimoine culturel immatériel en Chine

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Cet article recense les pratiques inscrites au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO en Chine.

Comprendre[modifier]

La chine est le pays comptant le plus de pratiques inscrites au patrimoine culturel immatériel mondial.

Le pays compte trente pratiques reprises sur la « liste représentative du patrimoine culturel immatériel » de l'UNESCO et sept pratiques sur la « liste de sauvegarde d'urgence ».

Une pratique est reprise sur le « registre des meilleures pratiques de sauvegarde de la culture ».

Listes[modifier]

Liste représentative[modifier]

Pratique Domaine Description Illustration


L’Urtiin Duu, chants longs traditionnels populaires
Note

la Chine partage cette pratique avec la Mongolie.

L’Urtiin duu ou « chant long » est l’une des deux formes majeures de chant mongol, l’autre étant le « chant court » (Bogino duu). Il tient une place particulière dans la société mongole et fait l’objet d’une véritable vénération en tant que forme rituelle d’expression associée aux célébrations et fêtes importantes. L’Urtiin duu est exécuté en diverses occasions : mariages, inauguration d’un nouvel habitat, naissance d’un enfant, marquage au fer d’un poulain et autres événements fêtés par les communautés mongoles nomades. Ces chants longs peuvent également être interprétés lors du naadam, une festivité organisée autour de concours de tir à l’arc, de lutte et de courses de chevaux. L’Urtiin duu est un chant lyrique qui se distingue par l’abondance de ses ornementations, l’emploi de la voix de fausset, une tessiture vocale très étendue et une composition de forme libre. La mélodie ascendante est lente et régulière, alors que la mélodie descendante est souvent entrecoupée de rythmes entraînants. L’interprétation et le contenu de l’Urtiin duu sont étroitement liés au mode de vie ancestral des nomades mongols dans leurs prairies. Si l’Urtiin duu est généralement considéré comme étant apparu il y a 2 000 ans, les premières œuvres littéraires où il est évoqué datent du treizième siècle. Plusieurs styles régionaux ont été préservés jusqu’à aujourd’hui. Les interprétations et les compositions actuelles continuent de jouer un rôle majeur dans la vie sociale et culturelle des nomades de la Mongolie et de la République autonome de Mongolie-Intérieure, dans le nord de la République populaire de Chine. Depuis les années 1950, l’urbanisation et l’industrialisation prennent le pas sur le nomadisme, entraînant la disparition de pratiques et expressions traditionnelles. Une partie des prairies où les praticiens vivaient en nomades a été victime de la désertification, obligeant de nombreuses familles à opter pour un mode de vie sédentaire où certains thèmes classiques de l’Urtiin duu, tel l’éloge des vertus et des connaissances nomades, perdent tout leur sens. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


Le muqam ouïgour du Xinjiang Le muqam ouïgour du Xinjiang est un terme général qui désigne un ensemble de pratiques du muqam très répandues dans les communautés ouïgour, l’une des minorités ethniques les plus importantes de la République populaire de Chine. Tout au long de son histoire, la région de Xinjiang a été marquée par d’intenses échanges culturels entre l’Est et l’Ouest, notamment en raison de sa situation sur la Route de la soie. Le muqam ouïgour du Xinjiang est un mélange de chants, de danses, et de musiques populaires et classiques. Il se caractérise par sa diversité sur plusieurs plans : contenu, chorégraphie, style musical et instruments employés. Les chants, aux rimes et à la métrique variables, peuvent être interprétés en solo ou en groupe. Les paroles sont des ballades populaires, mais aussi des poèmes de maîtres ouïgours classiques. Le contenu des chants offre ainsi une grande variété de styles : poésie, proverbes et récits populaires et reflète l’histoire et la vie actuelle de la société ouïgoure. Dans les ensembles de muqam, les instruments principaux sont fabriqués à l’aide de matériaux locaux et prennent des formes diverses (instruments à cordes frottées ou pincées, instruments à vent). Les styles de danses se caractérisent par des pas, des rythmes et des configurations spécifiques, ainsi que par ses figures (cueillir des fleurs avec la bouche, porter un bol sur la tête) et ses imitations d’animaux exécutées en solo. Le muqam ouïgour du Xinjiang a donné lieu à quatre principaux styles régionaux : Douze Muqam, Dolan Muqam, Turpan Muqam et Hami Muqam. De nos jours les fêtes locales comme le meshrep et le bezme, où tout le monde participe au muqam, sont de plus en plus rares. La responsabilité de la transmission de la tradition aux nouvelles générations repose presque exclusivement sur les épaules des artistes populaires et l’intérêt des jeunes pour le muqam décline peu à peu. Plusieurs pièces de muqam ne sont plus exécutées, en particulier certains éléments du « Douze Muqam », qui compte plus de 300 pièces. Elles sont jouées en douze suites instrumentales et vocales, et peuvent durer plus de 20 h . Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


Le Guqin et sa musique Vieille de 3000 ans, la cithare chinoise, ou guqin, occupe une place de premier ordre parmi les instruments solistes de la Chine. Attesté par des sources littéraires anciennes corroborées par des découvertes archéologiques, cet instrument séculaire est indissociable de l’histoire des intellectuels chinois. L’art du guqin était à l’origine réservé à une élite et cultivé dans l’intimité par les nobles et les érudits. Il n’était donc pas destiné à des représentations publiques. Avec la calligraphie, la peinture et une forme ancienne de jeu d’échecs, il compte parmi les quatre arts que tout érudit lettré chinois se devait de maîtriser. Selon la tradition, une vingtaine d’années de pratique est nécessaire pour devenir un joueur émérite de guqin. Le guqin a sept cordes et treize positions qui marquent les tons. En fixant les cordes de dix façons différentes, les musiciens peuvent obtenir un ensemble de quatre octaves. Il existe trois techniques instrumentales de base : san (corde libre), an (corde arrêtée) et fan (harmoniques). La première, san, consiste à pincer les cordes de la main droite une par une ou par groupes afin de produire des sons forts et clairs pour les notes importantes. Dans la technique fan, les doigts de la main gauche effleurent la corde aux endroits indiqués par les marques incrustées, tandis que la main droite la pince, produisant un son léger et flottant. La technique an fait elle aussi intervenir les deux mains : tandis que la droite pince la corde, la gauche appuie fermement dessus et peut glisser jusqu’à d’autres notes ou effectuer divers vibratos et ornements. Il reste de nos jours moins d’un millier de joueurs accomplis et sans doute pas plus d’une cinquantaine de maîtres encore en vie. Parmi les milliers de compositions du répertoire initial, une centaine d’œuvres à peine est encore régulièrement exécutée. Gugin -front&back.jpg


1 L’opéra Kun Qu L’opéra Kun Qu s’est développé sous la dynastie Ming (du quatorzième au dix-septième siècle) dans la ville de Kunshan située dans la région de Suzhou, dans le sud-est de la Chine. Plongeant ses racines dans le théâtre populaire, le répertoire de chants s’est peu à peu imposé comme un art dramatique majeur. Le Kun Qu est l’une des formes les plus anciennes d’opéra chinois encore représentées aujourd’hui. Il se caractérise par sa structure dynamique et sa mélodie (kunqiang). Des pièces comme Le pavillon aux pivoines ou Le palais de la longue vie sont devenues des classiques du répertoire. Cet art associe chant, narration et un système complexe de techniques chorégraphiques, d’acrobaties et de gestuelles symboliques. Les rôles sont distribués en jeune premier, en rôle féminin principal, en vieil homme et en divers rôles comiques, tous vêtus de costumes traditionnels. Une flûte en bambou, un petit tambour, des claquettes de bois, des gongs et des cymbales accompagnent les chants, ponctuant les actions et les émotions des personnages. Réputé pour la virtuosité de ses schémas rythmiques (changqiang), l’opéra Kun Qu a eu une influence prépondérante sur des formes plus récentes d’opéra chinois, comme ceux de Sichuan ou de Pékin. Depuis le dix-huitième siècle, il connaît un déclin progressif dû au haut niveau de connaissance technique qu’il exige du public. Sur les 400 airs régulièrement chantés lors des représentations au milieu du vingtième siècle, seules quelques douzaines sont encore interprétées aujourd’hui. L’opéra Kun Qu a survécu grâce aux efforts de quelques connaisseurs dévoués et d’adeptes qui cherchent à éveiller l’intérêt d’une nouvelle génération d’interprètes. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


La technique de la xylogravure chinoise artisanats traditionnels La technique traditionnelle de la xylogravure chinoise exige la collaboration d’une demi-douzaine d’artisans maîtrisant parfaitement l’art de l’imprimerie, doués d’une grande dextérité et de l’esprit d’équipe. Les blocs d’impression, d’une épaisseur de deux centimètres, sont taillés dans du bois à grain fin (poirier ou jujubier) et sont polis au papier de verre avant d’être gravés. Une esquisse de l’image est exécutée sur un papier extrêmement mince et examinée minutieusement pour détecter toute erreur avant d’être transférée sur le bloc. Les motifs à l’encre servent de guide à l’artisan qui grave l’image ou le motif dans le bois, produisant des personnages en relief qui appliqueront ensuite l’encre sur le papier. Dans un premier temps, les blocs sont testés avec de l’encre rouge puis de la bleue, et des corrections sont apportées à la gravure. Enfin, quand le bloc est prêt à l’emploi, il est recouvert d’encre et appliqué à la main sur du papier pour imprimer l’image définitive. Cette technique peut être utilisée pour imprimer des livres dans divers styles traditionnels, pour réaliser des livres modernes à reliure classique ou pour reproduire des livres chinois anciens. Plusieurs ateliers d’impression perpétuent cet artisanat aujourd’hui, grâce aux connaissances et au savoir-faire d’artisans spécialisés. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


Le culte et les rituels de Mazu pratiques sociales, rituels et événements festifs Déesse la plus influente de la mer, Mazu est au centre d’une multitude de croyances et de coutumes, notamment de traditions orales, de cérémonies religieuses et de pratiques traditionnelles dans toutes les régions côtières de Chine. Mazu passe pour avoir vécu au Xe siècle sur l’île de Meizhou, où elle a consacré sa vie à aider ses semblables et est morte en tentant de sauver les survivants d’un naufrage. Les habitants locaux ont construit un temple en son honneur et ont commencé à la vénérer comme une déesse. Elle est fêtée chaque année lors de cérémonies officielles dans les temples ; les habitants de Meizhou, paysans et pêcheurs interrompent temporairement leur travail pour sacrifier des animaux marins, vénérer des statues de Mazu et regarder diverses danses et autres représentations. Des cérémonies de prière plus modestes ont lieu toute l’année dans les 5 000 autres temples érigés dans le monde en l’honneur Mazu, ainsi que dans l’intimité des foyers ; elles s’accompagnent de fleurs, de bougies, d’encens, de pétards et de processions nocturnes des habitants portant des « lanternes de Mazu ». Les adeptes implorent la déesse pour avoir un enfant, pour rétablir la paix, pour obtenir la solution à un problème ou pour leur bien-être général. Profondément intégrées dans la vie des peuples chinois côtiers et de leurs descendants, la croyance dans Mazu et la fête de la déesse constituent un lien culturel important qui favorise l’harmonie familiale, l’entente sociale et l’identité de ces communautés. Statues of Mazu in Lugang Mazu Temple 2004-08.jpg


Le festival du Bateau-Dragon pratique sociale, les cérémonies et les festivals À partir du cinquième jour du cinquième mois lunaire, les membres de divers groupes ethniques en Chine et dans le monde célèbrent le festival du Bateau-Dragon, en particulier dans les biefs moyens et inférieurs de la rivière Yangtze. Si les festivités varient d’une région à l’autre, elles n’en présentent pas moins des points communs. Parallèlement à une cérémonie commémorative destinée à offrir des sacrifices à un héros local, sont organisés des événements sportifs, tels que régates de bateaux-dragons, circuits en bateaux-dragons, et tir sur cibles constituées de branches de saule ; des repas de boulettes de riz, d’œufs et de vin rouge soufré ; et des divertissements folkloriques avec pièces d’opéra, chants et danses de la licorne. Chaque région vénère un héros particulier : le poète romantique Qu Yuan dans les provinces de Hubei et de Hunan, Wu Zixu (un vieil homme qui, selon la légende, est mort en pourfendant un dragon dans la province de Guizhou) dans le sud de la Chine et Yan Hongwo dans la province de Yunnan pour la communauté Dai. Le festival est aussi l’occasion pour les participants de conjurer les maladies en se baignant dans une eau parfumée de senteurs florales, en portant de la soie de cinq couleurs, en suspendant au-dessus de leurs portes des plantes, telles qu’armoise (moxa) et acore calame, et en collant sur leurs fenêtres des silhouettes découpées dans du papier. Le festival du Bateau-Dragon renforce les liens dans les familles et crée un chemin vers l’harmonie entre l’humanité et la nature. Il encourage aussi l’expression de l’imagination et de la créativité et contribue à raviver le sentiment d’identité culturelle. Dragon boat races at Longjiang.jpg


Les savoir-faire liés à l’architecture traditionnelle chinoise pour les structures à ossature en bois artisanat traditionnel Symboles caractéristiques de la culture architecturale chinoise, les structures à ossature en bois sont largement répandues dans le pays. Les éléments en bois, tels que colonnes, poutres, pannes, linteaux et consoles, sont solidarisés entre eux par des assemblages à tenon, formant ainsi un ensemble souple et de conception parasismique. D’une remarquable résistance, les ossatures peuvent être montées rapidement sur le chantier en assemblant les composants préalablement fabriqués. Outre ce mode de charpenterie, l’art architectural comprend d’autres techniques, menuiserie décorative, pose de tuiles de couverture, maçonnerie en pierre, peinture ornementale et autres, qui se transmettent de maîtres à apprentis par voie orale et par la pratique. À chaque étape de la construction correspondent des méthodes et des savoir-faire uniques et systématiques. Principalement appliqués de nos jours pour la construction des structures de style traditionnel et pour la restauration des anciennes structures à ossature en bois, les savoir-faire liés à l’architecture traditionnelle chinoise pour les structures à ossature en bois incarnent un héritage de sagesse et d’artisanat et reflètent une conception ancestrale de la nature et des relations interpersonnelles dans la société chinoise traditionnelle. Ce style architectural est un élément visuel central dans l’identité chinoise et représentatif de l’architecture asiatique, tant pour les charpentiers et les artisans qui le préservent, que pour ceux qui, depuis des générations, vivent dans des habitations et des espaces conçus dans ce style. LonghuaTemple.jpg


Le découpage de papier chinois Artisanat traditionnel

7 Pratiques sociales, cérémonie et activités festives

Présent à travers la Chine et dans différents groupes ethniques, le découpage de papier est un art populaire fondamental dans la vie quotidienne. Essentiellement féminin, cet art est transmis de mère en fille au cours d’un long apprentissage qui commence dès l’enfance, surtout dans les zones rurales. Il permet aux meilleurs artistes de gagner respect et admiration. Les techniques sont nombreuses : le papier peut être découpé ou gravé avec un burin, colorié ou non. Les technologies modernes sont de plus en plus utilisées. Les motifs, très divers et souvent improvisés par l’artiste, dépendent de la région (le sud de la Chine privilégie par exemple les motifs fins et délicats) et de l’usage du produit, qui peut être destiné à la décoration intérieure (fenêtres, lits, plafonds...), à des fêtes (mariages, anniversaires, cérémonies) ou encore à des prières (invoquer la pluie, conjurer le diable...). Étroitement lié à la vie sociale des Chinois de tous les groupes ethniques, le découpage du papier sert à exprimer les principes moraux, les philosophies et les idéaux esthétiques des praticiens. Aujourd’hui, il est un moyen toujours vivant d’expression des émotions et connaît un regain d’intérêt sans précédent. RoosterHarbingerOfDawn.png


L’art de la gravure de sceaux chinois artisanat traditionnel L’art de la gravure des sceaux est une composante majeure des beaux-arts chinois. Si au commencement le sceau servait de signature ou de signe d’autorité, son usage s’est propagé à toute la société et dans une grande partie de l’Asie. L’art de la gravure des sceaux est préservé notamment au sein de la Société des graveurs de sceaux de Xiling (province de Zhejiang, centre), fondée il y a un siècle, et d’une centaine d’autres institutions spécialisées. Le dessin est d’abord tracé sur papier, puis gravé à l’envers dans la pierre à l’aide d’un couteau. L’art de la gravure exige, outre la maîtrise de la calligraphie traditionnelle, une grande virtuosité, l’artiste ne disposant que d’un espace minuscule, où chaque courbe, chaque épaisseur de trait compte. Les motifs, très divers, sont le fruit de l’imagination et de la culture de l’artiste. Instrument de calligraphie et de peinture, le sceau est une œuvre d’art à lui seul. Il exprime les conceptions de toute une culture sur l’homme et la nature. Aujourd’hui, les sceaux continuent à être utilisés dans les documents officiels et la correspondance privée. Même si la connaissance des caractères complexes se raréfie, l’art de la gravure des sceaux est toujours pratiqué par des professionnels comme par des amateurs. Chinese seal and paste.JPG


La calligraphie chinoise artisanat traditionnel La calligraphie chinoise a toujours été beaucoup plus qu’un simple outil de communication, intégrant une dimension artistique qui lui vaut d’être encore prisée à l’âge du stylo à bille et de l’ordinateur. De fait, la calligraphie n’est plus l’outil de base des intellectuels et des hauts responsables, mais est devenue le domaine exclusif d’artisans et d’amateurs enthousiastes. Qu’ils consignent des informations ou créent simplement de belles formes, les pinceaux du calligraphe servent à tracer cinq styles différents d’écriture : « sigillaire », « chancellerie », « cursif », « semi-cursif » et « régulier ». Cet art, qui peut apparaître sur n’importe quel support d’écriture (même les parois rocheuses d’une falaise), est plus spécialement fréquent sur les lettres, les manuscrits, les œuvres littéraires et les éventails. De nos jours, en plus de la formation traditionnelle maître-apprenti, la calligraphie est également enseignée à l’école. De nombreuses cérémonies destinées à marquer des célébrations nationales et des rites religieux incluent cette pratique et on a constaté que la calligraphie avait une grande influence sur l’art, l’architecture et le design contemporains. Sous sa forme chinoise distinctive, la calligraphie est un moyen important d’apprécier la culture traditionnelle et l’enseignement artistique. Source de fierté et de plaisir pour le peuple chinois, elle incarne des aspects importants du patrimoine intellectuel et artistique du pays. Chinese calligrapher at Crow Museum 01.jpg


La danse des fermiers du groupe ethnique coréen en Chine Les membres du groupe ethnique coréen de la province de Jilin et d’autres provinces du nord-est de la Chine se réunissent dans les champs ou les villages lors de festivals communautaires pour faire un sacrifice traditionnel en l’honneur du dieu de la terre, afin de rendre hommage à la nature et de prier pour attirer la chance et de bonnes récoltes. Telle est l’origine de la danse des fermiers du groupe ethnique coréen en Chine, une pratique traditionnelle populaire transmise par les membres les plus anciens de la communauté aux jeunes générations. Des musiciens jouent du suona, instrument proche du hautbois, de gongs en forme de cloches et de divers tambours, tandis que des danseurs, masqués ou non, exécutent des mouvements grotesques au son de cette musique. Cette danse s’inspire de la gestuelle du travail de la terre, comme par exemple la « marche sur les billons ». Ayant dépassé ses origines paysannes pour toucher des Coréens de tous les milieux, en milieu urbain ou rural, elle a considérablement évolué depuis qu’elle a été apportée en Chine à la fin du XIXe siècle. L’ensemble musical, par exemple, s’est agrandi et inclut désormais des instruments à vent, et les costumes des danseurs ont été influencés par les vêtements d’autres groupes ethniques de Chine. Produit du travail et de la sagesse accumulés, la danse des fermiers reste une expression majeure du patrimoine culturel du groupe ethnique coréen de Chine. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


Le Hua’er traditions et expressions orales

langue et arts du spectacle comme vecteur du patrimoine culturel immatériel

Dans les provinces de Gansu et Qinghai ainsi que dans tout le centre-nord de la Chine, les membres de neuf groupes ethniques différents partagent une tradition musicale appelée Hua’er. La musique s’inspire d’un vaste répertoire traditionnel d’airs qui empruntent leur nom à des groupes ethniques, à des villes ou à des fleurs (« ling du peuple tu », « ling de la pivoine blanche ») ; les paroles sont improvisées en respectant certaines règles : par exemple, les couplets ont trois, quatre, cinq ou six lignes de sept syllabes chacunes. Les chants parlent d’amour, évoquent le dur labeur et les lassitudes de la vie familiale, les petites manies des hommes et des femmes ou la joie de chanter. Et parce que les chanteurs commentent les changements qu’ils observent autour d’eux, ces chants sont aussi un témoignage oral vivant de l’évolution sociale récente de la Chine. Bien que parfois peu instruits, les chanteurs de Hua’er les plus talentueux et les plus respectés sont aujourd’hui connus de tout le monde ; ils se produisent partout et créent même des instituts pour transmettre leur art à des apprentis chanteurs. Qu’il soit chanté spontanément par la population rurale pour accompagner son travail dans les champs ou ses voyages, ou qu’il soit exécuté de façon plus formelle à l’occasion de plus de cent festivals traditionnels qui se déroulent dans ces provinces, le Hua’er est un moyen important d’exprimer des sentiments personnels dans un contexte social et d’échanges culturels entre groupes ethniques, ainsi qu’un divertissement très prisé des populations rurales. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


L’art mongol du chant Khoomei pratiques sociales, rituels et événements festifs L’art mongol du chant Khoomei, ou choeur Hooliin (chant de gorge ou harmonique), est un style de chant qui consiste à produire une harmonie composée de divers types de voix, dont un bourdon grave produit avec la gorge. Ce chant peut se pratiquer seul ou en groupe. Le chant Khoomei est pratiqué actuellement au sein des communautés mongoles de plusieurs pays, en particulier en Mongolie intérieure (nord de la Chine), en Mongolie occidentale et dans la République des Touva (Russie). Traditionnellement exécuté lors de cérémonies rituelles, il est à la fois chant de respect et de louange à la nature, aux ancêtres du peuple mongol et aux grands héros. Il s’agit d’une forme réservée aux événements spéciaux et aux activités de groupe, tels que les courses de chevaux, les tournois de tir à l’arc et de lutte, les grands banquets et les rites sacrificiels. Le moment choisi pour chanter et l’ordre des chants sont souvent réglés de façon très stricte. Le Khoomei a été longtemps considéré comme un élément central de la culture mongole et reste un symbole fort d’identité nationale ou ethnique. Fenêtre sur la philosophie et les valeurs esthétiques du peuple mongol, il a fait office d’émissaire culturel, encourageant la compréhension et l’amitié entre la Chine, la Mongolie et la Russie, et il a attiré l’attention partout dans le monde en tant que forme unique d’expression musicale. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


Le Manas traditions et expressions orales, y compris la langue comme vecteur du patrimoine culturel immatériel La minorité ethnique kirghize, concentrée dans la région de Xinjiang, à l’ouest de la Chine, tire une grande fierté de sa descendance du héros Manas, dont la vie et la lignée sont célébrées au cours de l’un des éléments les plus renommés de sa tradition orale, l’épopée de Manas. Interprétée traditionnellement par un Manaschi sans accompagnement musical, cette épopée est présentée à l’occasion de réunions mondaines, de célébrations communautaires, de cérémonies telles que noces et funérailles, et de concerts. Malgré des différences d’une région à l’autre, sa composition de base reste inchangée : courts poèmes contenant des phrases qui imprègnent désormais le langage quotidien de la population, mélodies adaptées selon l’histoire et les personnages, et paraboles d’un style très vivant. Cette longue épopée raconte les exploits historiques du peuple kirghize et en cristallise les traditions et les croyances. Pour les Kirghiz vivant en Chine et dans les pays voisins d’Asie centrale (Kirghizistan, Kazakhstan et Tadjikistan), l’épopée de Manas est un symbole emblématique de leur identité culturelle. Elle est aussi la principale forme culturelle de divertissement public, de préservation de l’histoire, de transmission de savoir à la jeunesse et d’invocation propitiatoire. En tant que l’une des « trois grandes épopées de Chine », elle est à la fois une création artistique remarquable et une encyclopédie orale du peuple kirghiz. Kyrgyz Manaschi, Karakol.jpg


L’opéra tibétain traditions et expressions orales

arts du spectacle

pratiques sociales, aux rituels et aux événements festifs

L’opéra tibétain, opéra traditionnel le plus populaire parmi les groupes ethniques minoritaires en Chine, est une synthèse artistique très élaborée où se mêlent chansons folkloriques, danses, récits, psalmodies, acrobaties et rites religieux. Très répandu sur le plateau Qinghai-Tibet, dans l’ouest de la Chine, le spectacle débute par une cérémonie de prières, avec la purification de la scène par les chasseurs et les bénédictions prononcées par les anciens, et s’achève par une nouvelle cérémonie de bénédictions. Le cœur de l’opéra est constitué d’une pièce de théâtre, déclamée par un seul récitant et jouée par des acteurs, accompagnés par des groupes de chanteurs, de danseurs et d’acrobates. Les acteurs portent des masques traditionnels, de formes et de couleurs variées, qui contrastent avec la simplicité de leur mise. Les représentations sont données dans des jardins publics ou dans des temples (ou, aujourd’hui, sur des scènes de théâtre), où le centre de l’espace est marqué par un arbre posé sur le sol, enrubanné de papier de couleur et entouré d’eau purifiée et d’accessoires de théâtre. Les récits relatés dans l’opéra tibétain sont imprégnés des enseignements du bouddhisme et racontent la victoire du bien et le rejet du mal. Ils revêtent donc une fonction sociale pédagogique pour la communauté. Cette présentation diversifiée de l’art et du patrimoine culturel tibétains sert aussi à sceller les liens entre les Tibétains de différentes régions du pays, promouvant ainsi l’unité et la fierté ethniques. Bundesarchiv Bild 135-S-15-25-20, Tibetexpedition, Tibetische Tanzgruppe.jpg


Les arts Regong savoir-faire liés à l'artisanat traditionnel Dans les monastères et les villages qui bordent les rives de la rivière Longwu dans la province de Qinghai, dans l’ouest de la Chine, des moines bouddhistes et des praticiens des arts populaires appartenant à l’ethnie tibétaine et à l’ethnie tu maintiennent la tradition des arts plastiques, dits arts Regong, tels que les peintures thangka et les fresques murales, les patchworks barbola et les sculptures. Leur influence s’étend des provinces voisines jusqu’aux pays d’Asie du Sud-Est. Le thangka, art de peindre des rouleaux religieux pour glorifier Bouddha, consiste à appliquer des teintures naturelles, à l’aide d’une brosse spéciale, sur du tissu portant des motifs dessinés au fusain ; le barbola utilise des formes de plantes et d’animaux découpées dans de la soie pour créer un effet de relief, doux au toucher, en vue de réaliser des voiles et des ornements de colonnes ; les sculptures regong, en bois, terre glaise, pierre ou brique, sont destinées à décorer des chevrons, des panneaux muraux, des tables pour le service du thé et des armoires dans les temples et les maisons. Ces techniques se transmettent principalement de père à enfant, ou de maître à apprenti, et obéissent aux instructions figurant dans les livres anciens de peinture bouddhiste qui indiquent la façon de dessiner des lignes et des personnages, d’assortir les couleurs et de concevoir des motifs. Caractéristiques de la religion bouddhiste tibétaine et nourris de particularités régionales uniques, les arts regong incarnent l’histoire spirituelle et la culture traditionnelle de la région et font, aujourd’hui encore, partie intégrante de la vie artistique de la population. Lower Wutun Monastery.jpg


2 La technique de cuisson traditionnelle du céladon de Longquan savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel La ville de Longquan, dans la province chinoise côtière de Zhejian, est réputée pour sa poterie céladon et sa technique de cuisson traditionnelle qui lui confère sa glaçure spécifique. Composée d’argile or-violet et d’un mélange de feldspath calciné, de calcaire, de quartz et de cendre de végétaux, la glaçure est préparée selon des recettes souvent transmises de génération en génération par des maîtres ou au sein des familles. La glaçure est appliquée sur un récipient en grès cuit qui est ensuite recuit selon un cycle de six opérations de cuisson-refroidissement où la précision des températures revêt une importance primordiale : toute cuisson excessive ou insuffisante gâtera l’effet produit. Les artistes expérimentés dans l’art du céladon contrôlent soigneusement chaque étape en utilisant un thermomètre et en observant la couleur de la flamme qui peut monter jusqu’à 1 310º C. Le produit final prend l’un des deux styles suivants : le céladon dit du « grand frère » a un fini noir avec effet craquelé, tandis que celui dit du « jeune frère » a un fini épais gris lavande et vert prune. Avec sa teinte vert de jade sous-jacente, le céladon cuit par les entreprises familiales de Longquan est apprécié en tant que technique produisant de véritables chefs-d’œuvre qui peuvent aussi servir d’objets usuels. C’est un symbole du patrimoine culturel des artisans, de leur ville et de la nation, dont ils tirent une grande fierté. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


La tradition épique du Gesar traditions et expressions orales, y compris la langue comme vecteur du patrimoine culturel immatériel

pratiques sociales, rituels et événements festifs

Les communautés ethniques tibétaines, mongoles et tu établies dans l’ouest et le nord de la Chine ont en commun l’histoire d’un héros ancien, le roi Gesar, envoyé au paradis pour vaincre les monstres, déposer les puissants et aider les faibles, tout en unifiant des tribus très différentes. Les chanteurs et récitants qui préservent la tradition épique du Gesar racontent des épisodes de ce vaste récit oral (dits « perles sur une corde ») en alternant prose et vers, avec de nombreuses variantes régionales. Les maîtres tibétains portent des miroirs en bronze et utilisent des expressions faciales, des effets sonores et des gestes pour souligner leur chant, tandis que les exécutants mongols sont accompagnés par des violons et émaillent leur récit chanté et oral de chants mélodiques improvisés. L’interprétation de l’épopée, souvent accompagnée de rites tels que des offrandes et des exercices de méditation, fait partie intégrante de la vie religieuse et quotidienne de la communauté : des passages relatifs à la descente du roi Gesar sur terre sont chantés à la naissance d’un enfant, par exemple. Les centaines de mythes, récits populaires, ballades et proverbes transmis dans le cadre de la tradition ne sont pas seulement une forme majeure de divertissement des communautés rurales : ils éduquent également les auditeurs dans plusieurs domaines tels que l’histoire, la religion, les coutumes, la moralité et la science. Source d’inspiration constante pour la peinture thangka, l’opéra tibétain et d’autres formes d’art, l’épopée de Gesar instille aux auditeurs, jeunes et moins jeunes, un sentiment d’identité culturelle et de continuité historique. Gesar Gruschke.jpg


L’opéra Yueju arts du spectacle La tradition chinoise de l’opéra Yueju est une combinaison des traditions de l’opéra mandarin et du dialecte cantonnais. Enraciné dans les provinces de langue cantonaise de Guangdong et Guangxi, dans le sud-est de la Chine, l’opéra Yueju se distingue par sa combinaison d’instruments à cordes et à percussion, et par ses costumes et maquillages élaborés. Il comprend également des acrobaties et des combats avec armes réelles inspirés des arts martiaux Shaolin, comme l’illustre le rôle central de Wenwusheng qui exige une grande maîtrise du chant et du combat. Il a développé un riche répertoire d’histoires qui va des épopées historiques jusqu’aux descriptions plus réalistes de la vie quotidienne. Forme importante de récréation, l’opéra est également, dans certaines communautés rurales, associé à des éléments cérémoniels, religieux et sacrificiels pour former un amalgame spirituel d’art et de coutume appelé Shengongxi. L’opéra Yueju est très prisé dans toute la Chine et sert de lien culturel aux locuteurs du cantonais, à l’intérieur du pays comme à l’extérieur. Ils tirent une grande fierté du succès qu’il rencontre partout dans le monde, considérant l’opéra comme un moyen important de faire comprendre leur culture aux étrangers. De nos jours, la tradition est transmise à de nouveaux artistes dans des écoles d’art dramatique et grâce à des programmes d’apprentissage. 文雪裘-燕姿藝舍5月14日新光折子戲白龍關.JPG


3 Les techniques artisanales traditionnelles de fabrication du papier Xuan artisanat traditionnel

pratiques sociales

La qualité exceptionnelle de l’eau et la douceur du climat du comté de Jing, dans la province d’Anhui en Chine orientale, sont deux éléments clés de l’art de la fabrication du papier Xuan, encore extrêmement vivant dans cette région. Fabriqué à la main à partir de l’écorce très dure du Tara Wing-Celtis (ou santal bleu) et de paille de riz, le papier Xuan est connu pour sa surface lisse et résistante, sa capacité à absorber l’eau et à humidifier l’encre et à se plier plusieurs fois sans se déchirer. Il est très utilisé pour la calligraphie, la peinture et l’imprimerie. Le processus traditionnel, transmis oralement de génération en génération et toujours respecté de nos jours, est exclusivement manuel et comprend plus de cent étapes telles que le trempage, le lavage, la fermentation, le blanchissage, la réduction en pâte, l’exposition au soleil et la découpe, le tout durant plus de deux ans. La fabrication du « papier des âges » ou « roi des papiers » est un volet majeur de l’économie du comté de Jing, où l’industrie emploie, directement ou indirectement, un membre de la population locale sur neuf et où le métier est enseigné dans des écoles locales. La maîtrise de la totalité de ce processus complexe ne s’acquiert vraiment que par une vie de travail acharné. Le papier Xuan est devenu le symbole de la région, où une vingtaine d’artisans conserve sa fabrication encore vivante. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


4 L’artisanat du brocart Yunjin de Nanjing artisanat traditionnel

pratiques sociales, rituels et événements festifs

Dans la tradition chinoise du tissage de brocart Yunjin de Nanjing, deux artisans actionnent les parties supérieure et inférieure d’un grand métier à tisser très perfectionné, pour fabriquer des tissus où sont incorporés des matériaux fins, tels que fils de soie, fils d’or et plumes de paons. Utilisée autrefois pour confectionner des habits royaux, notamment la robe et la couronne du dragon, cette technique continue d’être appliquée pour la fabrication de somptueux vêtements et de souvenirs. Essentiellement préservée dans la province de Jiangsu, dans l’est de la Chine, elle compte plus d’une centaine de procédés, parmi lesquels la fabrication des métiers à tisser, l’ébauche des motifs, la création des cartes jacquard pour la programmation des dessins, le montage du métier et les multiples étapes du tissage proprement dit. Tout en « passant la chaîne » et « séparant la trame », les tisserands chantent des ballades mnémoniques qui les aident à mémoriser les techniques qu’ils appliquent, créant ainsi autour du métier à tisser une atmosphère de solidarité, doublée d’une dimension artistique. Pour ces tisserands, leur art s’inscrit dans le cadre d’une mission historique : outre la confection de tissus destinés à l’usage contemporain, le yunjin est utilisé pour la reproduction d’étoffes de soie anciennes destinées à des chercheurs et à des musées. Réputé pour la splendeur vaporeuse de ses tissus, le yunjin demeure populaire dans l’ensemble du pays. Brocade loom.jpg


Le Nanyin arts du spectacle Le Nanyin est un art musical qui joue un rôle central dans la culture du peuple du Minnan, dans la province méridionale de Fujian, le long de la côte sud-est de la Chine, ainsi que pour toutes les populations minnan éparpillées dans le monde. Les mélodies lentes, simples et élégantes sont exécutées sur des instruments particuliers, tels qu’une flûte en bambou appelée dongxiao et un luth à manche recourbé joué à l’horizontal appelé pipa, ainsi que des instruments plus courants à vent, à cordes et à percussion. Parmi les trois composantes du nanyin, la première est purement instrumentale, la deuxième inclut la voix et la troisième consiste en ballades accompagnées par l’ensemble et chantées en dialecte Quanzhou, soit par un seul chanteur qui joue aussi des claquettes, soit par groupe de quatre qui chantent chacun à leur tour. Le répertoire extrêmement riche de chants et de musique, qui permet de préserver la musique populaire et la poésie anciennes, a influencé l’opéra, le théâtre de marionnettes et d’autres traditions des arts du spectacle. Le Nanyin est profondément enraciné dans la vie sociale de la région minnan. Exécuté lors des cérémonies du printemps et de l’automne en l’honneur de Meng Chang, le dieu de la musique, aux mariages et aux funérailles, ainsi que lors de festivités joyeuses dans des cours, sur les marchés et dans la rue, il est le son de la mère patrie pour le peuple minnan en Chine et dans toute l’Asie du Sud-Est. Concert de musique chinoise Nanguan (Auditorium du musée Guimet) (8027971895).jpg


La sériciculture et l’artisanat de la soie en Chine l’artisanat traditionnel La sériciculture et l’artisanat de la soie en Chine, pratiqués dans les provinces du Zhejiang et du Jiangsu près de Shanghai et à Chengdu dans la province du Sichuan, ont une longue histoire. Traditionnellement dévolue aux femmes dans l’économie des régions rurales, la fabrication de la soie comprend la culture des mûriers, l’élevage des vers à soie, le dévidage de la soie, le filage, ainsi que la conception et le tissage des étoffes . Ce savoir-faire, transmis au sein des familles et de maîtres à apprentis, s’est souvent propagé au sein de groupes locaux. Le cycle de vie du ver à soie était considéré comme reflétant la vie, la mort et la renaissance de l’être humain. Dans les multiples étangs qui parsèment les villages, les déjections des vers à soie sont utilisées pour nourrir les poissons, tandis que le limon sert de fertilisant pour les mûriers, les feuilles de ces arbustes servant, à leur tour, à la nourriture des vers à soie. Au début de l’année lunaire, les sériciculteurs convient chez eux les artisans pour faire revivre la légende de la Déesse des vers à soie, chasser les mauvais esprits et invoquer une récolte de cocons abondante. Pendant le Festival de la soie, en avril de chaque année, les séricicultrices se parent de fleurs multicolores, confectionnées en soie ou en papier, et font des offrandes en priant pour une bonne récolte. La soie fait aussi partie du cadre rural en Chine sous d’autres aspects plus matériels, comme les vêtements de soie, les duvets, les parapluies, les éventails et les fleurs qui agrémentent la vie quotidienne. Bombyx mori in Hainan - 05.JPG


5 L’ensemble d’instruments à vent et à percussion de Xi'an arts du spectacle

rituels et événements festifs

L’ensemble d’instruments à vent et à percussion de Xi'an, qui sont joués depuis plus d’un millénaire dans l’ancienne capitale chinoise de Xi'an, dans la province du Shaanxi, est un genre musical associant tambours et instruments à vent, parfois accompagnés d’un chœur d’hommes. Le répertoire se rapporte en général à la vie locale et aux croyances religieuses et la musique est jouée principalement lors d’événements religieux, telles que cérémonies funèbres ou foires dans le temple. Cette musique est de deux types : une « musique de chambre » et une « musique de marche », laquelle comprend notamment une partie de chœurs. La musique de marche rythmée par les tambours, qui accompagnait traditionnellement les voyages de l’empereur, est aujourd’hui devenue le domaine des agriculteurs et elle est jouée uniquement en plein air, dans la campagne. L’orchestre de musique des tambours est composé de trente à cinquante membres, parmi lesquels des paysans, des enseignants, des retraités et des étudiants. Cette musique a été transmise de génération en génération et uniquement de maîtres à apprentis. Les partitions sont écrites dans un ancien système de notation, datant des dynasties Tang et Song (du VIIe au XIIIe siècles). Environ trois mille pièces musicales sont répertoriées et quelque cent cinquante recueils de partitions manuscrites sont préservés et encore utilisés aujourd’hui. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


Le grand chant du groupe ethnique Dong arts du spectacle

traditions et expressions orales, y compris la langue comme vecteur du patrimoine culturel immatériel

Selon un dicton répandu parmi le peuple dong, établi dans la province de Guizhou dans le sud de la Chine, « le riz nourrit le corps et les chants nourrissent l’âme ». Leur tradition de transmission de la culture et des connaissances musicales trouve une illustration dans le grand chant du groupe ethnique Dong, chant en plusieurs parties exécuté sans accompagnement instrumental ni chef qui dirige. Le répertoire se compose de plusieurs genres tels que ballades, chansons enfantines, chants de salutations et chants d’imitation qui mettent à l’épreuve la virtuosité des interprètes pour imiter les bruits d’animaux. Enseigné par les maîtres à des chœurs de disciples, le grand chant est exécuté cérémonieusement dans la tour du tambour, le lieu important pour les rites, les spectacles et les réunions dans tout village dong, ou plus spontanément dans les foyers ou les lieux publics. C’est une véritable encyclopédie dong qui raconte l’histoire de ce peuple, louant sa croyance dans l’unité des hommes et de la nature, préservant les connaissances scientifiques, exprimant des sentiments d’amour romantique et défendant des valeurs morales telles que le respect des anciens et des voisins. Le grand chant est souvent exécuté aujourd’hui encore, chaque village ayant plusieurs chœurs, divisés selon les âges et parfois le genre. Non seulement il propage le mode de vie et la sagesse du peuple dong, mais il reste un symbole crucial de son identité ethnique et de son patrimoine culturel. Ethnie dong 5430a.jpg


L’acupuncture et la moxibustion de la médecine traditionnelle chinoise connaissance et de la pratique

concernant le monde naturel et l'univers

L’acupuncture et la moxibustion sont des formes de la médecine traditionnelle chinoise dont la pratique est largement répandue en Chine, mais aussi dans les régions du sud-est asiatique, en Europe et en Amérique. Les théories relatives à l’acupuncture et à la moxibustion soutiennent que le corps humain représente un petit univers relié par des canaux qui, au moyen d’une stimulation physique, permettent au praticien de tonifier les fonctions autorégulatrices de l’organisme et d’apporter la santé au patient. Cette stimulation consiste à brûler du moxa (armoise) ou à poser des aiguilles sur les points situés sur ces canaux dans le but de restaurer l’équilibre du corps et de prévenir et traiter le mal. En acupuncture, les aiguilles sont sélectionnées selon la condition de l’individu et servent à piquer et stimuler les points choisis. La moxibustion est généralement divisée en moxibustion directe et indirecte ; l’une se pratique en plaçant directement les cônes de moxa sur les points, l’autre en tenant un bâtonnet de moxa à une certaine distance de la surface du corps pour réchauffer un point précis. Les cônes et les bâtonnets de moxa sont fabriqués avec des feuilles d’armoise séchées. L’apprentissage de l’acupuncture et de la moxibustion se fait par l’instruction orale et la démonstration, et est transmis à travers la relation maître-disciple ou par l’intermédiaire des membres d’un clan. À l’heure actuelle, la pratique de l’acupuncture et de la moxibustion se transmet également par la voie de l’éducation formelle dispensée à l’université. Chinese barefoot doctor performing acupuncture.jpg


Le théâtre d’ombres chinoises arts du spectacle Le théâtre d’ombres chinois est une forme de théâtre, accompagné de musique et de chants, qui met en scène des silhouettes de personnages pittoresques en cuir ou en papier. Manipulées par des marionnettistes à l’aide de tiges, ces personnages créent l’illusion d’images mobiles projetées sur un écran formé par un tissu translucide tendu et éclairé à l'arrière. Parmi les artistes du théâtre d’ombre d’âge avancé, beaucoup sont capables de représenter des douzaines de pièces traditionnelles qui sont transmises oralement ou que l’on trouve sous forme écrite. Ils maîtrisent des techniques particulières telles que le chant improvisé, la voix de fausset, la manipulation simultanée de plusieurs marionnettes et la capacité de jouer de divers instruments de musique. De nombreux marionnettistes taillent également les marionnettes dans du bois ; ces dernières peuvent avoir entre douze et vingt-quatre articulations mobiles. Le théâtre d’ombres est joué par des grandes troupes de sept à neuf marionnettistes ainsi que par des troupes plus petites de deux à cinq personnes, principalement pour le divertissement ou les rituels religieux, les mariages et les funérailles, ainsi que d’autres occasion spéciales. Certains marionnettistes sont des professionnels, tandis que d’autres sont des amateurs qui se produisent pendant les saisons de ralentissement des activités agricoles. Les savoir-faire associés sont transmis dans les familles, au sein des troupes et de maître à élève. Le théâtre d’ombres chinois transmet également des informations telles que l’histoire culturelle, les croyances sociales, les traditions orales et les coutumes locales. Il diffuse les connaissances, défend les valeurs culturelles et divertit la communauté, en particulier les jeunes. OFB-Qianlongsatz03-Krieger.JPG


L’opéra de Pékin arts du spectacle L’opéra de Pékin est un art du spectacle intégrant le chant, le récit, le mouvement, les arts martiaux. Bien que sa pratique soit largement répandue dans toute la Chine, ses centres de représentation sont Beijing, Tianjin et Shanghai. L’opéra de Pékin est chanté et récité principalement dans le dialecte de Beijing attache une grande importance à la rime. Ses livrets sont composés selon un ensemble de règles strictes qui mettent en valeur la rime et le rythme. Ils évoquent l’histoire, la politique, la société et la vie quotidienne, et se veulent aussi instructifs que divertissants. La musique de l’opéra de Pékin joue un rôle primordial en imprimant le rythme du spectacle, en créant une ambiance particulière, en façonnant les personnages et en guidant le fil du récit. La « musique civile » privilégie les instruments à cordes et à vent comme le jinghu, à la forme délicate et au son aigu, et la flûte dizi, tandis que la « musique militaire » est représentée par le jeu des percussions, tels que le bangu ou le daluo. L’interprétation se caractérise par son style symbolique et ritualisé, avec des acteurs et des actrices qui suivent une chorégraphie établie pour les mouvements des mains, des yeux, des torses et des pieds. Traditionnellement, les décors scéniques et les accessoires sont réduits au minimum. Les costumes sont flamboyants ; le maquillage outrancier du visage utilise des symboles, des couleurs et des motifs concis pour révéler la personnalité et l’identité sociale des personnages. L’opéra de Pékin se transmet essentiellement par l’apprentissage de maître à élève où l’élève acquiert les compétences élémentaires au moyen de l’instruction orale, de l’observation et de l’imitation. L’opéra de Pékin est considéré comme l’expression de l’idéal esthétique de l’opéra dans la société chinoise traditionnelle et demeure un élément largement reconnu du patrimoine culturel du pays. Fearther03.jpg


Le zhusuan chinois, connaissances et pratiques du calcul mathématique au boulier connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers Le zhusuan chinois est une méthode traditionnelle ancienne et respectée de calcul mathématique au moyen d’un boulier. Ses praticiens peuvent faire des additions, des soustractions, des multiplications, des divisions, des multiplications exponentielles, calculer des racines et faire des équations plus compliquées en déplaçant des boules le long des tiges du boulier selon des formules prédéfinies. Le zhusuan chinois a joué un rôle vital en donnant une impulsion aux études mathématiques, en encourageant la pratique algorithmique et en nourrissant l’intelligence. Les formules orales du zhusuan sont construites sur des rimes faciles à retenir représentant les règles de calcul et résumant les opérations arithmétiques. Les débutants peuvent se livrer à des calculs rapides après un entraînement sommaire tandis que les praticiens chevronnés gagnent généralement en agilité d’esprit. Le zhusuan est très répandu dans la vie chinoise et est un symbole important de la culture traditionnelle chinoise, créant ainsi un fort sentiment d’identité culturelle. Il a été transmis de génération en génération au moyen de méthodes traditionnelles d’enseignement oral et d’auto-apprentissage. La formation au calcul mental avec un boulier est supposée améliorer les capacités mentales, d’attention et de mémoire de l’enfant. De nos jours, le zhusuan contribue à l’avancement des techniques de calcul, du schéma cognitif, de la psychologie de l’éducation et du développement intellectuel. Il a également une grande influence sur divers champs de la créativité culturelle, y compris les coutumes populaires, la langue, la littérature, la sculpture et l’architecture. Boulier1.JPG


Registre des meilleures pratiques de sauvegarde[modifier]

Pratique Domaine Description Illustration


La stratégie de formation des futures générations de marionnettistes du Fujian les arts du spectacle Le théâtre de marionnettes du Fujian est un art du spectacle chinois qui utilise essentiellement les marionnettes à gaines et à fils. Les marionnettistes de la province du Fujian, dans le sud-est de la Chine, ont développé un ensemble de techniques de fabrication et de représentation caractéristiques de marionnettes, ainsi qu’un répertoire de pièces et de musique. Cependant, depuis les années 1980, le nombre de jeunes qui apprennent l’art des marionnettes a diminué, d’une part à cause des mutations socioéconomiques qui ont transformé leur mode de vie et, d’autre part, en raison de la longue période de formation requise pour maîtriser les techniques sophistiquées de représentation. Devant cette situation, les communautés, les groupes et les détenteurs concernés ont formulé la Stratégie 2008-2020 pour la formation des futures générations de marionnettistes du Fujian. Ses objectifs majeurs sont de sauvegarder la transmission de l’art des marionnettistes du Fujian et de renforcer sa viabilité par la formation professionnelle afin de créer une nouvelle génération de praticiens ; la compilation de matériels pédagogiques ; la création de salles de spectacles, d’instituts de formation et de salles d’exposition ; la sensibilisation du public par l’éducation formelle et non formelle ; la coopération régionale et internationale ; et les échanges artistiques. Cette stratégie a bénéficié d’une large participation des praticiens, de la population locale et des établissements d’enseignement. 200 praticiens potentiels ont ainsi reçu une formation professionnelle ; 20 groupes publics de marionnettistes ont été mis en place et une aide financière a été octroyée aux détenteurs représentatifs. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


Liste de sauvegarde d'urgence[modifier]

Pratique Domaine Description Illustration


Le festival du Nouvel An des Qiang pratiques sociales, rituels et événements festifs Le festival du Nouvel An des Qiang, qui a lieu le premier jour du dixième mois lunaire, est l’occasion pour le peuple Qiang de la province chinoise du Sichuan d’adresser des actions de grâce et des dévotions au ciel pour obtenir la prospérité, de réaffirmer le lien harmonieux et respectueux qu’il entretient avec la nature et de promouvoir l’harmonie sociale et familiale. Le sacrifice rituel d’une chèvre à la montagne est exécuté solennellement par les villageois vêtus de leurs plus beaux costumes de cérémonie, sous la direction attentive d’un shibi (prêtre). Il est suivi des danses collectives appelées « tambour en cuir » et salang, toujours sous la direction du shibi. Les festivités qui suivent comprennent de nombreuses réjouissances, avec déclamation chantée des épopées traditionnelles Qiang par le shibi et divers chants, le tout arrosé de vin. À la fin de la journée, les chefs de famille dirigent la prière familiale au cours de laquelle sont faits des sacrifices et des offrandes. Ce festival permet de renouveler et de faire connaître les traditions Qiang, véritable synthèse de l’histoire et des informations culturelles de ce peuple ; il permet aussi de renforcer les comportements sociaux, la communauté exprimant son respect et son adoration à l’égard de toutes les créatures, de la patrie et de ses ancêtres. Ces dernières années, la participation au festival a diminué sous l’effet des migrations, du désintérêt croissant des jeunes pour le patrimoine Qiang et de l’impact des cultures extérieures ; de plus, le tremblement de terre qui a ravagé le Sichuan en 2008, détruisant de nombreux villages Qiang, a mis gravement en péril le festival du Nouvel An. Qiangpeople.jpg


La conception et les pratiques traditionnelles de construction des ponts chinois de bois en arc artisanat traditionnel On trouve des ponts de bois en arc dans les provinces du Fujian et du Zhejiang, le long de la côte sud-est de la Chine. La conception et les pratiques traditionnelles de construction de ces ponts associent l’usage du bois et des outils d’architecte traditionnels, l’artisanat, les techniques fondamentales de « tissage de poutres » et d’assemblage par mortaises et tenons, ainsi que la connaissance par le charpentier expérimenté des différents environnements et des mécanismes structuraux nécessaires. Le travail de charpenterie est dirigé par un maître charpentier et exécuté par d’autres travailleurs du bois. Cet artisanat est transmis oralement et par des démonstrations personnelles, ou d’une génération à l’autre par des maîtres instruisant des apprentis ou les proches d’un clan, conformément à des procédures rigoureuses. Ces clans jouent un rôle irremplaçable dans la construction, l’entretien et la protection des ponts. En tant que véhicules de l’artisanat traditionnel, les ponts en arc font office à la fois d’outils et de lieux de communication. Ce sont des lieux importants de rassemblement où la population locale échange des informations, se divertit, prie, approfondit ses relations et son identité culturelle. L’espace culturel créé par les ponts en arc traditionnels chinois a créé un contexte qui favorise la communication, la compréhension et le respect mutuel entre les êtres humains. Mais la tradition décline depuis quelques années du fait de l’urbanisation rapide, de la rareté du bois d’œuvre et du manque d’espace de construction disponible, et la combinaison de ces facteurs met en péril sa transmission et sa survie. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


Les techniques textiles traditionnelles des Li : filage, teinture, tissage et broderie artisanat traditionnel Les techniques textiles traditionnelles des Li : filage, teinture, tissage et broderie sont employées par les femmes du groupe ethnique des Li, dans la province chinoise du Hainan, pour produire des vêtements et d’autres objets usuels à partir du coton, du chanvre et d’autres fibres. Ces techniques, qui comprennent notamment l’ikat, la broderie double-face, et le tissage jacquard simple face, sont transmises de mère en fille dès l’enfance, par l’enseignement verbal et la démonstration personnelle. Les femmes Li inventent les motifs textiles en faisant appel à leur imagination et à leur connaissance des styles traditionnels. En l’absence de langue écrite, ces motifs consignent l’histoire et les légendes de la culture Li, ainsi que divers aspects du culte, des tabous, des croyances, des traditions et des mœurs. Les motifs permettent aussi de distinguer les cinq principaux dialectes parlés de l’île d’Hainan. Les textiles sont un élément indispensable de toute occasion sociale et culturelle importante, telle que les fêtes et rituels religieux, en particulier les mariages pour lesquels les femmes Li dessinent elles-mêmes leurs robes. En tant que véhicules de la culture Li, les techniques textiles traditionnelles Li sont une partie indispensable du patrimoine culturel du groupe ethnique des Li. Pourtant, depuis quelques décennies, le nombre de femmes maîtrisant les techniques du tissage et de la broderie a considérablement diminué, au point que les techniques textiles traditionnelles Li sont menacées de disparition et ont un besoin urgent de protection. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


L’imprimerie chinoise à caractères mobiles en bois artisanat traditionnel Une des plus vieilles techniques d’imprimerie au monde, l’imprimerie à caractères mobiles en bois est conservée dans le comté de Rui’an, dans la province du Zhejiang, où elle est utilisée dans la compilation et à l’impression de la généalogie des clans. Les hommes apprennent à tracer et à graver les caractères chinois qui sont ensuite disposés sur une plaque d’impression et imprimés. Cela exige d’abondantes connaissances historiques et une maîtrise de la grammaire du vieux chinois. Puis les femmes entreprennent les travaux de découpage du papier et de reliure jusqu’à ce que les généalogies imprimées soient terminées. Les caractères mobiles peuvent être réutilisés à maintes reprises après le démontage de la plaque d’impression. Tout au long de l’année, les artisans transportent les jeux de caractères en bois et le matériel d’imprimerie jusque dans les salles des ancêtres au sein des communautés locales. Là, ils dressent et impriment à la main la généalogie du clan. Une cérémonie marque l’achèvement de la généalogie et les imprimeurs la déposent dans une boîte mise sous clef afin d’être préservée. Les techniques de l’imprimerie à caractères mobiles en bois se transmettent par cœur et de vive voix dans les familles. Toutefois, la formation intensive exigée, le faible revenu généré, la vulgarisation des techniques d’impression numérique et l’enthousiasme amoindri à dresser les généalogies ont tous contribué à une diminution rapide du nombre d’artisans. À présent, il ne reste plus que onze personnes de plus de 50 ans qui maîtrisent l’ensemble des techniques. Si elle n’est pas sauvegardée, cette pratique traditionnelle aura bientôt disparu. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png


La technique des cloisons étanches des jonques chinoises artisanat traditionnel Développée dans la province du Fujian, dans le sud de la Chine, la technique des cloisons étanches des jonques chinoises permet la construction de navires de haute mer à cloisons étanches. Si un ou deux caissons sont accidentellement endommagés en cours de navigation, l’eau ne pénétrera pas dans les autres caissons et le navire restera à flot. Les jonques sont principalement fabriquées en bois de camphre, de pin et de sapin, et assemblées à l’aide d’outils de menuisier traditionnels. Elles sont construites en appliquant les technologies de base que sont l’assemblage de planches feuillées et le calfatage des joints entre les planches à l’aide d’étoupe, de chaux et d’huile de tung. La construction est dirigée par un maître artisan qui supervise un grand nombre d’artisans travaillant en étroite coordination. Les communautés locales participent en organisant des cérémonies solennelles de prière pour la paix et la sécurité pendant la construction et avant le lancement du navire achevé. L’expérience et les méthodes de travail relatives à la technique des cloisons étanches se transmettent oralement du maître aux apprentis. Toutefois, la nécessité des jonques chinoises connaît un déclin d’autant plus grand que les navires en bois sont remplacés par des cuirassés, et aujourd’hui seuls trois maîtres peuvent prétendre avoir une parfaite maîtrise de cette technique. Les coûts de construction qui y sont associés ont aussi augmenté suite à une pénurie de matières premières. De ce fait, la transmission de ce patrimoine régresse et les transmetteurs sont forcés de rechercher un emploi alternatif. Hasni bin Ali building the bedar Naga Pelangi, 1981.jpg


Le Meshrep pratiques sociales, rituels et événements festifs Répandu chez les Ouïgours, largement concentrés dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang de la Chine, le Meshrep constitue le principal vecteur culturel des traditions ouïgoures. L’événement complet du Meshrep recèle une riche collection de traditions et d’arts du spectacle, tels que la musique, la danse, le théâtre, les arts populaires, l’acrobatie, la littérature orale, les habitudes alimentaires et les jeux. Le muqam ouïgour est la forme d’art la plus complète comprise dans l’événement qui intègre le chant, la danse et le divertissement. Le Meshrep fonctionne à la fois comme une « cour » où l’hôte agit en médiateur des conflits et assure la préservation des règles morales, et comme une « salle de classe » où les gens peuvent s’instruire sur leurs coutumes traditionnelles. Le Meshrep est surtout transmis et hérité par des hôtes qui en connaissent les usages et les connotations culturelles, et par les interprètes virtuoses qui y participent ainsi que par toute la population ouïgoure qui y assiste. Toutefois, il y a de nombreux facteurs qui mettent sa viabilité en péril, tels que les mutations sociales qui résultent de l’urbanisation et de l’industrialisation, l’influence des cultures nationales et étrangères, et l’exode des jeunes Ouïgours vers les villes pour travailler. La fréquence des représentations et le nombre de participants diminuent progressivement, tandis que le nombre de transmetteurs qui connaissent les règles traditionnelles et le riche contenu de l’événement est passé brutalement de plusieurs centaines à quelques dizaines. Uyghur Meshrep.jpg


Le Yimakan, les récits oraux des Hezhen traditions et expressions orales, y compris la langue comme vecteur du patrimoine culturel immatériel L’art du conte dit Yimakan est une composante essentielle de la cosmogonie et de la mémoire historique des Hezhen, une minorité ethnique du nord-est de la Chine. Les contes du Yimakan, narrés en vers et en prose dans la langue de cette ethnie, se composent de nombreux épisodes indépendants qui décrivent des alliances tribales et des batailles, y compris la victoire de héros hezhen sur des monstres et des envahisseurs. Ce patrimoine oral est précieux pour la défense de l’identité et de l’intégrité territoriale de l’ethnie, et il préserve aussi les connaissances traditionnelles relatives aux rituels chamaniques, à la pêche et à la chasse. Les conteurs improvisent des histoires sans accompagnement musical, en alternant les passages chantés et parlés et en utilisant des mélodies différentes pour représenter différents personnages et intrigues. Ils se forment en général auprès d’un maître appartenant à leur clan ou à leur famille, bien que de nos jours, ils acceptent de plus en plus de former des étrangers. Parce que les Hezhen n’ont pas de tradition écrite, le Yimakan joue un rôle clé dans la préservation de leur langue maternelle, de leur religion, de leurs croyances, de leur folklore et de leurs coutumes. Cependant, la modernisation de plus en plus rapide de la société et la standardisation de l’éducation font peser une menace sur la langue des Hezhen. Aujourd’hui, seuls les anciens la parlent encore. Cette perte est devenue un obstacle majeur à la promotion et à la pérennité de la tradition du Yimakan. Seuls cinq conteurs expérimentés sont encore capables de narrer les épisodes – une situation aggravée par la mort d’un certain nombre de conteurs âgés et l’exode des plus jeunes vers les villes pour y chercher du travail. Defaut d'image UNESCO Immatériel.png



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